Le multiplex politique du 22 novembre avec Le Drian, Le Foll, Maréchal-Le Pen, Estrosi, Mélenchon et Guigou

Publié à 10h03, le 22 novembre 2015 , Modifié à 18h56, le 22 novembre 2015

Le multiplex politique du 22 novembre avec Le Drian, Le Foll, Maréchal-Le Pen, Estrosi, Mélenchon et Guigou
© Montage via AFP

#MultiplexPolitique – Un peu plus d'une semaine après les attentats de Paris et de Saint-Denis ayant fait au moins 130 morts et des centaines de blessés, la vie politique reprend peu à peu son cours ordinaire. Ce dimanche, comme chaque dimanche ou presque, c'est jour de multiplex.

Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre, voire plus, pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au progamme de ce 22 novembre : Jean-Yves Le Drian, Stéphane Le Foll, Jean-Luc Mélenchon, Marion Maréchal-Le Pen et Elisabeth Guigou.

  • Deuxième partie

>> Elisabeth Guigou sur C Politique, sur France 5



#Petit cours de relations internationales

Elisabeth Guigou est présidente de la commission des Affaires Étrangères à l'Assemblée nationale. Du coup, elle est censée justifier le changement de position diplomatique de la France où la "doctrine Fabius" a été ébranlée par les attentats du 13 novembre. Alors que le patron du Quai d'Orsay prônait une ligne "ni-ni" entre Daesh et Bachar El-Assad, François Hollande a clairement désigné EI comme l'ennemi principal lors de son intervention au Congrès. Interrogée sur ce virage diplomatique, elle explique :

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Ce qui est important c’est que les Russes, pour la première fois depuis la semaine dernière, ont bombardé les positions de Daesh. Ça, c’est une inflexion. C’est vrai que la position française a évolué.

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"Elle est claire aujourd’hui ? Est-ce que vous pourriez là, maintenant la résumer ?" la relance la journaliste. Et Elisabeth Guigou de se lancer dans un petit cours de relations internationales. Elle dit :

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1) Notre ennemi c’est Daesh, comme l’a dit le président de la République au Congrès.



2) Nous devons par conséquent, combattre militairement cet ennemi qui nous agresse qui nous violente et on peut le battre.

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En clair, la doctrine Fabius a bien été enterrée puisque la députée conclut : "Il ne faut pas faire une fixation à ce stade sur Bachar El-Assad".  

#Le choix des mots

Après les propositions de François Hollande face au Congrès, beaucoup d'observateurs ont souligné le "tournant sécuritaire" du président de la République. Une expression qu'Elisabeth Guigou refuse de reprendre expliquant qu'il s'agit simplement "d'évolutions". Elle dit :

 

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Moi, je n’emploie pas ces termes-là. Moi je pense qu’il y a des évolutions, c’est le cas sur la politique étrangère et que ces évolutions, elles sont dictées par la réalité qui se transforme elle-même.

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  • Première partie

>> Jean-Yves Le Drian, Le Grand Rendez-Vous Europe 1 / iTÉLÉ / Le Monde



#Guerrehybride
Le ministre de la Défense, en première ligne depuis les attentats du 13 novembre, refuse d'utiliser le terme de "troisième guerre mondiale". "Il faut garder le sens des proportions, pour la première fois nous sommes confrontés à un ennemi hybride, un ennemi à deux têtes. L'Etat terroriste apocalyptique en reconstitution [...] et le mouvement terroriste international qui met en péril les démocraties". Et le socialiste breton de distinguer les deux combats:

 

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Il y a deux guerres différentes dans une seule guerre. La guerre de l'ombre, qui consiste à traquer les terroristes, et la guerre du champ de bataille au Levant. 

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En conclusion, pour Jean-Yves Le Drian, la France mène "une guerre hybride mondiale". 

#Cumul

Depuis les attentats de Paris, Jean-Yves Le Drian est *un tout petit peu* moins actif dans la campagne des régionales en Bretagne. "Je suis totalement concentré sur la défense du pays", explique le ministre de la Défense. Pour autant, il n'en est pas moins candidat. "Je suis candidat à la présidence de la région Bretagne. C'est une obligation juridique – les listes sont déposées – et c'est une obligation morale", dit-il.

Du coup, la possibilité pour Jean-Yves Le Drian de cumuler les deux postes dès décembre commence à se préciser.

Voici ce qu'il dit :

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Si je suis élu, je serai président de la région Bretagne. […] Je resterai ministre de la Défense tant que le président de la République jugera que c'est nécessaire.

 

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C'est ce qu'on appellerait l'exception qui confirme la charte de déontologie du gouvernement.

A LIRE AUSSI >> Jean-Yves Le Drian, ministre et candidat : "Il n'y a pas forcément de choix à faire", dit Jean-Marie Le Guen

#Riposte

Pour reparler de politique et de la campagne des élections régionales, les candidats ont trouvé leur argument. Pour eux, aller voter fait partie de la réponse citoyenne à apporter aux attentats du 13 novembre. Jean-Yves Le Drian semble même penser que la participation peut être encouragée sur le prétexte des dernier événements: 

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Voter fait partie de la riposte, il faut que la démocratie soit debout, que nos concitoyens aillent voter. 

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À droite, l'argument est aussi utilisé. "Voter, c'est résister", plaide Dominique Reynié, tête de liste Les Républicains dans la région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, dans le JDD.

#IwantYou

Certains évoquent, à nouveau depuis les attentats de Paris, la possibilité de réinstaurer un service militaire en France. Pourquoi pas, répond Jean-Yves Le Drian, qui tient tout de même à mette en avant l'engagement volontaire. C'est simple, d'après le ministre de la Défense, de plus en plus de jeunes sont intéressés par servir dans l'armée.

Il dit :

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Avant les événements que nous venons de vivre, il y avait par jour pour l'armée de terre [..] chaque jour 500 prises de contact sur le territoire national qui disait 'tiens ça m'intéresse de regarder si je peux faire carrière ou servir mon pays dans l'armée de terre. Depuis dimanche, 1.500. Triplé

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>> Marion Maréchal-Le Pen, Le Grand Jury RTL / LCI / Le Figaro


 #No Djellabas

Marion Maréchal-Le Pen a estimé, dans une interview à Présent, que les musulmans "ne peuvent avoir exactement le même rang" que les catholiques en France. La tête de liste FN en PACA a déjà démenti vouloir "faire une hiérarchie entre les personnes, en l'occurrence les musulmans et les catholiques".

Ce n'est pas une raison pour ne pas critiquer certains vêtements, comme la djellaba. Après avoir cité Alain Finkelkraut sur la "sécession culturelle" française dans territoires, elle dit :

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Je suis choquée, gênée que des gens qui ont la nationalité française portent des djellabas, portent le voile intégral. […] C'est représentatif de vouloir importer avec soit la culture de son pays d'origine. Je trouve que c'est irrespectueux.

 

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Marion Maréchal-Le Pen ne veut pas interdire en France le port de la djellaba mais "il faut revenir au modèle de l'assimilation". Et donc, selon elle, revenir au droit du sol en matière nationalité et "sortir de cette espèce de droit à la différence, de culture de l'excuse qui enferme un certain de nombre de populations d'origines étrangères dans une certaine rancœur à l'égard de la France". 

>> Christian Estrosi, Le Grand Jury RTL / LCI/ Le Figaro 


#Pas d'amalgame

Christian Estrosi en marre de voir – selon lui – le Front national stigmatiser les Français de confession musulmane. Lui, "le fils d'immigrés italiens", ne l'accepte pas.

Et il prend deux exemples propres à la région PACA : Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, et Abdellatif Kechiche, réalisateur, notamment, de La Vie d'Adèle. Il dit :

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Quand je vois comment le Front national traite aujourd'hui un certain nombre de patriotes français musulmans : Mourad Boudjellal qui, dans ma région, a permis à un club de rugby d'apporter des titres européens à notre pays. Abdellatif Kechiche, qui est un enfant d'un des quartiers de ma ville, qui a rapporté une Palme d'or à mon pays. Et tant d'autres encore. Je ne peux pas l'accepter.

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Et Christian Estrosi d'ajouter que les terroristes de Daesh "n'ont rien à voir avec la religion".

À noter tout de même que Mourad Boudjellal soutient Christian Estrosi pour les régionales en PACA.

Cet exemple a, quoiqu'il en soit, étonné Marion Maréchal-Le Pen. Au Lab, la tête de liste FN lance : 

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Boudjellal ne cesse de revendiquer son athéisme, Estrosi fait un bel amalgame entre origine arabe et musulman.

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#Promesses

À deux semaines du premier tour des régionales, la campagne s'accélère. Christian Estrosi annonce sur RTL que, s'il est élu, il baissera les impôts tout en rognant sur certaines lignes budgétaires. Ce dont s'est immédiatement moqué son adversaire FN, Marion Maréchal-Le Pen :

De fait, les régions ne prélèvent plus la taxe foncière depuis 2011. Elles perçoivent toujours, en revanche, la contribution économique territoriale et la contribution au développement de l'apprentissage.

>> Stéphane Le Foll, à Agora sur France Inter



#"Ensangloté"

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll se trouvait au Stade de France lors du match France-Allemagne avec François Hollande au moment des attaques. Il a retracé les événements de la soirée du 13 novembre, vus depuis la tribune présidentielle.

 

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L'enchaînement est allé vite, l'explosion a surpris tout le monde. On a discuté et François Hollande est parti du côté du Bataclan. La délégation allemande est partie aussi et nous sommes restés pour ne pas donner l'impression que la tribune se vidait. On a pris le temps avant de partir de veiller à ce que l'évacuation du stade se fasse. 

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Il a ensuite commenté le lapsus de François Hollande, qui a dit  "ensogloté" au lieu d' "ensanglanté". 

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Il résume assez bien ce qui était le sentiment que les uns et les autres avaient à ce moment-là. Le sang et les larmes, et la nécessité d'agir, de se réunir, de prendre des décisions dans le sens de la protection.

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>> Jean-Luc Mélenchon, 12-13 Dimanche, sur France 3



#Non

Jean-Luc Mélenchon reconnait que, lui député, il n'aurait probablement pas voté la prolongation de trois mois de l'état d'urgence. "Cela va créer toutes sortes de problèmes", dit-il sans les détailler, expliquant que ce n'est pas le moment.

Il ne critique cependant pas les parlementaires ayant voté pour l'état d'urgence :

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Sans doute le gouvernement agit-il que de cette manière il rassure la population française. […] Je pense que c'est une mesure qui a été prise pour rassurer. Je les comprends.

 

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Il estime néanmoins que notre adversaire "marque un point, puisqu'il est contre nos liberté, chaque fois nous sacrifions un peu de notre manière de vivre avec l'espoir d'avoir davantage de sécurité".

C'est dans cette même idée qu'il est opposé à la mise en place du PNR. Il dit : 

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Seuls les États totalitaires contrôlent tout sur la vie des gens. […] Nous devons défendre d'abord nos libertés individuelles parce que notre société est fondée sur ces libertés individuelles.

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#Patriote

Le leader de la gauche de la gauche a dit se "réjouir" de l'élan patriotique qui a gagné la France après les attentats

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C'est la victoire exprimée dans le coeur du peuple français de son attachement à la République, à la forme républicaine des institutions, à la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" qui permet de nous rassembler. 

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Il s'en est ensuite pris à ses "amis", à savoir ses camarades du Front de gauche, qui ne comprendraient pas cet affichage : 

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Je demande qu’on l’entende bien, surtout parmi mes amis qui souvent ont manifesté des réticences, qui y voient la trace d’un nationalisme parce qu’il y a des mauvais souvenirs aussi. […] Je leur demande de bien comprendre ça, quand on affiche son attachement au drapeau tricolore […], on donne une occasion à tout le monde quels que soient son appartenance, son âge, son sexe de manifester "nous sommes ensemble nous formons une communauté républicaine".

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Le député européen a ensuite évoqué ses nombreux voyages pour vanter La Marseillaise

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Je leur dis n'en ayez pas honte! Dans le monde entier c'est considéré comme un chant révolutionnaire. Je voyage assez pour savoir à quel point la France est rattachée à cela, à La Marseillaise et au drapeau bleu, blanc, rouge. 

"

 

Du rab sur le Lab

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