Le multiplex politique du 25 septembre avec Baroin, Mélenchon, Touraine, Hamon et Cosse

Publié à 11h39, le 25 septembre 2016 , Modifié à 20h19, le 25 septembre 2016

Le multiplex politique du 25 septembre avec Baroin, Mélenchon, Touraine, Hamon et Cosse
Marisol Touraine, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, François Baroin et Emmanuelle Cosse © Montage via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 25 septembre : François Baroin à BFM Politique, Jean-Luc Mélenchon dans Punchline, Marisol Touraine dans Dimanche en politique, Benoît Hamon au Grand Jury et Emmanuelle Cosse à Dimanche Politique.

 

>> François Baroin, BFM Politique BFMTV / Le Parisien

#Poivrot

François Baroin et Arnaud Montebourg ont un point commun. Et non, il ne s'agit pas de leurs voix respectives, immédiatement identifiables.

Plus simplement, les deux hommes ont été ministre de l'Économie. Et cela compte. Le premier peut ainsi largement critiquer le travail du second. Il peut aussi se moquer de ses propositions comme cette dernière de "casser un peu de vaisselle à Bruxelles". Ce genre de propos irrite beaucoup François Baroin, qui, pour répondre à cette formule, ne prend aucun gant. Mais alors aucun. Il dit :

Je ne sais pas s'il faut une marinière à Bruxelles ou s'il faut casser la vaisselle, s'il faut un procureur de bistrot qui montre du doigt d'un index vengeur lorsqu'il était ministre de l'Économie, l'Allemagne, la Banque européenne, et qui négocie en catimini ce qui est devenu la loi Macron, la dérégulation des professions réglementées.

 

Une première saillie qui fait déjà mal. Mais François Baroin ne s'arrête pas là. Puisqu'il s'en prend à Arnaud Montebourg, le sénateur de l'Aube en profite pour élargir son propos et attaquer l'actuel chef de l'État. "Qu'il s'amuse avec François Hollande et qu'il dise tout le bien en tant que démolisseur en chef de la politique à laquelle il a contribué", dit-il avant, toutefois, de reconnaître qu'il faudra "avoir une discussion forte et serrée entre Paris et Bruxelles". Ça valait bien le coup de s'énerver… 

 

#Arbre généalogique

Tiens, presqu'une semaine après, on continue de parler de la sortie de Nicolas Sarkozy sur "nos ancêtres les Gaulois". François Baroin valide cette vision. Il rappelle cependant que, initialement, Nicolas Sarkkozy avait de lui-même évoqué ses origines hongroises. "Il faut connaître l'histoire de France. C'est donc un tout et une globalité. Chacun apporte sa contribution dans un grand livre qui s'appelle un grand roman. Chacun apporte sa contribution. Nicolas Sarkozy apporte la sienne. Moi aussi, madame de de Malherbe également, bref, nous apportons notre contribution avec nos origines", explique François Baroin. Il ajoute :

 

Si l'on regarde bien, on a tous des origines qui ne viennent pas certainement directement [sic] des Gaulois. C'est mon cas. Pas du côté de la famille Baroin parce que ça semble descendre des Celtes, des Wisigoths, et ça semble descendre d'assez loin, mais du côté de ma mère, c'est le cas. Je ne veux pas le dire mais ça vient de Hongrie et de Tchécoslovaquie, et comme ça a déjà été fait, on va croire que c'est un copier-coller mais c'est une réalité. C'était un cavalier hongrois qui est venu aux campagnes napoléoniennes, qui a fait souche dans la Creuse, les Creusoises sont magnifiques, il l'a épousée et depuis lors, nous sommes en quelque sorte des acteurs du roman creusois mais du roman national aussi.

Voilà. Vous savez donc à présent d'où vient François Baroin. De rien. 

 

>> Jean-Luc Mélenchon, Punchline sur C8

#First round

La première punchline de l'émission Punchline est donc signée... Laurence Ferrari. La journaliste ne peut s'empêcher d'adresser une nouvelle pique à Arnaud Montebourg qui était invité la semaine dernière. Mais préférant aller sur France 2 pour L'Émission politique, l'ancien ministre du Redressement productif avait annulé sa participation à Punchline au dernier moment.

Cela n'a franchement pas plu à Laurence Ferrari. Ce dimanche 25 septembre, la journaliste a - en filigrane - évoqué le plantage de Montebourg. Elle a accueilli son invité ainsi : 

Et notre invité dans 'Punchline', c'est Jean-Luc Mélenchon, député européen et représentant du mouvement qu'il a lancé : 'la France insoumise'. Bonjour monsieur Mélenchon. Merci d'être là dans 'Punchline' et de tenir votre parole

Jean-Luc Mélenchon précise d'emblée qu'il tient sa parole d'être sur le plateau, ce que confirme Laurence Ferrari.

La rancune risque d'être tenace. 

 

#Sarko a déjà gagné

Le premier tour de la primaire de la droite aura lieu le 20 novembre. Le second, le 27 novembre. Difficile de savoir d'ici là qui remportera l'investiture de Les Républicains pour la prochaine élection présidentielle même si les sondages semblent résumer le match à un affrontement entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, pense savoir qui va remporter ce scrutin. Il dit :

J'aimerais avoir un débat avec monsieur Sarkozy. On va avoir un peu de temps. Il sera bientôt investi. Moi je suis candidat. Et j'aimerais pouvoir débattre avec lui de ces questions, par exemple ce qui a l'air de les agiter nuits et jours, l'identité. Il y a des choses à dire sur le plan philosophique et sur le plan politique. Et on pourrait avoir un beau débat où on ne se donnerait pas des gifles mais où on échangerait des idées sur le fond.

Et Jean-Luc Mélenchon de vouloir également "échanger" avec Nicolas Sarkozy au sujet de l'environnement, l'ancien Président ayant récemment mis en doute la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique.

Mais au passage, le candidat à la présidentielle oublie *un peu* Alain Juppé, Bruno Le Maire, François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson et Jean-François Copé...  

 

#Désolé

Interrogé par un internaute qui lui demande pourquoi il se méfie autant des médias "au lieu de les utiliser comme tous les autres", Jean-Luc Mélenchon s'étonne. "Je vous signale que c'est ce que je fais, je ne m'en méfie pas", dit-il avant d'expliquer qu'il a "une appréciation sur les médias" et non sur "les personnes". Et là, Jean-Luc Mélenchon fait une sorte de mea culpa.

Evidemment dans le feu de l'action, il m'est arrivé de mélanger les deux. Ce n'est pas ce que j'ai fait de mieux, hein, bon. J'ai dû même avoir des noms d'oiseaux pour vous [Laurence Ferrari], c'est vraiment le cas de le dire. C'était une erreur, il ne fallait pas faire comme ça. En tout cas, ça a bien fait rire tout le monde mais ce n'était pas la bonne méthode.

Laurence Ferrari fait remarquer que, elle, ne s'est pas franchement bidonnée en entendant les attaques de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier ajoute alors :

 

Je comprends, je vous ai dit que j'étais désolé.

Vous avez bien lu : Jean-Luc Mélenchon présente des sortes d'excuses à une journaliste. En 2010, il avait violemment attaqué Laurence Ferrari sur son salaire. "Elle gagne 1,1 million d'euros par an. Elle va en congé maternité pendant que des matermittentes [sic], par centaines sur son propre média, n'ont même pas le droit d'être au chômage ni en congé maternité. C'est contre cette injustice-là que vous me trouverez toujours", avait-il dit sur RMC, répondant. Des propos qu'il avait déjà retirés en 2011 sur le plateau de TF1 face, justement, à Laurence Ferrari.

Mais la réflexion de Jean-Luc Mélenchon va bien au-delà de ce simple exemple. L'eurodéputé parle des médias en général, "la deuxième peau du système", qu'il faut comprendre et combattre. À ne pas confondre avec les journalistes qui, eux, doivent être protégés. "Pas de jugement global qui nous empêche de réfléchir mais à aucun moment n'arrêtons de réfléchir" dit-il, assurant que s'il est manipulé par les médias, il les manipule aussi

 

>> Marisol Touraine, Dimanche en politique, sur France 3

#On a été formidables

Marisol Touraine est une "hollandaise" convaincue. La ministre des Affaires sociales espère vivement que le président de la République se présentera à l'élection présidentielle de 2017. Car il a "fait le job", dit-elle. Aussi, ce dimanche sur France 3, elle en a gros sur le cœur. Ce qui l'exaspère plus que tout, ce sont ces accusations en trahison sociale venant d'une partie de la gauche :

 

Je dois vous dire que je suis plus qu'agacée, je suis même en colère du (sic) procès en trahison de la gauche qui est fait à François Hollande. La gauche, elle a fait son travail, elle a fait le job. Et le bilan social de ce quinquennat, il est absolument formidable. Il y a peu de quinquennats qui peuvent en afficher autant.

Factuellement, Marisol Touraine n'a pas tort : puisque le mandat de François Hollande n'est que le troisième quinquennat de la cinquième République - et le premier d'un président de gauche - il se place à coup sûr sur le podium au niveau du bilan social. Sur le fond, la ministre cite la prime d'activité pour les jeunes ou le compte pénibilité comme de grandes avancées.

Malgré ces réformes, François Hollande est actuellement considéré comme un bon président par seulement 16% des Français. Une injustice selon Marisol Touraine, qui chanterait presque du Stromae pour convaincre ses contempteurs.  

>> Benoît Hamon, Le Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI

#Lapsus

Une sélection pour entrer à l’université ? Pourquoi pas, répond Benoît Hamon. Sauf qu'il pense totalement l'inverse. Voici ce qu'il dit :

Ce qu’on n’avoue pas, c’est que nous avons […] un système éducatif très sélectif, mais qui trie par l’échec. C’est le cas en première année à l’université. Donc le mot de sélection n’est pas un tabou. La question c’est ‘comment est-ce qu’on sélectionne ? Sur quels critères ?'[…] Je ne suis pas contre un concours pour entrer à l’université, je vous le confirme. Surtout quand on prépare des jeunes, en filière technologique ou en filière professionnelle, à des poursuites d’études.

Vous l'aurez noté, la phrase de Benoît Hamon a de quoi surprendre. A commencer par le principal intéressé qui s'étonne auprès du Lab qu'on lui impute de tels propos. Après avoir réécouté le passage, Benoît Hamon reconnaît s'être mélangé les pinceaux. Son entourage précise au Lab qu'il souhaitait dire "je ne suis pas pour" et non "je ne suis pas contre". Un lapsus, en somme. Dont acte.

[EDIT 15h31] Ajout des explications de Benoît Hamon.

 

#Droit d'inventaire 2.0

Benoît Hamon "ne voit pas bien comment" François Hollande pourrait remporter la primaire. Il estime que le président de la République ne pourra créer d'élan en sa faveur s'il n'effectue pas "d'examen de conscience" :

 

- Benoît Hamon : Je considère aujourd'hui qu'il y a une vraie lacune dans la démarche de François Hollande : c'est qu'il n'y a aucun examen de conscience.

 
 
 
 

- Journaliste : Vous souhaitez un mea culpa ?

 
 
 
 

- Benoît Hamon : Non, pas un mea culpa. On examine ce qu'on a réussi et là où on a échoué. Aujourd'hui, l'échec de ce quinquennat, il est d'abord économique et social.

Outre la défaite de François Hollande à la primaire, que le député des Yvelines a beau jeu de pronostiquer en tant que candidat à cette primaire, la saillie de Benoît Hamon a quelque chose de déjà vu. On pense au "droit d'inventaire' de Lionel Jospin, imaginé pendant la campagne présidentielle de 1995. L'objectif d'une telle démarche ? S'imposer et apparaître comme un rénovateur à gauche. L'ex-président du MJS connaît décidément bien son histoire socialiste.

>> Emmanuelle Cosse, Dimanche politique sur iTÉLÉ

#Donner moins à ceux qui ont 30.000 € et plus

Donner moins à ceux qui disposent d'un patrimoine. C'est la politique défendue par la ministre du Logement Emmanuelle Cosse dans l'attribution des aides personnalisées au logement (APL), dont le budget global baisse cette année de 300 millions d'euros. Ceux qui disposent de plus de 30.000 € de patrimoine (en comptant le patrimoine familial) verront leur allocation baisser dès le 1er octobre, ainsi que l'indique l'ex-secrétaire nationale d'EELV :

C'est scandaleux qu'on dise que les étudiants dont les parents payent l'ISF arrêtent de toucher l'APL ? Je ne le crois pas. Sur la question du patrimoine, parce que j'ai vu beaucoup de désinformation là-dessus, [...] on regarde si vous avez un patrimoine au-dessus de 30.000 euros. Oui le livret A fait partie du patrimoine examiné. [...] Quelqu'un qui touche l'APL parce qu'il a des petits revenus et donc un loyer, mais à côté de ça une résidence secondaire, il a un patrimoine. [...] Le problème aujourd'hui, c'est les gens qui n'ont aucun patrimoine.

 

Lorsque l'intervieweuse Audrey Pulvar glisse à Emmanuelle Cosse que certaines personnes disposent d'un patrimoine tout en étant en difficulté financière, Emmanuelle Cosse argumente... en évoquant sa situation personnelle :

 

Eh bien, on le vend [Le bien]. Moi je n'ai pas de patrimoine, vous savez.

Si vous touchez les APL tout en disposant d'un bien, attendez-vous donc à des fins de mois difficiles rapidement... ou prenez contact avec un notaire.

Du rab sur le Lab

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