Le multiplex politique du 4 décembre avec Bayrou, Cambadélis, Montebourg et Mélenchon

Publié à 11h00, le 04 décembre 2016 , Modifié à 15h45, le 04 décembre 2016

Le multiplex politique du 4 décembre avec Bayrou, Cambadélis, Montebourg et Mélenchon
François Bayrou, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg. © Montage Le Lab via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 4 décembre : François Bayrou au Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/iTélé, Arnaud Montebourg dans Questions politiques sur France Inter/franceinfo:/Le MondeJean-Luc Mélenchon dans Dimanche en politique sur France 3 et Jean-Christophe Cambadélis dans Le Grand Jury sur RTL/Le Figaro/LCI.

  • François Bayrou


# Bêtise

Les louanges de Ségolène Royal à Fidel Castro depuis Cuba ont indigné des élus PS, LR et FN. Le patron du MoDem s'en prend, lui aussi, à celle qu'il a affrontée à la présidentielle de 2007. Il s'agit de "bêtises" selon le maire de Pau, qui rappelle les positions du Parlement européen et de l'ONU :

 

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Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Les bras vous en tombent. Y’a pas de limites aux bêtises que les responsables politiques peuvent dire. Mais quand ces débordements s’expriment au nom de la France, au nom du gouvernement français, alors y’a des questions à se poser. Si la longue file des fusillés, des exilés, de ceux qui ont été mis en prison par le régime que madame Royal exalte se présentaient devant elle, elle rougirait. [...]



Je rappelle que le Parlement européen, à plus de 90 %, il y a quelques années à peine, a voté une condamnation de Cuba sur les droits de l’homme. Je rappelle que l’ONU s’exprimant sur les droits de l’homme, a à beaucoup de reprises dit que ces abus étaient intolérables. [...] Ça me rappelle une autre déclaration que Ségolène Royal avait faite autrefois pour présenter la justice chinoise en exemple pour la justice française.

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# Joie de vivre

Depuis la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, François Bayrou entretient le suspense sur une éventuelle quatrième candidature à l'Élysée. Le patron du MoDem dira sa décision fin janvier/début février. En attendant, il mûrit un projet et s'interroge sur la nécessité d'y aller. Car s'il en a personnellement envie, il se pose la question de l'utilité et de la responsabilité d'une telle décision. Il dit :

 

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Il se trouve que j'ai en moi une espèce de joie de vivre, de joie d'affronter y compris les situations qu'on considère comme perdues d'avance. Mais je ne fais pas de mes envies le critère de jugement de la situation du pays.

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Il faudra donc encore patienter deux mois avant de connaître la décision de François Bayrou.





  • Arnaud Montebourg

# Prêt à soutenir Valls

Après le retrait de François Hollande, Manuel Valls devrait très rapidement se déclarer candidat à la présidentielle. Le Premier ministre est donné favori de la primaire de la "Belle alliance populaire" selon un sondage Ifop pour le JDD. Si Manuel Valls remporte la primaire, Arnaud Montebourg fera-t-il sa campagne ? Voilà ce qu’a répondu l’ex-ministre de l’Economie, ce dimanche 4 décembre, sur France Inter :

 

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Il y a des règles dans la primaire qui s’imposent à tous, ces règles sont connues, j’y ai adhéré en déposant ma candidature. Nous faisons tous la campagne pour la même chose. Nous avons besoin de réussir ensemble. Sinon, nous pouvons décider d’une sorte de suicide collectif, de nous auto-détruire.

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Sans montrer un enthousiasme débordant, Arnaud Montebourg est donc néanmoins prêt à soutenir Manuel Valls dans l’hypothèse d'une victoire du chef du gouvernement à la primaire de la "BAP", ce qui est toutefois loin d'être d'être fait. Pourtant, le 11 octobre dernier, Arnaud Montebourg avait prévenu : pas question de faire campagne pour François Hollande si le président de la République gagnait la primaire. "Je ne serai pas en première partie chauffeur de salle", disait le responsable socialiste. Il ajoutait : "Je me tairai, je rentrerai dans ma Saône-et-Loire natale, j’irai cultiver mon jardin". 

# Un accord de gouvernement avec Mélenchon

La gauche aborde la présidentielle particulièrement divisée. Candidat à la primaire de la "Belle alliance populaire", Arnaud Montebourg aimerait bien réconcilier les gauches s’il remporte le scrutin, fin janvier. Car pour le dirigeant socialiste, "le vainqueur de la primaire a une responsabilité : unir toutes les gauches, comme l’avaient fait François Mitterrand et Lionel Jospin", a-t-il déclaré sur France Inter.

L’ancien ministre de l’Economie est prêt à proposer un "accord de gouvernement" avec Jean-Luc Mélenchon après la primaire. Il a affirmé :

 

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"Ce qui m’intéresse, c’est la dynamique politique dans laquelle nous pouvons rassembler les gauches. Oui je me tournerai vers Jean-Luc Mélenchon et je lui proposerai un accord de gouvernement. Je pense que c’est là la responsabilité que nous avons tous. Comme le disait Winston Churchill, donner un coup d’épaule à l’histoire. Les choses ne sont pas fatales, ça dépend de nous. J’entre dans cette primaire avec le sens des responsabilités. Nous ne pouvons pas faire comme si nous n’étions que seuls". 

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Arnaud Montebourg n'a toutefois pas précisé ce que contiendrait cet "accord de gouvernement" avec Jean-Luc Mélenchon.

 





  • Jean-Luc Mélenchon

# Merci Ségolène

La sortie de Ségolène Royal sur Fidel Castro, depuis Cuba, fait réagir toute la classe politique ce dimanche 4 décembre. La ministre de l'Ecologie a reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon. Dans Dimanche en politique, sur France 3, le candidat à la présidentielle de "la France insoumise" a "remercié" l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle :

 

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Pour le coup, je dis merci à Ségolène Royal d’avoir en forçant un peu le trait rétabli un petit peu d’équilibre. 

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Jean-Luc Mélenchon a "redit sa gratitude pour tout ce que cette île a fait, pour toute l’Amérique latine". Il a protesté contre les critiques faites contre son ancien leader, décédé le 25 novembre : "Pourquoi y-a-t-il autant de haine contre cette petite île, sa population et son leader politique ? Un homme que les Etats-Unis d'Amérique ont essayé d’assassiner 600 fois (...) Fidel Castro mérite mieux que cet opprobre qui lui ai fait continuellement contre lui. Car il a porté beaucoup de choses. Naturellement, son bilan est contrasté, comme celui de tout être humain. Je trouve insupportable cette hargne contre lui". 

 





  • Jean-Christophe Cambadélis


# Hollande le sacrifié

Trois jours après le renoncement surprise de François Hollande à briguer un second mandat présidentiel, Jean-Christophe Cambadélis a expliqué la stratégie derrière cette abdication. Ainsi, face à un François Fillon qui porte, selon le Premier secrétaire du PS, un "programme excessivement violent", il fallait pouvoir rassembler la gauche. Mission impossible à cause du "Hollande-bashing". Le Président a donc fait "sacrifice" de sa candidature, expose "Camba" :

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Je pense qu’avec l’arrivée du candidat de la droite, qui est très à droite, François Fillon modifie la donne. La situation était très difficile avec Alain Juppé, honnêtement, parce qu’une partie de notre électorat aurait pu penser qu’au premier tour, il fallait jouer cette carte par rapport au Front national, qu’il apparaissait sur une orientation nationale. Là, la ligne de monsieur Fillon, c’est la confrontation nationale. Son programme est excessivement violent. Si nous voulions avoir une chance, il fallait casser le Hollande-bashing. Le Président a fait sacrifice de sa candidature pour casser le Hollande-bashing. Et maintenant qu’on a cassé le Hollande-bashing, puisqu’il n’est pas candidat, on va s’apercevoir que son bilan vaut mieux que ce qu’on disait.

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Alors que la gauche est historiquement divisée, le député de Paris reconnaît par ailleurs que François Hollande "a fait passer l’intérêt national avant l’intérêt de la gauche, c’est vrai", avec son virage social-démocrate. "C’est-à-dire qu’il a décidé une politique de redressement vue la situation dans laquelle était notre pays après des années et des années de gestion de droite", développe-t-il.

# Conseil d'ami

Ce 4 décembre, Jean-Christophe Cambadélis fait bien comprendre qu'il ne souhaite pas s'engager pour un candidat dans la primaire organisée par son parti. Alors que Manuel Valls devrait être le candidat de la gauche gouvernemental après le renoncement de François Hollande, le patron du PS lui adresse ce conseil :

 

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Je lui conseille - amicalement - d’être sur une position nouvelle de rassemblement. Comme nous sommes sortis de la phase du Hollande-bashing et de la phase d’Alain Juppé déjà désigné, nous sommes dans une nouvelle phase. Il faut être soi-même, mais offrir une nouvelle perspective. Ce n’est pas la même chose quand vous êtes candidat à une primaire - l’identification est forte - que quand vous êtes candidat à la présidentielle - le rassemblement est fort. Mais lui [l’identification], il a plus besoin de le faire. Il est assez identifié comme ça.

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"Camba" conseille ainsi à Manuel Valls, théoricien des "gauches irréconciliables" aux positions iconoclastes sur le voile, l'ISF ou encore la déchéance de nationalité, de sauter le mode "identification" et de passer directement au "rassemblement".

# De Gaulle dans une primaire

Le Parti socialiste organise pour le deuxième quinquennat consécutif une primaire. Même si le Président sortant François Hollande avait été candidat, il aurait dû y participer, selon les statuts du parti. Alors, Jean-Christophe Cambadélis défend cette idée jusqu'à l'absurde en imaginant le général de Gaulle dans une primaire des partis :

 

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- Cambadélis : Les primaires sont dans la logique de la Vème République. C’est comme ça. On n’est pas dans un régime parlementaire.



- Journaliste : Je veux pas paraphraser Fillon, mais imagineriez-vous le général de Gaulle dans une primaire?



- Cambadélis : Oui !



- Journaliste : Ah oui ?



- Cambadélis : Bien sûr !



- Journaliste : [silence] Ah, bon.



- Cambadélis : Ça vous choque hein ?



- Journaliste : Ah oui !



- Cambadélis : Eh bah moi je l’imagine.



- Journaliste : Oui ?



- Cambadélis : Parce qu’aujourd’hui, il ne pourrait pas faire autrement



- Journaliste : Lui qui fustigeait le régime des partis se serait mis dans une primaire d’un parti ?



- Cambadélis : Oui mais aujourd’hui il attaquerait le régime des selfies.

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