Le multiplex politique du dimanche 22 mai avec Raffarin, Le Maire, Pécresse, Morano, Copé et Hamon

Publié à 10h16, le 22 mai 2016 , Modifié à 20h01, le 22 mai 2016

Le multiplex politique du dimanche 22 mai avec Raffarin, Le Maire, Pécresse, Morano, Copé et Hamon

#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre (voire plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 22 mai : Bruno Le Maire au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Monde/iTélé, Jean-Pierre Raffarin dans le 12/13 politique France 3, Jean-François Copé au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Nadine Morano au Supplément de Canal+, Valérie Pécresse dans BFM Politique sur BFM TV et Benoît Hamon dans C Politique sur France 5.

  • Seconde partie

>> Valérie Pécresse, BFM Politique, sur BFM TV/Le Parisien-Aujourd'hui en France/RMC

#Ils visent 2022

Valérie Pécresse ne soutient pas le voyage de Manuel Valls en Israël, loin de là. La femme politique a même sa théorie sur la question. Pour la présidente LR du Conseil régional d'Ile-de-France, il s'agit là une opération politicienne. Elle explique :

 

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On sent bien tous ici que le premier ministre est tellement obsédé par sa rivalité avec Emmanuel Macron qu'il en oublie ses responsabilités de Premier ministre. On a l'impression que Manuel Valls et Emmanuel Macron, deux des plus hauts personnages de l'Etat, sont en réalité en campagne. Et en campagne électorale, ce qui est un peu surréaliste, pour 2022.

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2022 ? L'intervieweur Thierry Arnaud tique et relance l'ex-ministre sur 2017.

 

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Peut-être qu'en plus leur calcul vise à éjecter le Président de la République. En tant que Française, en tant que citoyenne, on est tous un peu affligés.

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2022, une échéance pour laquelle une personnalité de droite n'a pas exclu de se présenter. Son nom ? Valérie Pécresse. Elle le confiait en septembre 2015 au magazine Closer. Et oui.

#Sapin l'"embobineur"

La semaine passée, Valérie Pécresse co-signait une tribune dans le JDD pour dénoncer le harcèlement des femmes en politique. Pour autant, l'élue LR ne demande pas la démission de Michel Sapin, le ministre des Finances, qui a reconnu un "geste inapproprié" à l'encontre d'une journaliste en janvier 2015. Elle lance :

 

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Michel Sapin s'est excusé, je pense que c'était une bonne chose qu'il s'excuse. J'aurais préféré qu'il reconnaisse les faits dès le départ, au lieu de les cacher et d'essayer de nous embobiner. Il s'est excusé, les faits n'étaient pas d'une gravité telle que ça justifie sa démission.

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Le 10 mai dernier, Michel Sapin avait en effet décidé de s'excuser d'avoir "fait à une journaliste une remarque sur sa tenue vestimentaire en posant [sa] main sur son dos", lors d'un déplacement à Davos, en 2015. le tout après avoir longtemps minoré les faits, les qualifiant de "blague potache".

>> Benoît Hamon, C politique, sur France 5 

#Si rien ne bouge...

Benoît Hamon ne lâche rien concernant la loi travail. pour justifier son opposition au projet, le député PS des Yvelines explique que le texte ne faisait pas partie du programme du Président de la République. Puis, il assène :

 

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Si rien ne bouge, il y aura un nouveau texte en juillet. L'objectif n'est pas de faire chuter le gouvernement, c'est d'empêcher que la loi travail, en l'état, sans légitimité démocratique.

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Rappelons que 56 députés de gauche ont tenté il y a dix jours de déposer une motion de censure "de gauche" à l'encontre de ce texte, qui reviendra devant l'Assemblée nationale en juillet. Ce pourrait être l'occasion d'une nouvelle tentative d'une motion "de gauche", qui doit réunir au moins 58 signatures.

#La primaire pour tous

On le sait, Benoît Hamon défend ardemment l'idée d'une primaire à gauche pour déterminer un candidat commun à l'élection présidentielle de 2017. Avec quels candidats ? C'est la question de l'intervieweuse Caroline Roux. Et là, l'ex-ministre de l'Education nationale a cette réponse étonnante :

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Je souhaite qu'il y ait Emmanuel Macron qui soit candidat à la primaire, puisqu'il a l'air de s'y préparer beaucoup. Je souhaite que Manuel Valls aille à la primaire également. Je souhaite que François Hollande y aille. Puisque en fait tous les trois, même s'ils défendent à peu près la même chose, ont tous envie ou de repartir ou d'y aller pour al première fois. Et je souhaite qu'Arnaud [Montebourg] y aille.

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Faut-il y voir une tentative de démonstration par l'absurde de la démarche essentiellement égotique de ses rivaux ? Peut-être. Sur sa propre candidature, Benoît Hamon se fait en tout cas moins disert : 

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Je prendrai ma décision le moment venu. Mais pas maintenant, parce que je trouve que c'est trop tôt et que les décisions précoces ne sont pas forcément les bonnes.

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Le temps que plusieurs des "ténors" évoqués renoncent et lui libèrent un espace ? Le mystère reste, pour l'heure, entier.

  • Première partie

>> Bruno Le Maire, Le Grand Rendez-vous Europe 1/Le Monde/iTélé

#Faute grave

"Il n’y a pas de pénurie d’essence", a assuré ce dimanche sur Europe 1 le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, malgré le blocage des raffineries. Pourtant, faute de carburant, de nombreuses stations-service ont fermé. Et plusieurs élus LR ont aussitôt réagi en invitant le ministre à venir voir la situation dans leur circonscription. Pendant ce temps-là, Manuel Valls est en déplacement en Israël pour tenter de relancer le processus de paix dans la région. "Une faute", fustige Bruno Le Maire évoquant également la situation sociale avec les manifestations violentes. Il développe, reprochant "l'absence et le silence" tant de François Hollande que de Manuel Valls :

 

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Il se trouve que le Premier ministre n’est pas en France. Il est en Israël. Je pense que c’est une vraie faute de la part du Premier ministre de ne pas être présent aujourd’hui, en France, pour garantir l’autorité de l’Etat et mettre fin à ces pénuries d’essence. La place du Premier ministre, quand il y a une telle situation de désordre, est en France plutôt que de lancer une initiative diplomatique.

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"Il aurait du prendre conscience que face aux inquiétudes des Français, face à la révolte des Français, sa place était auprès des Français", a insisté le candidat à la primaire de la droite. 

#Drôle d’idée

François Fillon et surtout Alain Juppé avancent vers la primaire avec l’idée de briguer un mandat unique de cinq ans à l’Elysée. Une proposition "singulière" moquée par Bruno le Maire qui y est farouchement opposé, comme il le répète à qui veut l’entendre pour attaquer ses concurrents pour la primaire. Il "considère que cette idée de mandat unique est vraiment une drôle d’idée". Et poursuit :

 

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Si c’était une idée aussi brillante que ça, elle aurait été retenue par d’autres démocraties au monde. Ça fait du président élu immédiatement un président sortant. Donc un président qui n’a pas l’autorité nécessaire pour aller au bout des décisions qui sont utiles pour le pays. Il faut rendre des comptes au peuple français.

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>> Jean-François Copé, Le Grand JuryRTL/Le Figaro/LCI

#My Thatcher is rich

A la différence de Nicolas Sarkozy ou Bruno le maire, Jean-François Copé, s’il est élu président de la République, ne veut pas utiliser l’outil du référendum. Lui préconise, prenant de Gaulle comme exemple, de recourir aux ordonnances. "Je propose un changement complet de méthode de gouvernement. Avec 15 décisions qui débloqueront le pays. Si je suis élu, nos députés feront campagne sur ces 15 ordonnances", explique le député-maire LR de Meaux qui veut réformer pendant que les Français seront en vacances. Avant de raconter s’inspirer de Margaret Thatcher. Il dit :

 

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Je me suis inspiré de ce qu’avait dit un jour madame Thatcher. Je ne me base pas sur le fond de ses réformes mais elle a remis le pays en ordre de marche à une époque où il s’effondrait. Elle disait : "j’ai gouverné la Grande-Bretagne pendant dix ans. La première année, j’ai tout décidé. Les neuf années suivantes, j’ai appliqué."

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"C'est ce qu'il faut pour la France", a-t-il ensuite précisé sur Twitter :

#Pub

Tenant d’une droite "décomplexée" face "à une droite molle", Jean-François Copé a fait de la lutte contre le voile dans l’espace public un de ses chevaux de bataille. Invité à développer ses pensées sur le sujet de l’interdiction du voile, "dans l’ensemble des organismes publics", l’ancien président contesté de l’UMP en a profité pour faire un peu de pub au dernier numéro du Figaro Magazine, dont la une "Molenbeek-sur-Seine" a choqué.

Ainsi lance-t-il :

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Le Figaro Magazine est à lire cette semaine. Je le dis d’autant plus que vous n’y trouverez pas une interview de moi (rires) mais un reportage qui mérite qu’il soit lu.

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Cette une choc de l’hebdomadaire du quotidien illustre une enquête sur l’islamisation de la ville de Saint-Denis dans le 93. Une enquête qui a offusqué dans la commune concernée.

>> Nadine Morano, Le Supplément, Canal+

#Mon Premier ministre sera…

Nadine Morano n’est pas sure de pouvoir concourir à la primaire (aura-t-elle les parrainages nécessaires ?) mais elle sait déjà qui sera son Premier ministre. Sur le plateau du Supplément, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy confirme avoir "plusieurs noms en tête" mais ne veut livrer aucune identité. Pourtant, elle semble savoir qui elle aimerait installer à Matignon en cas de victoire de sa part en 2017 : il s’agit d’un homme appartenant à la direction de LR. Elle dit :

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Je ne voudrais pas mettre quelqu’un mal à l’aise sans lui en avoir parlé. Je l’ai identifié au regard de ses capacités et de son talent. Il fait partie de l’équipe dirigeante des Républicains aujourd’hui.

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Toujours sans citer de nom, Nadine Morano ajoute qu’une partie de son casting ministériel est déjà fait dans sa tête :

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Je connais les talents et les capacités des uns et des autres. Pour ne rien vous cacher, il y a déjà certains portefeuilles ministériels que j’ai déjà identifiés. 

"

Malheureusement, on en saura pas plus pour aujourd’hui.

#Moi aussi, je peux médire...

Séquence lunaire sur le plateau du Supplément avec un affrontement entre Nadine Morano et Ali Baddou... au moment le plus improbable. Après une longue passe d'armes avec les journalistes de Canal+ sur la Gare du Nord, l'eurodéputée LR cède en effet la parole à la chroniqueuse Alexandra Colineau, qui présente un reportage sur des spécialistes du porte-à porte. Mais la journaliste a le malheur de lâcher malicieusement que les protagonistes de son reportage "vont sûrement à Gare du Nord taper aux portes des Parisiens". Nadine Morano s'emporte immédiatement :

 

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Moi j'y vais toutes les semaines, quand vous voulez on y va. Quelle provocation en permanence !

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Ali Baddou tente alors de stopper les ruminations de Nadine Morano. Il lâche un sec "non, mais, on va s'arrêter là". Cela a le don d'irriter encore plus la femme politique. Qui sort sa botte secrète : une évocation de l'"affaire des permis de conduire", dans laquelle est mouillé Ali Baddou. Alors que la journaliste s'apprête à reprendre, elle lance : 

 

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Moi je peux en remettre une couche aussi sur le permis de conduire... Hein franchement, franchement ! Trafic de permis de conduire, c'est pas terrible non plus. Dans aucune organisation, on resterait en poste après une information publique telle que celle-là.

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Face à cette attaque, Ali Baddou paraît mal à l'aise. Il répète "vous êtes entièrement libre de vos propos" pour finir par un "c'est de bonne guerre". Sourire crispé.

Le présentateur du Supplément est cité dans une affaire de trafic de permis de conduire. Un certain nombre de personnalités auraient acheté leur permis, certains allant jusqu'à dépenser 10 000 euros pour obtenir le papier rose sans passer l'examen. "J'ai fait une énorme bêtise et je la regrette. J'ai rendu le permis il y a déjà plusieurs mois", a reconnu Ali Baddou vendredi 20 mai sur Twitter.

Un passage isolé par Le Lab :


>> Jean-Pierre Raffarin, 12/13 Dimanche, France 3

#Etat d’urgence permanent

A l’approche de l’Euro 2016 de football disputé en France, le Parlement a prolongé, pour la troisième fois, l’état d’urgence. Est-ce à dire que cet état d’exception prévu par la Constitution est devenu permanent ? Jean-Pierre Raffarin le pense. Sur le plateau de France 3, cet ancien Premier ministre de Jacques Chirac soutien d’Alain Juppé pour la primaire de la droite affirme ainsi :

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Nous sommes en état d’urgence permanent. Et il faut en être conscient.

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Et d’ajouter :

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Il ne faut pas oublier que le Premier ministre a dit à plusieurs reprises qu’on était en guerre. Il ne faut pas avoir peur mais être conscient du danger. Nous avons confiance dans la République mais il faut être vigilant.

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Avant lui, Henri Guaino avait quant à lui souhaité que l’état d’urgence dure "un an, un an et demi". "Il faut que ça dure un an, un an et demi, qu‘on nettoie. On ne va pas laisser les armes de guerre s’accumuler et circuler comme ça", expliquait le député LR ancienne plume de Nicolas Sarkozy.

Du rab sur le Lab

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