Le multiplex politique du dimanche 28 juin avec Julien Dray, Valérie Pécresse, Michèle Alliot-Marie et Virginie Calmels

Publié à 17h58, le 28 juin 2015 , Modifié à 20h55, le 28 juin 2015

Le multiplex politique du dimanche 28 juin avec Julien Dray, Valérie Pécresse, Michèle Alliot-Marie et Virginie Calmels
Julien Dray, Valérie Pécresse, Virginie Calmels et Xavier Bertrand © Montage via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - Au programme des interviews dominicales ce 28 juin, Julien Dray dans BFM Politique, Valérie Pécresse au Grand Jury, Michèle Alliot-Marie sur iTÉLÉ et Virginie Calmels dans Tous Politiques.

Comme toujours, le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose ses morceaux choisis au fur et à mesure de la soirée.

>> Julien Dray dans BFM Politique



#Not Afraid

Julien Dray revient sur les événements de la semaine passée. Et martèle :

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Il faut refuser la peur.

 

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Prenant l'exemple des attaques terroristes en Tunisie et au Koweit, il explique que "les premières victimes du djihadisme, ce n'est pas la société française mais d'abord les autorités musulmanes". Et en vient donc tout naturellement à critiquer l'expression chère à Christian Estrosi de "cinquième colonne".

Et la "guerre de civilisation", terme utilisé par Manuel Valls, est également fustigée. Dénonçant un "raccourci idéologique", Julien Dary explique :

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Je ne crois pas que la civilisation arabo-musulmane soit une menace pour la civilisation judéo-chrétienne. Moi je n'aurais pas utilisé cette expression. […] Pour combattre le salafisme, j'ai besoin des musulmans et de la communauté française rassemblée.

 

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#Écouter DSK

Longtemps, Julien Dray fut très proche de Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier blanchi dans l'affaire du Carlton de Lille peut-il revenir en politique, voire au Parti socialiste ?  Julien Dray n'en est pas si sûr. Il explique :

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Moi je ne crois pas au sauveur suprême. Je n'en suis pas un. Dominique Strauss-Kahn n'en pas un.

 

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Cela étant, en tant qu'ancien président du FMI, DSK a sans doute quelques conseils à donner, comme ça, discrètement. "On va l'écouter, c'est normal puisqu'il a une expérience", reconnaît Julien Dray. Mais de là à revoir DSK rue de Solférino…  

#Une primaire ? Bof…

Tiens, Julien Dray, tout comme Benoît Hamon, a *un peu* évolué sur la question de l'organisation d'une primaire à gauche pour la présidentielle de 2017. Et puis les temps ont changé…

Ce dimanche, il nuance :

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Aujourd'hui je dis simplement qu'on verra. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de certitudes en la matière, il faut attendre de voir comment les choses vont se passer dans les semaines et les mois à venir. […] Si la primaire devient un instrument de division supplémentaire, elle n'est pas utile. Si elle peut devenir un instrument de rassemblement, il faudra apprécier la situation. C'est une réponse de Normand, je le reconnais.

 

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"Ce qui m'a fait changer d'avis, ce n'est pas François Hollande, c'est la situation de la gauche", détaille un peu plus tard Julien Dray. 

Il y a un peu plus d'un an, sur BFMTV, Julien Dray avait loué cet exercice d'une primaire. "Moi, je suis plutôt favorable effectivement à ce qu'il y ait une désignation démocratique. C'est ce que font les Américains ! Je veux dire, aux Etats-Unis, le parti démocrate, il fait des primaires, même quand c'est un président sortant", avait-il expliqué.  

En janvier 2015, il assurait au Lab ne pas avoir changé d'opinion sur le sujet

>> Valérie Pécresse au Grand Jury RTL / LCI / Le Figaro



#Précision

Valérie Pécresse, comme tout le monde, revient évidemment sur les événements de la semaine passée et notamment sur l'attentat perpétré en Isère. En découle un constat. Elle dit :

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C'est une guerre qui est mondiale. C'est une guerre de la barbarie contre la civilisation.

 

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On notera la nuance avec les mots de Manuel Valls, dimanche lors du Grand Rendez-Vous. Le Premier ministre avait alors parlé d'une "guerre de civilisation". Ce qui a plutôt fait plaisir à la droite vu que Nicolas Sarkozy a lui-même utilisé le terme auparavant. Valérie Pécresse, elle, est plus nuancée. 

#Tunisie

Valérie Pécresse revient également sur l'attentat perpétré en Tunisie, vendredi. Et évoque l'impact, voulu par Daech, sur le tourisme dans la région. La tête de liste de Les Républicains pour les régionales en Île-de-France veut que la France agisse en ce sens. Elle dit :  

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J'ai été au Bardot, juste après les attentats, justement pour réaffirmer notre confiance au gouvernement tunisien. […] Nous devons aider les Tunisiens à protéger les touristes.

 

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Et Valérie Pécresse d'ajouter que "nous ne pouvons pas nous désintéresser du sort d'un pays du Maghreb qui est sur le chemin de la démocratie".  

#Cette bonne idée du référendum

Contrairement à d'autres dans son camp, Valérie Pécresse n'est pas fondamentalement opposée à l'idée du référendum organisé par Alexis Tsipras sur le plan d'aide accordé à la Grèce. "Je ne suis pas en train de critiquer le référendum. Je critique un gouvernement grec qui dit qu'il ne respectera ses engagements et renvoie à un référendum", nuance-t-elle.

La députée LR y voit même une chance pour la politique française.

 

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Ce référendum montrera au peuple grec à quel point monsieur Tsipras l'a roulé dans farine et ça sera une leçon pour tous ceux qui croient aux discours démagogiques des populistes, qu'ils soient de gauche ou de droite. Donc ce sera une bonne leçon.

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Ce serait bien le seul avantage car, peu après, Valérie Pécresse prévient que si la Grèce sort de la zone euro, "les Français le paieront" car cela entraînera une hausse des taux d'intérêt. 

>> Michèle Alliot-Marie dans 18h Politique sur iTÉLÉ



#Manipulation

Actualité oblige, Michèle Alliot-Marie revient sur ses propos de 2011. Ministre des Affaires étrangères, elle avait proposé à la Tunisie, alors que débutait la révolution de jasmin, "le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité", pour permettre "de régler des situations sécuritaires de ce type".

En guise de rappel :



Ce dimanche, alors que la Tunisie demande l'aide de la France, MAM se défend :

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Mes propos sont beaucoup plus clairs que certains n'ont voulu le dire. Mais ça, c'est la règle médiatique. Certains essayent de polémiquer en détournant le sens de ce que je dis. Et vous savez, j'ai suffisamment de lien avec la Tunisie et j'ai suffisamment, dans toute ma vie politique, insisté sur les libertés publiques et les droits de l'homme pour qu'on ne me fasse pas ce reproche.  

 

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>> Virginie Calmels dans Tous Politiques France Inter / Le Parisien / France 3



#Responsabilité

Ils sont bien gentils les Grecs, mais c'est un peu de leur faute si on en est là aujourd'hui. Sur France Inter, l'adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux évoque le cas de la Grèce. Et pointe la responsabilité des dirigeants passés. Elle dit :

 

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Si on en est là, c'est quand même 320 milliards d'euros de dette en Grèce, c'est quand même significatif et c'est aussi ce qui peut tous nous interroger sur la responsabilité qu'on peut attendre des dirigeants de pays quels qu'ils soient. Avant d'incriminer l'Europe, regardons déjà comment a été gérée la Grèce. […] On en n'arrive pas là par hasard.

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Une fois ce postulat posé, Virginie Calmels tient quand même à préciser que "ce n'est pas parce que des choses ont été mal gérées qu'il faut maintenant dire 'tant pis pour eux'".

Par contre, le fait d'organiser un référendum en Grèce, ça, Virginie Calmels n'y est pas hyper favorable.

Elle dit :

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Le référendum est un vrai problème. Il faut arrêter la démagogie.

 

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#Sexiste et réducteur

Si Virginie Calmels est autant critiquée, y compris dans son propre camp, c'est parce que c'est une femme. Point. Par exemple, si la concernant on "parle de parachutage, c'est parce [qu'elle est] une femme issue de la société civile", pense-t-elle. Peu après, elle critique le machisme du monde politique : 

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Les attaques personnelles et en plus machistes sont évidemment à proscrire. Mais où vivons-nous ? Moi je viens de 20 ans dans l'entreprise, je n'ai pas eu ce genre de problèmes, je n'ai pas eu d'attaques hyper sexistes et j'ai eu pas mal d'hommes qui n'avaient pas tellement de difficultés à être dirigés par une femme. On sent de ce point de vue-là que la classe politique dans son ensemble est probablement un peu en retard.

 

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En avril dernier, Virginie Calmels avait déjà demandé qu'on lui épargne "les remarques sexistes ou méprisantes". À l'époque, Henri Guaino aurait comparé l'adjointe au maire de Bordeaux à Loana. Une allusion au passé professionnel de Virginie Calmels qui a dirigé Endemol France, groupe de production expert en télé-réalité, et que l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy avait démentie auprès du Lab

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