Le nouvel argument de Jean-Michel Blanquer contre l’écriture inclusive : "C’est très laid"

Publié à 14h57, le 19 novembre 2017 , Modifié à 15h22, le 19 novembre 2017

Le nouvel argument de Jean-Michel Blanquer contre l’écriture inclusive : "C’est très laid"
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Amandine Réaux


Cela vous a peut-être échappé, mais Jean-Michel Blanquer est opposé à l’écriture inclusive. Tout particulièrement à son enseignement à l’école. Et le ministre de l’Éducation nationale ne manque pas d’arguments. Il expose le dernier en date ce dimanche 19 novembre lors de l’émission "Dimanche en politique" sur France 3 :

D’abord, pardon de le dire, mais c’est très laid. Ça déstructure les textes.

Cette pratique de féminisation de la langue n’est donc pas recommandée par Jean-Michel Blanquer, en partie parce qu’elle est "laide". L’écriture inclusive est souvent réduite à l’ajout d’un point médian à la fin de noms communs animés (et adjectifs) pour inclure, précisément, le féminin. En réalité, ce point n’est qu’une alternative proposée par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. L’institution a publié "10 recommandations pour une communication publique sans stéréotype de sexe", parmi lesquelles "éliminer toutes expressions sexistes" ou encore "accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions".

Mais attention, n’allez pas croire pour autant que Jean-Michel Blanquer est anti-féministe. À l’écouter, il est même plus féministe que les féministes puisque lui sait quels sont les "vrais" combats à porter.

Je considère que la question de l’égalité homme-femme est une question cruciale, fondamentale à notre époque et que c’est dommage de la dévoyer vers ces sujets-là qui sont pas les vrais sujets du féminisme dont nous avons besoin. [...] Je prends le féminisme au sérieux. Je me considère comme féministe. Nous avons beaucoup de choses à faire au titre de l’égalité homme-femme. Et justement, quand on est pour un certain combat, pour une certaine cause, on doit faire attention à ce qu’elles ne se dévoient pas dans un faux combat.

Un bel exemple de mansplaining.

Mercredi à l’Assemblée nationale, Jean-Michel Blanquer avait usé d’autres arguments contre la féminisation de la langue : "La France a comme emblème une femme, Marianne, l'un de ses plus beaux mots est féminin, la République."CQFD.

Sur BFMTV, mi-octobre, Jean-Michel Blanquer avait estimé qu’éditer les manuels scolaires en écriture inclusive n’était "pas une bonne idée". "Je trouve que ça ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire", avait précisé le ministre de l’Éducation nationale, redoutant que cela nuise à une "bonne" cause. Il y voit également "une façon d’abîmer notre langue".









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