Le pape François se demande "d’où vient" Emmanuel Macron, Richard Ferrand lui lance une invitation

Publié à 13h44, le 30 avril 2017 , Modifié à 13h44, le 30 avril 2017

Le pape François se demande "d’où vient" Emmanuel Macron, Richard Ferrand lui lance une invitation
Le pape François. © GREGORIO BORGIA / POOL / AFP
Image Sébastien Tronche


Il ne manquait plus que lui. A sa manière, le pape François s’est à son tour invité dans les débats d’entre-deux-tours de la présidentielle, jugeant que l'une, Marine Le Pen, représentait "la droite forte", et qu'il ne savait pas d'où venait Emmanuel Macron.

Qu’à cela ne tienne, Richard Ferrand, lieutenant d’Emmanuel Macron et secrétaire général d’En Marche !, a invité le pape, ce dimanche 30 avril sur France 3, à "faire connaissance" avec son candidat. Il lance ainsi l’invitation, d’un ton sec :

Si le pape veut faire connaissance, nous pouvons le recevoir au 99 rue de l’Abbé Groult (adresse du QG de campagne d’Emmanuel Macron, ndlr). Vous voyez, nous sommes logés dans une rue bien nommée pour accueillir sa sainteté.

Opposé à Richard Ferrand, Florian Philippot n’a pas manqué l’occasion de la sortie papale pour rebondir et balancer que si le pape "ne sait pas d’où vient Emmanuel Macron", "c’est le problème de beaucoup de Français". "Marine Le Pen, on sait trop d’où elle vient", a répliqué le député macroniste du Finistère.

Samedi 29 avril, le pape François s'est refusé à donner des conseils aux Français pour départager les deux candidats de la présidentielle. "Je vous le dis sincèrement, je ne comprends pas la politique intérieure française", a déclaré le souverain pontife, interrogé sur la tentation des catholiques français pour le vote populiste ou extrême. Et d’ajouter, probablement en référence au débat sur le mariage homosexuel ou au rejet par le Vatican de la nomination d'un ambassadeur de France homosexuel :

J'ai cherché à avoir de bons rapports même avec l'ancien président (François) Hollande. Il y a eu un conflit autrefois mais on a pu en parler.

"Des deux candidats politiques, je ne connais pas l'histoire. Je sais que l'un représente la droite forte, mais l'autre, je ne sais pas d'où il vient, alors je ne peux pas donner d'avis", a-t-il donc continué, en riant, sans jamais citer les noms des deux candidats.

Le pape avait été beaucoup moins prudent pendant la campagne électorale américaine. En février 2016, avec Donald Trump, alors candidat à la primaire républicaine, ils avaient exposé à distance leurs profondes divergences. "Une personne qui veut construire des murs et non des ponts n'est pas chrétienne", avait lancé le pape, provoquant une réaction courroucée du magnat de l'immobilier, qui avait jugé "honteux" qu'un responsable religieux "mette en doute la foi d'une personne".

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