Le porte-parole du gouvernement Castaner appelle la presse à "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail Pénicaud

Publié à 14h42, le 28 juin 2017 , Modifié à 18h38, le 28 juin 2017

Le porte-parole du gouvernement Castaner appelle la presse à "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail Pénicaud
Christophe Castaner. © Bertrand GUAY / AFP

Y a-t-il un interventionnisme de l'exécutif sur les médias ? Plusieurs épisodes constatés depuis la prise de fonctions d'Emmanuel Macron pourraient le laisser croire. Mais Christophe Castaner refuse de donner cette impression. Alors le porte-parole du gouvernement le fait de manière #PlutôtSympa. 

Lors du point presse hebdomadaire à l'issue du Conseil des ministres, mercredi 28 juin, Christophe Castaner a demandé à la presse de "ne pas chercher à affaiblir" la ministre du Travail Muriel Pénicaud, ancienne responsable de Business France (organisme visé par une enquête), "car nous sommes dans un moment important pour la réforme du travail". "Elle mérite tout mon soutien", a-t-il ajouté, estimant que "l'enquête doit permettre d'y voir clair".

Le porte-parole a défendu la ministre sur le fond du dossier, faisant valoir que lorsqu'elle avait constaté des "irrégularités" sur des frais engagés par Business France, agence qu'elle dirigeait, pour une visite d'Emmanuel Macron à Las Vegas, elle avait demandé d'abord un audit puis saisi l'inspection générale.

Cette affaire est embarrassante pour la ministre, qui va devoir défendre le projet de loi d'habilitation à réformer le droit du travail par ordonnances, principale réforme voulue par Emmanuel Macron.

Selon Libération, la ministre a "validé" certaines dépenses relatives à l'organisation d'une soirée à Las Vegas où Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, avait rencontré des dirigeants de start-up françaises, un "contournement des règles" de l'agence publique chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers. Elle aurait ensuite tenté d'étouffer l'affaire, selon le quotidien.

"Il y a eu une erreur de procédure", a reconnu Mme Pénicaud mercredi sur RTL, avant de souligner avoir "immédiatement déclenché un audit, interne et externe". "Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures", a-t-elle conclu, réfutant toute tentative d'étouffer l'affaire.

Selon Le Canard enchaîné, le coût de l'opération réalisée par Havas pour Business France, sans appel d'offres, aurait été de 381.759 euros, dont 100.000 euros pour frais d'hôtel.

Dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte notamment pour favoritisme, les sièges de Business France et d'Havas ont été perquisitionnés le 20 juin.

Parmi d'autres tentatives d'intervention de l'exécutif sur les médias, on note :

- Quand "le citoyen" Bayrou a appelé Radio France pour se plaindre d'une enquête sur les salariés du MoDem

- Quand l'Élysée a laissé entrevoir une volonté de choisir les journalistes qui suivent les déplacements d'Emmanuel Macron (avant de rétropédaler)

- Quand Richard Ferrand a fustigé le "tintamarre médiatique" autour de l'affaire qui le touche et reproché au Monde de mettre "directement en cause [son] honnêteté" dans une enquête

- Quand Christophe Castaner a estimé que la presse ne devait pas "devenir juge"

- Quand le ministère du Travail a porté plainte contre X après la publication par Libération de documents sur la réforme du Code du travail

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