Le président burkinabé conteste tout "manque de respect" dans les blagues d'Emmanuel Macron

Publié à 11h29, le 02 décembre 2017 , Modifié à 10h52, le 26 décembre 2017

Le président burkinabé conteste tout "manque de respect" dans les blagues d'Emmanuel Macron
Roch Kaboré et Emmanuel Macron. © ludovic MARIN / AFP
Image Loïc Le Clerc


Le passage d'Emmanuel Macron au Burkina Faso aura été intense. Le 28 novembre, le président de la République a alterné entre discours politiques, admettant avoir commis "une erreur" en parlant du "défi civilisationnel" de l'Afrique, et échanges survoltés avec les étudiants de l'université de Ouagadougou.

À cette occasion, Emmanuel Macron a fait dans "l'humour". Répondant à un étudiant sur la prochaine ouverture d'une centrale électrique française et le fait de savoir si la climatisation des salles de l'université liée à cette installation allait perdurer "pendant longtemps", le Président français avait répondu ceci :

Moi je ne veux pas m’occuper de l’électricité dans les universités au Burkina Faso ! [Sourire du président Roch Kaboré] C’est le travail du président ! Alors par contre je vous rassure [le Président burkinabé quitte la scène]... du coup il s'en va, reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation.

Sauf que cette blague n'est pas du tout passée en France. Ainsi, les députés de La France insoumise publiaient un communiqué pour dénoncer un "écart de langage des plus méprisants", qui aurait "entaché les relations diplomatiques" entre la France et le Burkina. "Aussi incroyable qu'indigne", fustigent les parlementaires Insoumis.

Ce samedi 2 décembre, le Président du Burkina Faso, Roch Kaboré, est revenu sur ce moment. À une radio burkinabée, il déclare :

Nous devons nous départir de cette conception de voir toujours le manque de respect. [...] Même si nous sommes des chefs d’État, il y a des moments également où l’on peut effectivement plaisanter sur des questions sans avoir besoin de vexer ni de blesser quelqu’un de façon particulière.

Une explication de texte relayé sur Twitter par le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit.





Le 29 novembre, Emmanuel Macron avait déjà jugé cette polémique "ridicule", affirmant : "J'aurais fait de l'humour avec tout dirigeant européen avec qui j'ai cette relation. Je l'ai par exemple avec Jean-Claude Juncker. [...] L'humour, c'est une relation d'égal à égal. [...] On doit pouvoir se dire les choses de manière dépassionnées et on doit aussi pouvoir plaisanter."

Pour rappel, si Roch Kaboré a quitté la salle au moment où le Président français faisait rire la salle pleine d'étudiants, c'est pour cause de "pause technique".

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