Le sénateur PS Roland Courteau veut autoriser la publicité du vin pour inciter à la "découverte"

Publié à 17h28, le 21 octobre 2016 , Modifié à 17h28, le 21 octobre 2016

Le sénateur PS Roland Courteau veut autoriser la publicité du vin pour inciter à la "découverte"
© JACQUES DEMARTHON / AFP

Il y a le bon alcool et le mauvais alcool. C’est en substance le sens de la proposition de loi déposée le 18 octobre par le sénateur Roland Courteau - la même au mot près qu’il y a trois ans, comme le note Public sénat - "visant à distinguer le vin des autres boissons alcooliques".

"Il ne s'agit donc pas, d'une incitation à plus de consommation, argue le parlementaire, mais bien d'une initiation à la découverte". Et Roland Courteau de lister tous les mérites (cités toutefois au conditionnel) de cette "boisson saine" qu’est le vin :

- "Les régions qui consomment le plus [de vin] présentent d'ailleurs un taux de prévalence des maladies alcooliques inférieur à la moyenne nationale"

- Il existe "une corrélation certaine entre une consommation régulière et modérée de vin et le faible taux de mortalité par accidents cardio-vasculaires"

- "Le vin pourrait même avoir un effet préventif sur le développement d'autres pathologies, telle la maladie d'Alzheimer, etc."

L’obstacle à cette proposition de loi ? La loi Evin, relative à la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme. Le Sénat, où le groupe d’étude vigne et vin réunit 65 élus, a déjà fait adopter en novembre 2015 un amendement visant à "clarifier" le texte de 1991, comme le souligne Public sénat. Roland Courteau vise également les "campagnes anti-alcooliques" qui "se transforment trop souvent en campagnes anti-vin".

Mais à travers la défense d’un art de vivre et d’une boisson bonne pour la santé, le sénateur veut avant tout porter les intérêts de la "filière viti-vinicole", qui subit les "conséquences économiques néfastes" de la loi Evin :

 

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De forts arguments économiques militent en faveur de la défense de notre viti-viniculture, fleuron de notre agriculture. La France est l'un des premiers producteurs de vin au monde. Nos exportations de vin représentent le premier poste de nos exportations agro-alimentaires. L'activité viti-vinicole est aujourd'hui vitale pour l'économie, et d'abord l'emploi, dans un certain nombre de nos départements. De plus, en maintenant dans les campagnes des populations qui, en son absence ou au cas de son déclin, seraient aspirées vers les villes, cette activité favorise un aménagement équilibré et durable du territoire.

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Le sénateur socialiste s’en prend également à la "concurrence étrangère". Il expose que "les marques étrangères d'alcool jouissent, en particulier chez nous, d'un moyen d'accès à la notoriété qui a été interdit à nos propres produits viticoles" et ce… lors de "retransmissions télévisées de manifestations sportives qui se tiennent à l'étranger".

Roland Courteau termine son argumentaire en citant l’exemple de l’Espagne, où la loi 10 juillet 2003 sur la vigne et le vin "a pu donner au vin le statut d''aliment naturel', le distinguant légalement des alcools durs, et ouvrir la possibilité de campagnes de promotion du vin".

Un *aliment naturel*... auquel Alain Juppé a toutefois renoncé pour tenir le rythme de sa campagne présidentielle.

Du rab sur le Lab

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