Le subterfuge d’une élue sur la liste d’Estrosi pour continuer à être partout sans cumuler

Publié à 16h49, le 15 décembre 2015 , Modifié à 17h39, le 15 décembre 2015

Le subterfuge d’une élue sur la liste d’Estrosi pour continuer à être partout sans cumuler
Sophie Joissains au Sénat, en 2008 © JOEL SAGET / AFP
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Amandine Réaux pour

#APPARATCHIK - Après les élections régionales, de nombreux élus doivent renoncer à un ou plusieurs de leurs mandats. Mais si Xavier Bertrand s’est exécuté spontanément, c’est un déchirement pour d’autres, comme Sophie Joissains (UDI), numéro deux sur la liste de Christian Estrosi dans les Bouches-du-Rhône.

  • Acte 1

D’abord directrice de cabinet puis adjointe au maire d’Aix-en-Provence et vice-présidente de la communauté du pays d’Aix, Sophie Joissains est élue, en 2008, sénatrice des Bouches-du-Rhône à seulement 38 ans, devenant l’une des benjamines du Sénat.

Et elle peut dire merci à papa et maman. Grâce à eux, Sophie Joissains baigne dans la politique depuis toute petite. Son père, Alain Joissains, a été conseiller de Jean-Jacques Servan-Schreiber et maire d’Aix-en-Provence. Sa mère, Maryse Joissains-Masini, ex-députée des Bouches-du-Rhône, est maire LR d’Aix-en-Provence et présidente de la Communauté d’agglomération du pays d’Aix.

  • Acte 2

En 2015, comme Sophie Joissains n’est *que* sénatrice, adjointe au maire et vice-présidente d’une communauté d’agglo, elle décide de se présenter sur la liste LR-UDI de Christian Estrosi aux élections régionales en Paca. Et pas à n’importe quelle place : en numéro deux dans les Bouches-du-Rhône.

  • Acte 3

Comme la liste LR-UDI remporte la région, Sophie Joissains n’échappe pas à l’intransigeante règle sur le cumul des mandats. Jusqu’en 2017, elle peut conserver son mandat de sénatrice et siéger au conseil régional, où elle brigue un poste de vice-présidente "à la politique de la ville ou à la culture", déclare-t-elle à MarsActu. Mais pour cela, elle doit démissionner du conseil municipal d’Aix et abandonner de fait la vice-présidence de l’agglo.

  • Acte 4

Sur les traces de son père, nommé directeur de cabinet du maire d’Aix (sa femme, donc) en 2001, Sophie Joissains trouve un subterfuge pour ne pas totalement abandonner la ville de Cézanne. Elle devrait réintégrer le cabinet de sa mère, "un poste de conseiller à 20 % pour me permettre de continuer à suivre les dossiers".

Et pour les 80 % restants, on suppose que ça sera moitié sénatrice, moitié conseillère régionale.

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