Le très hollandais Didier Guillaume sera le directeur de campagne de Manuel Valls

Publié à 08h56, le 07 décembre 2016 , Modifié à 11h24, le 07 décembre 2016

Le très hollandais Didier Guillaume sera le directeur de campagne de Manuel Valls
Didier Guillaume © MARTIN BUREAU / AFP
Image Etienne Baldit


TRANSFUGE - C'est l'un des éléments essentiels à la démarche de "rassemblement" et de "réconciliation" de la gauche de gouvernement portée par Manuel Valls. Candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire, l'ex-Premier ministre aura besoin du soutien le plus large possible, au sein du PS, pour s'imposer et se qualifier à la présidentielle. Ce qui implique de rallier à lui notamment la hollandie, orpheline de son candidat en la personne du chef de l'État qui a renoncé à se représenter.

Certains élus et cadres socialistes proches du Président ont d'ores et déjà amorcé cette migration vers Manuel Valls. Le cas le plus édifiant étant celui de Didier Guillaume. Le patron des sénateurs PS sera en effet le directeur de campagne de l'ancien chef du gouvernement, selon plusieurs médias. Une information rapportée avec certitude depuis lundi 5 décembre par Paris Match, RTL, ITÉLÉ ou encore BFMTV et finalement confirmée mercredi matin par l'entourage de Manuel Valls à l'AFP.

Cette nomination a tout d'un signe de bonne volonté et d'apaisement de la part de celui qui doit assumer un bilan gouvernemental sans pour autant s'en laisser plomber. Ainsi le maire PS d'Évry et très proche de Manuel Valls, Francis Chouat, fait-il valoir, dans Le Figaro ce mercredi :

Je pense qu'il faut un premier acte de rassemblement, dont la composition de l'organigramme peut être le signe.

"C'est un signe d'élargissement", abonde un autre proche de l'ex-Premier ministre dans Le Parisien au sujet du choix de Didier Guillaume pour diriger la campagne.

Certains responsables fidèles à François Hollande ont déjà affiché leur soutien à Manuel Valls, à l'instar de Bruno Le Roux, Michel Sapin ou Jean-Yves Le Drian. Mais il en faudra cependant plus pour s'attacher le pardon de tous les hollandais, dont un bon nombre parlent de "trahison", ce dont l'intéressé se défend énergiquement.

Sans prononcer le mot officiellement, le fidèle Stéphane Le Foll a ainsi très clairement marqué sa réticence à rouler pour l'ancien résident de Matignon, cette semaine. Même chose pour François Rebsamen, qui a même évoqué - suprême provocation - la possibilité de voter pour Emmanuel Macron. Quant à Jean-Marc Ayrault, il a lui aussi refusé de se positionner.

Et outre les hollandais, Manuel Valls devra également compter les aubrystes dans ses rangs s'il veut s'imposer comme le candidat central du PS. Des ralliements individuels ont commencé à se dessiner, mais la maire de Lille elle-même n'en sera vraisemblablement pas. Lundi soir, elle a ainsi indiqué qu'il n'était "pas évident" pour elle de le soutenir, rappelant qu'il avait théorisé les deux gauches "irréconciliables" et ajouté :



Il n'y a pas deux gauches. Et s'il y a deux gauches, c'est qu'il y en a une qui est devenue de droite.

[Edit 11h20 : ajout confirmation à l'AFP]





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