Législatives : des militants En Marche ! s'opposent à l'investiture de Claire O'Petit, figure des "Grandes Gueules" de RMC

Publié à 13h25, le 16 mai 2017 , Modifié à 17h04, le 16 mai 2017

Législatives : des militants En Marche ! s'opposent à l'investiture de Claire O'Petit, figure des "Grandes Gueules" de RMC
Claire O'Petit © DR

Les auditeurs de RMC connaissent son *franc-parler*. Claire O'Petit, invitée régulière de l'émission Les Grandes Gueules, a été désignée comme candidate En Marche ! aux législatives dans la 5e circonscription de l'Eure. Mais tout le monde n'est pas d'accord avec ce choix.

Ce mardi 16 mai, plusieurs militants d'En Marche ! ont saisi en urgence la commission d'éthique et la commission nationale d'investiture de La République en marche pour s'opposer à cette nomination. En cause, notamment, le fait que, selon eux, Claire O'Petit ne remplit pas les critères de sélection de la CNI, notamment concernant le "renouvellement", la candidate s'étant déjà présentée en 2007 et en 2012 aux législatives sous l'étiquette MoDem. 

Mais ce sont plus vraisemblablement certains mots prononcés par Claire O'Petit au micro des Grandes Gueules qui posent problème. "En ayant tenu à la radio des propos outranciers ciblant des personnes aussi diverses que : certaines minorité dont les Roms, les professeurs, les socialistes, les écologistes et certains investisseurs étrangers, madame O'Petit est objectivement en contradiction avec la Charte [des valeurs d'En Marche !]", écrivent les militants.

Dans leur missive, ces militants recensent les mots de Claire O'Petit, avec parfois une très grande mauvaise foi. En voici quelques-uns :

Sur les femmes. Nous sommes en 2014. Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, a créé la polémique en parlant des salariées "illettrées" de l'usine Gad. Claire O'Petit s'indigne et accuse le ministre de prendre les employées de Gad pour des "connes" : "Je suis extrêmement choquée. Déjà, pourquoi avoir donné en pâture les femmes ? [...] C’est les femmes qui ont pas leur permis. C’est les femmes qui sont des connes."



Sur les Roms. Nous voici en août 2011. Des Roms viennent d'être expulsés de la porte d'Aix à Marseille. "Il y a certainement chez eux une culture qui n'est pas la nôtre", déclare Claire O'Petit sur RMC.  

Sur les socialistes. Nous sommes en janvier 2015. Samia Ghali a accusé le PS d'avoir fait preuve de racisme à son égard à l'occasion des municipales. Claire O'Petit approuve : "J’en suis absolument persuadée : évidemment que le Parti socialiste est raciste. Il leur en faut un petit peu, ça c’est sûr. Je viens du 93, je suis désolée, je le sais. C'est-à-dire que l'on veut bien un petit peu d’arabes parce qu’il faut le vote arabe, mais surtout on leur donne pas de circonscription gagnante. (…) Les socialistes sont des racistes primaires."



En revanche, les militants déforment allègrement les propos de Claire O'Petit, l'accusant d'avoir dit "qu'elles [les féministes] aillent se faire avorter dans le fond d’une cuisine". Sauf que non. Lors d'un débat en 2013 sur la pénalisation des clients de prostituées, elle disait : "Une femme qui était obligée d'aller se faire avorter dans le fond d'une cuisine avec un morceau de fer, […] ça n'a strictement rien à voir avec un mec qui a la zézette bien raide et qui vont se payer une gamine de 19 ans."



Et sur les féministes encore, on ne comprend pas trop ce que les militants reprochent à Claire O'Petit lorsqu'ils reprennent sa réaction, en 2014, à une enquête d'un collectif sur le prix supérieur des rasoirs pour femmes : "On se fait avoir parce qu’on le veut. [...] Ça fait des années que je prends des rasoirs hommes. [...] Je prends un après-rasage pour hommes, sous les bras".



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