Législatives : l’incompréhension de Jean-Frédéric Poisson, nettement distancé par LREM dans sa circo

Publié à 07h07, le 12 juin 2017 , Modifié à 07h07, le 12 juin 2017

Législatives : l’incompréhension de Jean-Frédéric Poisson, nettement distancé par LREM dans sa circo
© AFP

Il menait une campagne old school, misant tout sur le terrain et sa longue expérience d’élu local. Jean-Frédéric Poisson se disait "relativement confiant", misant sur un score de 28%. Il n’en est rien : le député sortant de la dixième circonscription des Yvelines est largement distancé par sa concurrente LREM Aurore Bergé, qui obtient 46,63% des suffrages contre 19,12%.

Une lourde défaite annoncée pour le président du Parti chrétien-démocrate qui, visiblement, ne s’y attendait pas. Dans un message Facebook publié lundi 12 juin, "JFP" exprime son "incompréhension" face à ce résultat, qu’il qualifie de "gifle" et même de "baffe comme on en prend rarement en politique" :

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C'est une gifle pour nous, très clairement. Je salue la victoire de ma concurrente pour le premier tour. Je souhaite, à ce stade, vous répéter que pour nous, pour moi, c'est une baffe comme on en prend rarement en politique.



Il est, d'une certaine manière, incompréhensible, dans ce contexte qu'après tant d'heures données au service de ce territoire, des habitants et des communes, tout le travail qui a été fourni ne soit pas reconnu dans les urnes comme, peut-être, il pourrait l'être. On entre pas en politique pour recevoir des gratifications ou de la gratitude. Mais à la fin du compte, même si on est pas forcément entré en politique pour cela, je reconnais qu'il y a une forme de violence dans le résultat de ce soir que je subis avec ma suppléante Pascale Gautheret, et dont nous tirons un certain nombre de conséquences.

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Malgré tout, il subsiste en Jean-Frédéric Poisson un infime espoir qui le fait appeler à battre le parti d’Emmanuel Macron :

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Nous sommes en face d'une forme de 18 brumaire démocratique, il est en train de se préparer à l'Assemblée Nationale une domination sans précédent d'une formation politique dont le projet est flou, dirigé par un Président de la République qui dévoile peu à peu ses intentions, qui muselle la presse, qui s’apprête à démanteler le Code du travail, qui, effectivement, installe petit à petit un matraquage fiscal comme jamais nous n'en avons connu et en définitive, c'est ce projet que les Français choisissent aujourd’hui.



La question qui est posée pour dimanche prochain est très simple : est-ce que nous voulons vraiment entrer dans une France dans laquelle il y aurait un exécutif à peu près tout puissant avec un Parlement qui serait aux ordres et une opposition que serait finalement réduite aux acquêts.

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Jusqu’ici sur la réserve dans ses attaques contre Aurore Bergé, Jean-Frédéric Poisson a pointé sa méconnaissance du "territoire" et ses ambitions ministérielles :

 

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Est-ce que vous voulez, ici, dans cette circonscription, avoir comme député quelqu'un qui ne connaît pas le territoire, qui ne s'y intéresse finalement pas plus que ça, puisque, le message qui est passé par madame Bergé et par son suppléant c'est que madame Bergé entrera au gouvernement et que monsieur Schmidt deviendra député. Est-ce que c'est ça que vous voulez ?

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"Combattu, toujours ; battu, parfois ; abattu, jamais", a-t-il conclu.

De son côté, Aurore Bergé a salué une "incroyable campagne de terrain [...] pour le rassemblement et la réforme, pour le renouvellement, pour la confiance retrouvée". La candidate LREM avait reçu le soutien du Premier ministre Édouard Philippe, dans une vidéo publiée jeudi.

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