Les anciens ministres Benoit Hamon et Aurélie Filippetti relancent l'idée du droit de vote des étrangers

Publié à 08h46, le 03 février 2016 , Modifié à 09h19, le 03 février 2016

Les anciens ministres Benoit Hamon et Aurélie Filippetti relancent l'idée du droit de vote des étrangers
Aurélie Filippetti et Benoit Hamon © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

"Commencer le quinquennat par la promesse du droit de vote des étrangers aux élections locales et le terminer sur la déchéance de nationalité des binationaux, une telle transhumance politique et intellectuelle déboussole." Ainsi parlait Benoit Hamon dans le JDD, fin décembre. Alors l'ancien ministre, avec Aurélie Filippetti et 33 autres députés de gauche, décide de relancer l'idée du droit de vote des étrangers aux élections locales, vous savez, cette promesse du candidat François Hollande en 2012 qui "bute contre le mur des réalités" comme le disait Manuel Valls.

L'ex-ministre de l'Éducation s'en est ainsi félicité sur Twitter :

Concrètement, cet amendement veut permettre aux "étrangers majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques, non ressortissants de l'Union européenne et résidant régulièrement en France", de pouvoir voter aux élections locales. Et le contexte lourd de menace terroriste est, entre les lignes, un argument de poids pour les défenseurs de cette mesure.

Le texte ajoute :

"

L'unité de la nation implique la concorde entre tous ceux qui y résident régulièrement, qu'ils soient de nationalité française ou étrangère ? Cette concorde implique une participation pleine et entière de tous à la vie locale.

 

"

Et l'amendement de souligner que les étrangers qui vivent régulièrement en France "respectent la loi, travaillent, paient des impôts et des cotisations sociales" et sont donc "parties prenante de la construction de l'avenir du pays".

Cet amendement, bien que reprenant pourtant une promesse de François Hollande – voire de François Mitterrand en 1981 – n'a que peu de chances d'être retenu. Ce qui n'empêche pas certains, tel Jean-Luc Mélenchon, de saluer l'initiative. L'ancien co-président du Parti de gauche en profite pour dénoncer cette idée inacceptable de "Français de souche". Ce qui ne devrait pas lui attirer que des amis…

 

 

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