Les deux vainqueurs des primaires, François Fillon et Benoît Hamon, éliminés dès le premier tour

Publié à 20h15, le 23 avril 2017 , Modifié à 20h15, le 23 avril 2017

Les deux vainqueurs des primaires, François Fillon et Benoît Hamon, éliminés dès le premier tour
François Fillon et Benoît Hamon © Montage via AFP
Image Julien Chabrout


A droite, comme à gauche, certains ne voyaient déjà pas d’un bon présage le principe d’une primaire interne à un ou plusieurs parti pour désigner son candidat à la présidentielle. En novembre, juste avant la primaire de la droite, Henri Guaino avait ainsi qualifié la primaire "d’escroquerie démocratique". Le député LR ne va sans doute pas changer de position, ce dimanche 23 avril.

Les deux vainqueurs de la primaire LR et de la Belle Alliance Populaire (BAP), François Fillon et Benoît Hamon, ont été tous les deux éliminés dès le premier tour de la présidentielle. Le candidat LR a obtenu 19,5% des voix selon les premières estimations, quand celui du PS et de ses alliés a récolté 6,2% eviron. Les deux candidats qualifiés pour le second tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ne sont donc quant à eux pas passés par une primaire.

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont toujours refusé de participer à une primaire élargie, à gauche, avec les socialises et écologistes. Au grand dam du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. L’ancien ministre de l’Economie et le député européen avaient dans un premier temps un intérêt commun : affaiblir le candidat du PS. Mission plutôt réussie, donc, et ce même si Bernard Cazeneuve avertissait le candidat d’En Marche! et celui de la France insoumise, le 31 décembre, estimant que "l’histoire jugera très durement".

Elle devrait en revanche juger négativement Benoît Hamon. Arrivé en cinquième position, loin derrière les quatre candidats placés devant lui, le candidat du PS fait à peine mieux que le pire score de l’histoire réalisé par un candidat socialiste : Gaston Defferre, en 1969 (5 %). En cause, une campagne présidentielle de Benoît Hamon jugée peu réussie, un parti de plus en plus divisé au fil de la campagne, les soutiens de plusieurs ténors du PS apportés à Emmanuel Macron, comme Manuel Valls ou Jean-Yves Le Drian, vécu comme des "trahisons" par Benoît Hamon et un accord avec EELV ayant traîné pendant des semaines avant d’être définitivement scellé fin février.

Quant à François Fillon, lui aussi large vainqueur de sa primaire, en novembre dernier, il paye surtout les affaires. Le 14 mars dernier, le candidat LR à la présidentielle avait été mis en examen dans l’affaire des emplois fictifs présumés de son épouse et de deux de ses enfants notamment pour "détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux".

Plusieurs membres de l’équipe de campagne de François Fillon pour la présidentielle, comme le directeur de campagne Patrick Stefanini, le porte-parole Thierry Solère, l’ancien candidat à la primaire Bruno Le Maire ou encore des juppéistes avaient quitté le navire début mars. C’était juste avant le rassemblement parisien du Trocadéro le 5 mars. Ce rendez-vous crucial a été considéré comme une réussite, de même que son intervention télévisée dans la foulée sur France 2. Souvent évoqué comme un possible "plan B", Alain Juppé avait alors été contraint d’annoncer qu’il ne serait pas candidat le 6 mars depuis son fief de Bordeaux.

On peut désormais se demander si Les Républicains et le Parti socialiste organiseront une primaire, en 2021, pour désigner leurs candidats en vue de la présidentielle de 2022. Ou si l’expérience finalement malheureuse de 2016 et 2017 aura sonné le glas de la primaire.

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