Les éléments de langage du camp Hollande pour dissuader les électeurs de gauche de voter Juppé à la primaire de droite

Publié à 08h44, le 18 octobre 2016 , Modifié à 08h44, le 18 octobre 2016

Les éléments de langage du camp Hollande pour dissuader les électeurs de gauche de voter Juppé à la primaire de droite
François Hollande et Alain Juppé, en 2013. © MEHDI FEDOUACH / AFP

François Hollande le sait : la seule chance que la gauche survive au premier tour de l’élection présidentielle en 2017 serait que Nicolas Sarkozy représente la droite (et donc, gagne la primaire). Alors, la majorité concentre ses attaques contre le favori des sondages pour cette primaire, Alain Juppé. Et veut dissuader les électeurs de gauche d’aller voter pour le maire de Bordeaux afin de faire barrage à Nicolas Sarkozy.

C’est le sens de l’argumentaire envoyé par un proche de François Hollande à des élus locaux et régionaux socialistes et que révèle ce mardi 18 octobre BFM TV. Le titre de cet argumentaire est limpide :

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Lettre à un électeur de gauche qui envisage de voter Juppé à la primaire de la droite.

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"Tu souhaites la victoire de la gauche en 2017. Tu la souhaites tellement que tu es prêt à aller voter Juppé à la primaire de la droite pour éviter Sarkozy. Mais pour que la gauche gagne en 2017, il faut que le candidat de la gauche soit présent au second tour de la présidentielle", poursuit le document avant d’égrener les éléments de langage anti-Juppé à mettre en avant. Et il y en a trois principaux, tous en référence au passé du maire de Bordeaux :

1. Il a été Premier ministre il y a fort longtemps, en 1995.

"Lui Président, ce n'est pas la modernité, ni le renouvellement, c'est une très longue carrière ministérielle, commencée en 1986. Il a été Premier ministre de Jacques Chirac en 1995", rappelle l’argumentaire.

2. Il a mis du monde dans la rue

L’auteur du texte rappelle également la réforme des retraites menée en 1995 par Alain Juppé, alors à Matignon : "Il a mis la France dans la rue par sa réforme brutale des retraites".

3. Il a été condamné

L’attaque est aussi utilisée par les rivaux d’Alain Juppé dans son camp : rappeler son passé judiciaire (même s’il paraît qu’il vaut mieux avoir un passé qu’un avenir dans la matière). La République exemplaire, ce n’est donc pas lui :

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Il a été condamné à 14 mois de prison avec sursis et 1 an d’inéligibilité pour prise illégale d'intérêt. (...) Il a été un élément clé d'un système de financement occulte d'emplois au sein du RPR.

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Enfoncer Juppé, pour tenter de converser une chance de passer le cut du premier tour de la présidentielle, est désormais l’angle d’attaque privilégié de la gauche de gouvernement. Une charge débutée par Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, qui estimait que "Juppé à la primaire, c’est Marine Le Pen aux législatives". Cette impression qu’Alain Juppé est devenue la cible numéro 1 du PS a ensuite confirmée deux jours plus tard dans l’édito vidéo du Premier secrétaire socialiste.

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