Les exemples bancals de Nicolas Dupont-Aignan pour critiquer le refus de TF1 de l’inviter au débat télévisé

Publié à 09h47, le 20 mars 2017 , Modifié à 13h16, le 20 mars 2017

Les exemples bancals de Nicolas Dupont-Aignan pour critiquer le refus de TF1 de l’inviter au débat télévisé
© Europe 1
Image Amandine Réaux


"On verra." Nicolas Dupont-Aignan n’est même pas sûr de passer la soirée du lundi 20 mars devant le débat télévisé organisé par TF1 auquel il n’a pas été invité. Sur Europe 1 ce lundi, le candidat Debout la France ne décolère pas contre la chaîne privée, après le rejet de son recours par le Conseil d’État. Il déclare :

Je connais par cœur ce qui va être dit. Je n’aime pas les manipulations et les injustices. Je suis comme ça.

Et le député-maire de Yerres (Essonne) d’expliquer que le critère des sondages sur lequel se base TF1 est "absurde". Pour cela, "NDA" s’appuie sur les exemples… bancals de Benoît Hamon et François Fillon :

C’est pas à une chaîne de télévision de sélectionner en avance les candidats. Elle ne l’a pas fait pour les primaires. Si elle prenait le critère qu’a pris TF1 pour le débat, les sondages, ni monsieur Hamon, qui était à 2%, n’aurait pu être le candidat socialiste et vous ne le verriez pas ce soir, ni monsieur Fillon à l’époque qui était à moins de 10%, à 8%. Ça veut dire que ce qui est choisi comme critère est un critère absurde.

Sauf que Benoît Hamon n’a été crédité qu’une fois de 3%, dans un sondage BVA datant de juillet 2016 et sans que l’on connaisse la liste des prétendants à l’investiture PS. À un mois et demi de l’échéance, le député des Yvelines était à 11%, puis à 22% à quinze jours du premier tour. De même, à un mois du premier tour de la primaire de la droite, François Fillon n’était pas à "moins de 10%" mais à 11% en moyenne. Si TF1 avait choisi les mêmes critères pour les primaires, Benoît Hamon et François Fillon auraient donc pu participer aux débats, contrairement à ce qu'affirme "NDA".

Nicolas Dupont-Aignan, à un mois du premier tour de la présidentielle, est lui toujours crédité d’environ 3%. D’où la décision de la plus haute juridiction administrative : "Compte tenu tant de la représentativité de monsieur Dupont-Aignan que de sa contribution au débat électoral, le temps de parole et d'antenne dont il a bénéficié depuis le début du mois de février 2017 ne traduit pas un déséquilibre incompatible avec le respect du principe d'équité".

Samedi soir, "NDA" a mis en scène son départ du plateau du JT de TF1 pour protester contre la décision de la chaîne privée. Sur les réseaux sociaux, la vidéo a été visionnée plus de 11 millions de fois à l’heure où nous écrivons ces lignes.

"Au mépris des décisions [du CSA et du Conseil d’État] et alors que précisément on lui donnait l'occasion d'exposer son programme sur le plateau du 20 heures, Nicolas Dupont-Aignan a estimé nécessaire de prendre les téléspectateurs en otage sur une supposée 'manipulation médiatique'", a déploré le groupe TF1 dans un communiqué.





[BONUS TRACK]

Nicolas Dupont-Aignan a reçu un message d'encouragement inattendu de Nathalie Kosciusko-Morizet. Sur BFMTV, l'ex-candidate à la primaire de la droite, qui elle-même n'avait pas eu droit à certaines émissions en raison de son faible score dans les sondages, lui a dit que l'on pouvait "s'en sortir sans" :

On a le droit de contester la règle. Et d’ailleurs, moi, pendant la primaire de la droite, je l’avais contestée parce qu’il y avait des chaînes qui triaient entre certains candidats et les autres et j’avais eu moins d’émissions majeurs que certains candidats qui d’ailleurs parfois ont fait moins que moi au score. J’avais par exemple pas pu faire l’émission de Karine Le Marchard, j’avais pas eu la grosse émission politique de France 2, qui avait eu un candidat comme Bruno Le Maire, qui finalement a fini derrière. Comme quoi, d’ailleurs, on peut s’en sortir sans.

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