"Les gens qui ne sont rien" : Hamon souligne la répétition de "ce genre de dérapage" de Macron

Publié à 10h54, le 03 juillet 2017 , Modifié à 15h41, le 03 juillet 2017

"Les gens qui ne sont rien" : Hamon souligne la répétition de "ce genre de dérapage" de Macron
Benoît Hamon et Emmanuel Macron lors d'un débat présidentiel.
Image Sébastien Tronche


"Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien." Cette phrase prononcée par Emmanuel Macron, jeudi 29 juin, lors de l’inauguration de la Station F, un incubateur de start-up à Paris, fait polémique. Plusieurs personnalités politiques, à l’instar de Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen ou Florian Philippot, ont demandé au chef de l’Etat de s’excuser. Ce n’est pas le cas de Benoît Hamon, qui parle néanmoins de "dérapage". Mais l’ex-candidat à la présidentielle souligne la répétition de ce "genre de dérapage" de la part d’Emmanuel Macron.

Invité de Franceinfo ce lundi 3 juillet, le mangeur notoire de kebab fondateur du "mouvement du 1er juillet" rappelle donc les sorties polémiques d’Emmanuel Macron depuis qu’il est sous le feu des projecteurs politiques :

Si c’était la première fois qu’il faisait ce genre de dérapage, on ne dirait pas cela. Le problème, c’est qu’il y a eu les illettrés, on se souvient du t-shirt, il y a une forme de répétition qui ressemble à une forme de mépris de classe.

Benoît Hamon fait ici d’abord référence à des propos d’Emmanuel Macron, tenus le 17 septembre 2014 sur Europe 1, juste après avoir été nommé ministre de l’Economie par François Hollande dans le gouvernement de Manuel Valls. Alors qu'il parlait des salariés des abattoirs bretons Gad, Emmanuel Macron avait alors déclaré : "Il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées." Il s’était ensuite expliqué et excusé le jour même lors des questions au gouvernement.

Quant au "t-shirt" dont parle Benoît Hamon, il évoque une scène où Emmanuel Macron, interpellé par un militant CGT en t-shirt, lui avait rétorqué : "Vous n'allez pas me faire peur avec votre t-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler." "On ne tutoie pas un ministre, on ne l’invective pas", avait-il encore ajouté quelques jours plus tard comme justification.

Sur le fond, Benoît Hamon cependant "voit bien ce qu’il (Emmanuel Macron, ndlr) veut dire". "C’est qu’il y a tout le monde dans une gare. Mais c’est plus simple de le dire comme ça qu’en parlant de ceux qui réussissent et ceux qui ‘ne sont rien’", persifle le désormais ancien socialiste. Qui ajoute :

Parce que "n’être rien" va au-delà de dire "ceux qui n’ont pas réussi" dans l’idée qu’il se fait de la réussite qui manifestement est une réussite pécuniaire et économique. 

"Il procède plus par ignorance, méconnaissance de ce qu’il se passe et une vraie distance avec l’existence du peuple", conclut Benoît Hamon.

[BONUS TRACK] RI-DI-CU-LE

Comme lors de son discours du 1er juillet pour lancer son nouveau mouvement et annoncer son départ du PS, Benoît Hamon s’est moqué du président "jupitérien". "Cette posture jupitérienne je la trouve un peu ridicule. Jupiter, c’est ridicule", insiste-t-il. Et de railler aussi Bruno Le Maire qui s’était présenté comme Hermès, le messager de Macron-Jupiter tout en demandant à l’exécutif de redescendre sur Terre :



Avec derrière les ministres qui s’inventent Hermès pour Bruno Le Maire. Donc, qu’il se revendique comme le dieu des messagers et des marchands, je rappelle que c’était aussi le dieu des voleurs, donc pour un ministre de l’Economie c’est un peu embêtant. Tout ça est ridicule. Se comparer aux dieux, c’est ridicule. A un moment il faut peut-être un peu atterrir. On peut vouloir la 5e République, incarner une figure forte dans la direction d’un pays et pas être obligé d’aller puiser dans la mythologie grecque ou romaine des images…

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