Des élus de la droite et du centre lâchent en masse François Fillon

Publié à 16h27, le 02 mars 2017 , Modifié à 18h06, le 02 mars 2017

Des élus de la droite et du centre lâchent en masse François Fillon
Benoist Apparu et Édouard Philippe. © Montage Le Lab via AFP

L'hémorragie continue. Jeudi 2 mars, trois parlementaires juppéistes publient un communiqué commun pour annoncer qu'ils lâchent François Fillon, prochainement mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse Penelope et ses enfants comme assistants parlementaires. Benoist Apparu, Édouard Philippe et Christophe Béchu estiment aujourd'hui que "la tournure que prend la campagne" paraît "incompatible" avec leur engagement politique. Ils écrivent :

Nous avons soutenu François Fillon aussitôt après la primaire. Y compris lorsqu'il nous a demandé de l'aider à affronter les difficultés auxquelles il a dû faire face. Aucun de nous n'a manqué à son devoir de soutenir le candidat légitime, ainsi que l'homme, en défendant par la même occasion le principe de présomption d'innocence.



La tournure que prend aujourd'hui la campagne nous paraît incompatible avec notre façon d'envisager l'engagement politique. Dans l'exercice de nos mandats de maire, nous œuvrons tous les jours pour convaincre nos concitoyens de la nécessité de respecter nos institutions, et nous nous employons à construire dans le temps, en respectant nos engagements, une crédibilité et une confiance sans lesquelles il ne peut y avoir de gouvernement efficace et durable.



Ne pouvant plus soutenir le candidat, nous nous retirons de sa campagne. Nous continuerons à nous battre pour nos idées, en appelant chacun à ses responsabilités.

Notons que Benoist Apparu a été (tant bien que mal), dès le lendemain de la victoire de François Fillon, son porte-parole, après avoir été celui d'Alain Juppé.

Dans une interview à Public Sénat, le sénateur juppéiste Jean-Baptiste Lemoyne a également lâché François Fillon, comme nous le confirme son entourage. Il affirme :

À partir du moment où on se rend compte qu’on n’est plus en capacité d’unir la famille, est-on en capacité d’unir la France ? La question est posée. Et je demande au candidat de se la poser. Les yeux dans les yeux. Cher François Fillon, pose-toi la question. Car au delà des personnes, c’est vraiment l’intérêt du pays et de la famille politique de la droite et du centre.

Gilles Boyer, trésorier de la campagne et ex-directeur de campagne d'Alain Juppé, a lui aussi annoncé son retrait dans un tweet :

Le conseiller d'Île-de-France et juppéiste Pierre-Yves Bournazel a également lâché François Fillon dans un SMS relayé par un journaliste de L'Express :

Ils sont désormais plus de 40 à s'être retirés de la campagne du candidat LR. Mercredi, François Fillon a maintenu sa candidature malgré sa convocation, le 15 mars prochain, chez les juges d'instruction, contre l'avis de certains de ses proches. Bruno Le Maire et ses soutiens, le sarkozyste Pierre Lellouche ou encore la juppéiste Fabienne Keller ont lâché leur poulain désigné par la primaire. Plusieurs parlementaires, comme Franck Riester et Georges Fenech, ont appelé les maires à parrainer Alain Juppé.

En outre, l'UDI a suspendu sa campagne pour François Fillon.

Dans une tribune publiée dans L'Opinion, 21 maires de la droite et du centre, dont Laurent Hénart (Parti radical) et Valérie Debord (ex-porte-parole de LR) appellent François Fillon à renoncer à sa candidature. "Un pacte moral a été rompu", déplorent ces élus locaux.

Ces défections en série ne sont pas pour effrayer le principal intéressé. "La base, elle, tient", s'est targué François Fillon jeudi lors d'un déplacement à Nîmes. L'ex-Premier ministre a bien fait comprendre qu'il ne lâcherait rien, comme le montre cette remarque rapportée par un journaliste du Monde :

[EDIT 18h04] Modification du titre après des défections en masse. Titre original : "Les juppéistes Benoist Apparu, Édouard Philippe et Christophe Béchu lâchent à leur tour François Fillon"

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