Les petites allusions de Jean-Luc Mélenchon pour dézinguer la notion de "Français de souche"

Publié à 13h16, le 17 avril 2015 , Modifié à 16h42, le 17 avril 2015

Les petites allusions de Jean-Luc Mélenchon pour dézinguer la notion de "Français de souche"
Jean-Luc Mélenchon © NICOLAS TUCAT / AFP

AVEC MA GUEULE DE MÉTÈQUE - Il est "pour ainsi dire charnel", l'amour de Jean-Luc Mélenchon pour la France. C'est le titre d'une tribune du fondateur du Parti de Gauche que Marianne publie vendredi 17 avril, dans un numéro spécial consacré au thème "Et si on aimait la France".

"Charnel", notamment, quand chanter La Marseillaise lui procure ce "sentiment amoureux", juste "entre la chair et l'os". "Pourtant, écrit-il, cet amour ne s'attache à aucun paysage en particulier, aucun terroir, aucun terrier. Juste l'idée."

Cette idée, l'ancien candidat à la présidentielle y croit peut-être plus encore du fait de ses origines étrangères, lui qui est né au Maroc de parents Français et de grands-parents espagnols et sicilien. Jean-Luc Mélenchon écrit :

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Les miens ont choisi d'être français. Une passion transmise que ne peuvent peut-être pas comprendre ceux qui ont trouvé leur carte d'identité dans mille ans de banale reproduction biologique.

 

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C'est à partir de là que, dans son texte, Jean-Luc Mélenchon va par petites touches dézinguer l'idée de "Français de souche". Sans jamais utiliser l'expression elle-même - probablement une sage précaution compte-tenu des exemples récents - mais en apostrophant très clairement "Le Pen" (père, fille et petite-fille ensemble ?) et en proclamant une forme de supériorité des "nouvelles branches" sur les "vieilles souches" :

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Comme je te plains, Le Pen, de ne rien savoir d'un amour choisi ! Si tu savais quelle passion nous ressentons, nous autres les métèques de tout poil ! Nos souvenirs sont plus purs que les tiens. Ils sont consignés officiellement dans les livres d'histoire. Nos ancêtres sont donc exempts de tous les crimes des vôtres dont notre histoire nationale est aussi faite. Nous pardonnons à ceux des vieilles souches ! Nous autres les nouvelles branches, nous aimons tant ce pays !

 

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Pour rappel, Marine Le Pen a récemment changé d'avis sur l'expression "Français de souche", dont elle assure aujourd'hui ne pas être fan. Ce qui n'était pas forcément évident au vu de ses précédentes déclarations sur le sujet.

Mais revenons à notre Mélenchon, qui clame donc son amour de "l'idée" France pour des raisons philosophiques plus que "biologiques". À son sens, l'identité française ne réside ni dans la délimitation de son "territoire", ni dans la prégnance de l'une ou l'autre "religion", ni même dans une "couleur de peau" ou encore une "langue". Il trouve son essence dans sa devise, "Liberté, égalité, fraternité", qu'il oppose au passage à d'autres mots utilisés outre-Rhin :

 

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Quand l'Allemagne écrit sur son nouveau Bundestag 'Dem Deutsche Volke' ['Le peuple allemand', ndlr], elle nomme l'appartenance de chacun à une ethnie. Nous, nous nommons ce qui nous permet d'appartenir à l'humanité universelle.

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Il appuie :

 

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D'aucuns croient que leur souche est dans leur berceau, nous savons qu'elle est dans notre volonté et dans nos actes.

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Pour être sûr d'avoir fait passer son message, et filant la métaphore boisée, il conclut :

 

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Aimer la France, c'est commencer à comprendre de quel bois est faite l'espérance d'égalité humaine.

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