Les petits messages politiques de François Hollande dans son interview sur l’équipe de France

Publié à 13h50, le 10 juillet 2016 , Modifié à 13h58, le 10 juillet 2016

Les petits messages politiques de François Hollande dans son interview sur l’équipe de France
© FRANCK FIFE / AFP

Ce dimanche 10 juillet, jour de la finale de l’Euro, qui opposera la France et le Portugal, François Hollande a accordé une interview au JDD. Alors, officiellement, il s’agit uniquement de football, sport qu’affectionne particulièrement le chef de l’Etat, qui n’a manqué aucun match des Bleus depuis le début de la compétition. Mais le Lab a décelé, dans les propos du Président, quelques messages politiques…

# Aveugles aux polémiques

Avant le début de l’Euro, l’équipe de France a été marquée par l’affaire de la sextape de Matthieu Valbuena, dans laquelle Karim Benzema a été mis en examen. Didier Deschamps a décidé de ne pas sélectionner l’attaquant du Real Madrid, mais ce dernier a laissé entendre que ce choix avait été fait en fonction de ses origines algériennes. Pourtant, tout allait bien chez les Bleus lorsque François Hollande les a rencontrés à Clairefontaine. Il dit :

 

"

J’ai trouvé qu’il y avait une excellente ambiance entre eux. [...] Ils n’étaient pas dérangés par les polémiques existantes. [...] Ils étaient protégés car ils avaient décidé de se protéger.

"

François Hollande, lui non plus, ne semble pas "dérangé" par les polémiques existantes. Concernant la loi Travail, tiens, par exemple. Alors que les syndicats ont organisé douze journées de manifestations pour protester contre le texte porté par Myriam El Khomri, alors que la droite a refusé de voter le texte après avoir envisagé de le faire, et alors que sa majorité est divisée et que le gouvernement a dû utiliser le 49.3 une deuxième fois, le chef de l’Etat n’a pas reculé. Comme s’il s’était "protégé", somme toute.

# Le rebondissement, c’est maintenant

Les Bleus n’ont pas toujours été aussi en forme qu’ils le sont pendant cet Euro, particulièrement lors des derniers matches. Ce qu’a noté avec soin le chef de l’Etat :

 

"

Depuis le début, ils ont de l’envie. Certains joueurs avaient envie de prendre une revanche sur les déconvenues qu’ils ont connues en équipe de France ou dans leurs clubs, Giroud n’a pas toujours été aussi aimé qu’il l’est aujourd’hui, Payet avait eu des difficultés également. Il y avait eu des blessés. Ils avaient quelque chose à démontrer, et ils l’ont fait. Ils l’ont démontré collectivement et ça a fait leur succès. Ils ont réussi, étape après étape, à faire osmose, harmonie, à faire équipe. Ils ont fait une équipe, ils sont une équipe.

"

L’allusion à la future campagne présidentielle de François Hollande est à peine cachée. A propos d’Olivier Giroud, on ne peut que penser à la (très) mauvaise cote de popularité du chef de l’Etat (12 points lors du dernier sondage), dont il espère qu’elle va remonter avant 2017 (même s'il n'est pas encore officiellement candidat). Enfin, le Président insiste sur l’esprit d’équipe, essentiel pour gagner. En visant indirectement les frondeurs et Emmanuel Macron, qui a lancé son propre mouvement politique et qui pourrait bientôt quitter le gouvernement pour préparer une candidature à la présidentielle.

# Oh captain, my captain

Le collectif, l’esprit d’équipe, c’est bien beau, tout ça. Mais il faut un capitaine pour coordonner le tout. D'où cet éloge du gardien Hugo Lloris :

 

"

Il y a Hugo Lloris, un capitaine très discret et très sûr, très sûr en tant que gardien et très sûr en tant que personne. Il rassure. C’est un capitaine très sage, très humain et très bon ! Un gardien, c’est essentiel. Une seule action peut être décisive, c’est lui qui donne la sécurité à l’équipe.

"

Discret, rassurant, sage, humain, bon, essentiel… Des qualités nécessaires à un capitaine d’équipe de football, qui ont tout l’air d’être celles requises pour exercer la plus haute fonction de l’Etat. Et que François Hollande s'attribue - indirectement. Enfin bon, on dit ça, on dit rien.

Du rab sur le Lab

PlusPlus