Les proches de Benoît Hamon assurent que les comptes de campagne auraient pu être plus élevés compte tenu des trahisons

Publié à 07h32, le 11 août 2017 , Modifié à 07h38, le 11 août 2017

Les proches de Benoît Hamon assurent que les comptes de campagne auraient pu être plus élevés compte tenu des trahisons
© AFP
Image Amandine Réaux


Avec quelque 15 millions d'euros, Benoît Hamon a été le deuxième candidat à la présidentielle le plus dépensier, derrière Emmanuel Macron. Et en rapportant cette somme au nombre de suffrages récoltés (2,2 millions), on s'aperçoit que le candidat PS a claqué 6,58 euros pour chaque voix obtenue. On a vu mieux comme rapport qualité-prix. Cela a fait s’interroger Julien Dray sur ces dépenses : cet intime de François Hollande demande "un audit" du budget de campagne.

Dans une tribune publiée dans Libération, vendredi 11 août, trois proches de Benoît Hamon répondent à Julien Dray avec l’argument de la loyauté. Ou plutôt de la "déloyauté". "Le niveau des dépenses du candidat socialiste au premier tour est inférieur à celui des principaux candidats des élections de 2007 et de 2012", assurent en préambule Régis Juanico (ex-trésorier de cammpagne), Mathieu Hanotin (ancien co-directeur de campagne) et Bastien Recher (ancien secrétaire général administratif), qualifiant la campagne de leur ancien champion de "sérieuse et sobre". Ils poursuivent :

Pourtant, avec un parti divisé, la déloyauté inédite de nombreux dirigeants socialistes, qu’ils aient fait défection ou pas vers le candidat d’En Marche ! et une campagne électorale éclair du fait d’une élection à la primaire tardive en janvier, le candidat avait toutes les raisons de compenser les difficultés par des dépenses supplémentaires. Ce choix n’a pas été fait et les dépenses sont restées dans le budget initial prévu.

Au mépris de leur engagement de la primaire de la Belle Alliance Populaire, Manuel Valls et François de Rugy avaient rejoint Emmanuel Macron avant même le premier tour. Mais les signataires de la tribune s'en prennent aussi à d'autres dirigeants socialistes qui, sans avoir rejoint le futur Président, n'avaient pas vraiment pris activement part à la campagne de Benoît Hamon.

Antoine Détourné, membre du conseil national du PS, a par exemple ironisé sur la faible implication de Julien Dray.





Selon les auteurs de la tribune, le reproche fait à Benoît Hamon est d’autant plus injuste que l’ex-candidat est "le seul candidat à avoir fait le choix très net de publier la liste intégrale de ses grands donateurs" :

A l’heure où les lobbys font peser un risque toujours plus grand sur l’intérêt général, où le risque de collusion crée une menace insupportable sur l’avenir de notre planète et de nos enfants, où les scandales sanitaires se multiplient, où les grandes industries freinent la transition écologique et où les citoyens se sont massivement abstenus parce qu’ils jugent de plus en plus souvent le politique comme un être corrompu et servant les seuls intérêts d’une caste opaque, n’y a-t-il pas plus urgent que de polémiquer ? N’est-ce pas le meilleur moyen d’éluder la véritable question qui est celle du lien entre le monde de l’argent et des intérêts privés avec celui de la politique et de l’intérêt général ?

Et d'établir le lien avec la loi pour la confiance dans la vie politique qui vient d'être votée à l'Assemblée nationale : "Il faudra bien plus que la suppression de la réserve parlementaire pour redonner confiance aux citoyens et garantir que l’intérêt général ne soit pas mis en danger par des intérêts privés."

La Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques rendra son verdict au mois de janvier et validera, ou non, la conformité des dépenses avant de procéder au remboursement.

Du rab sur le Lab

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