L'étrange exemple de Noël Mamère pour dénoncer les provocations policières place de la République

Publié à 11h02, le 03 mai 2016 , Modifié à 11h02, le 03 mai 2016

L'étrange exemple de Noël Mamère pour dénoncer les provocations policières place de la République
Noël Mamère © AFP

Noël Mamère est inquiet. Les violences observées durant les manifestations contre la loi Travail et pendant les rassemblements du 1er mai interpellent le député de Gironde. Lui qui a présidé la commission d'enquête sur les missions et modalités du maintien de l'ordre républicain créée après le décès de Rémi Fraisse en 2014, s'interroge sur les échauffourées observées ces derniers jours. Il dénonce notamment un climat, des "provocations" du côté des forces de l'ordre.

Invité de France Inter ce mardi 3 mai, Noël Mamère parle de ces violences. "On voit bien en ce moment ce qu'il est en train de se passer notamment à Nuit Debout où tous les jours et tous les soirs il se passe quelque chose avec la police qui essaye d'empêcher cette liberté d'expression. On a vu ce qu'il s'est passé le 1er mai et tout le monde vous dira comment elle s'est comportée", avance le parlementaire.

Après avoir considéré que la police est "excédée", que les forces de l'ordre sont "épuisées" et qu'elles ne touchent pas leurs heures supplémentaires "à cause de l'état d'urgence", Noël Mamère accuse Bernard Cazeneuve et Manuel Valls :

"

Je pense qu'il y a de la part du ministère de l'Intérieur et du Premier ministre une volonté de stigmatiser et de criminaliser ceux qu'on appelle aujourd'hui les membres de la Nuit Debout, tous ceux qui aujourd'hui essayent de se réveiller et de réveiller le débat démocratique et qui sont tous, c'est une évidence, des non-violents. Des casseurs, il y en a toujours eu. Et je pense que l'on pourrait procéder autrement qu'en installant un climat de tension. […] On voit bien que ce gouvernement n'ose pas dire qu'il ne veut plus de la Nuit Debout et de ces réunions sur les places de la République et d'ailleurs. Et donc qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien tous les soirs, il pratique de la provocation.

 

"

Et, pour illustrer ce "climat de tension" et cette "provocation", Noël Mamère prend un exemple concret, qui le touche personnellement puisqu'il l'a lui-même vécu. Et pas plus tard que la veille de son passage sur France Inter, en plus. Le problème est que son exemple est pour le moins surprenant. Il raconte :

 

"

Hier soir, quand je suis sorti de la station de métro de la République, il y avait des policiers et des CRS, enfin des gendarmes mobiles et des CRS qui vous demandaient d'ouvrir vos sacs avant de pénétrer sur la place de la République.

"

Un passage isolé par le Lab à réécouter ci-dessous :


C'est donc, entre autre, cette fouille des sacs que Noël Mamère considère comme une provocation. Cela n'excuse pas les débordements. Mais quand même, il s'agirait selon l'élu de l'illustration de ce "climat de tension", une preuve parmi d'autres qu'"il se passe quelque chose avec la police" tous les soirs. On conseille donc au député d'éviter de se rendre dans n'importe quel lieu public car, depuis les attentats du 13 novembre, ces fouilles sont généralisées. 

Du rab sur le Lab

PlusPlus