L'étrange parallèle des campagnes chaotiques de François Fillon et Donald Trump

Publié à 16h49, le 06 mars 2017 , Modifié à 09h16, le 07 mars 2017

L'étrange parallèle des campagnes chaotiques de François Fillon et Donald Trump
#CroisonsLes de Donald Trump et François Fillon. © @GuillaumeTC
Image Sébastien Tronche


Entendons-nous bien d’entrée, il ne s’agit ici pas de comparer le fond du discours et du programme de François Fillon à celui du populiste Donald Trump. Il s’agit de regarder les nombreuses et troublantes ressemblances entre les situations politiques des deux hommes un mois avant le verdict des urnes. Car le candidat Républicain devenu président des Etats-Unis et le candidat de LR issu de la primaire de la droite connaissent ou ont connu une situation chaotique très similaire dans le sprint final de leur élection présidentielle.

#La victoire surprise

Les deux hommes n’étaient pas les grands favoris mais tous deux ont largement remporté la primaire de leur camp pour s’installer, à la surprise générale, comme les candidats "républicains" aux élections présidentielles américaines et françaises. Et s’imposer de facto comme les hommes forts de leur parti.

#Les affaires

Un mois à peine avant le verdict des urnes pour départager Donald Trump et Hillary Clinton, le Républicain voit resurgir une vidéo dans laquelle il parle "d’attraper les femmes par la chatte". Une vidéo présentée alors comme potentiellement désastreuse pour le candidat et qui met largement son camp dans l’embarras.

Le timing n’est pas tout à fait le même pour François Fillon qui bénéficie d’un peu plus de temps pour essayer de remonter en selle. A peine deux mois et demi avant le premier tour de l’élection, François Fillon, favori des sondages depuis sa victoire à la primaire, voit, lui, le Canard Enchaîné révéler que l’ancien Premier ministre a embauché sa femme et ses enfants comme assistants parlementaires. Des emplois suspectés d’être fictifs. La tuile.

#L’isolement

Après ces deux affaires, François Fillon comme Donald Trump se retrouvent au cœur d’une polémique et lâchés par une immense majorité de leur camp. "Trump lâché par une partie des républicains avant le deuxième débat", écrit Le Monde le 9 octobre avant de publier, le 3 mars, concernant François Fillon :

François Fillon lâché de toutes parts.

Le parti Républicain cherche alors un plan B au truculent Donald Trump qui tient bon. François Fillon connait lui une importante fronde, lâché jusqu’au cœur de son équipe de campagne – départs de Thierry Solère, porte-parole de campagne, Patrick Stefanini, directeur de campagne… - et par une grande partie des ténors de LR (Bruno Le Maire, Christian Estrosi, les juppéistes) qui lui demandent de se retirer et proposent des plans B et même P comme Pécresse. Ils tiennent bon.

#La chute dans les sondages

Les partis des deux candidats les poussent alors à renoncer, pressurisés par des sondages en berne suite aux affaires. Donald Trump, un mois avant l’élection, est ainsi distancé par Hillary Clinton tandis que François Fillon est éjecté virtuellement du second tour de la présidentielle au profit de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "Où s'arrêtera la chute de Trump dans les sondages ?" s’interrogeait Le Parisien le 19 octobre. "Fillon dégringole dans un nouveau sondage", écrit ce 6 mars BFM TV.

#L’appel vers la base

Lâchés de toutes parts, François Fillon, comme Donald Trump, décident alors de jouer la base contre le parti, les militants contre les élus. "Donald Trump joue sa base contre les ‘élites de Washington’", écrit, toujours mi-octobre, Le Monde.

C’est la manœuvre tentée par l’ancien résident de Matignon lorsqu’il a appelé à un grand rassemblement de soutien à sa candidature au Trocadéro, en présence des rares élus qui le soutiennent encore alors que le candidat a été convoqué dans la semaine par les juges en vue de sa mise en examen. Face aux désertions, l’ancien Premier ministre lâche alors, mi-convaincu mi-méthode Coué :



La base, elle tient.

#Le résultat

Au final, Donald Trump a tenu bon face à ces défections et remporté l’élection présidentielle américaine contre Hillary Clinton. Quid de la campagne de François Fillon, s’il va jusqu’au bout ? Une victoire surprise ou l’échec annoncé ?

Du rab sur le Lab

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