L’eurodéputée Karima Delli candidate à la primaire EELV

Publié à 17h48, le 23 août 2016 , Modifié à 17h48, le 23 août 2016

L’eurodéputée Karima Delli candidate à la primaire EELV
Qui est candidat aujourd'hui ? © JACQUES DEMARTHON / AFP
Image Amandine Réaux


Elle hésitait. Après le retrait de Nicolas Hulot, Karima Delli avait plaidé pour l’organisation d’une primaire au sein d’EELV, qui s’imposait "plus que jamais" selon elle. Et puis, après les déclarations de deux de ses collègues du Parlement européen, Yannick Jadot et Michèle Rivasi, puis celle de Cécile Duflot, elle est sortie du bois ce mardi 23 août, deux jours avant le début des universités d’été de son parti à Lorient.

C’est dans un long mail à ses camarades, révélé par l’Obs et publié ensuite sur sa page Facebook, que la député européenne annonce sa candidature à la primaire EELV, qui se tiendra en octobre. Cette Roubaisienne de 37 ans, ancienne des collectifs "Jeudi noir" et "Sauvons les riches", se présente comme une "fille d’immigrés algériens, d’un ouvrier textile et d’une mère au foyer qui ont élevé 13 enfants". Elle se déclare dans ces termes :



Je suis candidate à l’élection présidentielle. Pas pour prendre date, mais pour être la voix de toutes celles et ceux qui ont déjà commencé à donner corps à la société écologiste. Et ils sont plus nombreux qu’on le croit !

Comme les trois autres prétendants à cette primaire, Karima Delli devra réunir les parrainages de 36 conseillers fédéraux (sur 240) le 31 août au plus tard. Les militants et sympathisants inscrits pourront ensuite voter, en échange d'une contribution financière. S'en suivra enfin une campagne présidentielle "low cost" pour cause de finances dans le rouge.

Cette figure de l’aile gauche du parti part du principe que les Français sont "tous écolos". "Ils trient leurs déchets, s’intéressent au sort de la planète, s’émeuvent de la condition animale, font attention à leur alimentation et même à leur consommation d’énergie", avant de regretter qu’ils ne "voient pas le rapport entre leur aspiration à l’écologie et le mouvement censé les représenter" :



Oui, les citoyens nous boudent. Ils ne votent plus pour nous. Pourtant, et j’en suis la preuve vivante, ils ont déjà cru en nous.

Karima Delli fait référence aux élections européennes de 2009, lors desquelles le parti écolo avait obtenu 16,28 % des suffrages, soit 2,8 millions de voix. Mais elle balaye devant sa porte : "Entre temps, nos divisions, nos tergiversions [sic], notre manque de clarté, ont conduit notre base électorale à nous tourner le dos. [...] Il nous faut tirer désormais les leçons politiques de cette succession d’échecs", analyse-t-elle.

Pourquoi se présenter alors que la candidate écolo Eva Joly n’avait fait que 2 % en 2012 ? Parce que "nous pouvons gagner", se targue Karima Delli, sans oublier de fustiger ses futurs concurrents de droite et de gauche qui se ficheraient complètement de l’écologie :



A l’heure ou la gauche et la droite ont pour unique programme plus d’autoroutes, plus de centrales nucléaires, plus d’aéroports, plus de croissance irraisonnée, à l’heure où l’alpha et l’oméga des solutions pour 'résoudre la crise' consiste à remplir le caddie des consommateurs avec de la malbouffe, je pense sérieusement que nous pouvons gagner parce que notre projet de société répond aux aspirations profondes des populations. L’écologie politique, c’est régler en même temps la crise environnementale et les injustices sociales. Nous pouvons gagner, et plus vite que nous le pensons. C’est le sens de ma candidature : la société est prête ! Fini les scores de 2 % : je veux cristalliser cet espoir majoritaire : un autre monde est non seulement possible, mais il est en train de se faire, là, sous nos yeux.

Enfin, Karima Delli se défend d’être "une candidate de plus". "Je ne suis pas là pour le coup d’après, ou pour négocier en douce une place aux législatives ou un poste ministériel", assure-t-elle. L’eurodéputée ambitionne de "réconcilier la génération qui en a assez d’être élevée aux glyphosates et au Nutella avec celle des pères fondateurs de l’écologie" et promet de "mener une campagne joyeuse, déterminée, associant l’ensemble des sensibilités de l’écologie".

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