L’ex-Président colombien critique François Hollande pour sa visite annoncée dans une zone de désarmement des Farc

Publié à 20h57, le 09 janvier 2017 , Modifié à 21h00, le 09 janvier 2017

L’ex-Président colombien critique François Hollande pour sa visite annoncée dans une zone de désarmement des Farc
© ALAIN JOCARD / AFP

Lors de sa visite officielle en Colombie, du 22 au 24 janvier, François Hollande se rendra dans l'une des zones de rassemblement où les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) doivent déposer leurs armes. Le chef de l’État en a fait la demande à son homologue colombien, Juan Manuel Santos, qui lui en a accordé l’autorisation. L'ambassadeur de France en Colombie, Jean-Marc Laforêt, s'est rendu il y a quelques jours dans la zone en question, à La Elvira, près de Cali (ouest), pour préparer la visite présidentielle, selon l'agence Nueva Colombia (organe d'information des Farc).

Mais la visite n’a pas encore eu lieu qu’elle est déjà critiquée. "Hollande, le président français qui n’a pas réussi à faire face au terrorisme djihadiste, visite la Colombie remise aux Farc", a tweeté le 8 janvier l’ancien Président colombien Alvaro Uribe - par ailleurs accusé de liens avec la mafia et les paramilitaires d’extrême droite (voir ici ou ). "Ce n’est pas très amical pour le peuple colombien que le président de la France ait accepté l’invitation d’une organisation qui est toujours armée et disposée à commettre des délits", a renchéri Ernesto Macias, sénateur du même parti dirigé par Uribe (traduction via actulatino).

Au contraire, l'un des négociateurs pour les Farc de l'accord de paix, Pablo Catatumbo, s'est réjoui de la venue annoncée de François Hollande. "Nous sommes absolument convaincus que cela donnera une impulsion à la mise en oeuvre des accords", a-t-il assuré dans une vidéo diffusée par Nueva Colombia quelques jours plus tôt.

La France abonde à hauteur de 17 millions d'euros le fonds européen de 95 millions prévus par l'Union européenne pour soutenir le processus de paix en Colombie.

Un accord a été signé en novembre entre les Farc et le gouvernement pour mettre fin à plus d'un demi-siècle de conflit avec la plus importante et plus ancienne guérilla du pays. Il prévoit la mise en place de 26 campements à travers le pays où doivent se rassembler les guérilleros pour déposer les armes dans un délai de six mois, sous supervision des Nations unies.

Depuis les années 1960, le conflit armé colombien a impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des paramilitaires d'extrême droite et les forces de l'ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Du rab sur le Lab

PlusPlus