L’exagération de Jean-Michel Blanquer sur les "classes de latin stupidement supprimées"

Publié à 09h37, le 30 mai 2017 , Modifié à 09h41, le 30 mai 2017

L’exagération de Jean-Michel Blanquer sur les "classes de latin stupidement supprimées"
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Amandine Réaux


Jean-Michel Blanquer s’est vu confier la mission courte et ardue de préparer en quelques mois seulement la rentrée scolaire de l’automne 2017 avec pas mal de changements dans les programmes scolaires. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale entend revenir sur la réforme du collège de sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem… mais avec un certain art de la synthèse (pardon, du *en même temps*). Ainsi, les classes bilangues, les classes européennes ainsi que l’enseignement des langues anciennes seront progressivement réinstaurés, et en même temps, le gouvernement n’entend pas supprimer les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires).

C’est ce que veut faire comprendre Jean-Michel Blanquer sur RTL ce mardi 30 mai. Mais le locataire de la rue de Grenelle balance une petite intox en plein exercice d’équilibriste. Il affirme sans ciller que les classes de latin "ont été stupidement supprimées" sous le précédent quinquennat :



La réforme du collège qui a eu lieu ces dernières années, elle disait : d’un côté, il faut de l’autonomie. Et ça je peux dire oui. 20% de possibilité de travailler sur des horaires librement de chaque établissement, c’était une bonne idée. Et en même temps, elle supprimait ce que les collèges avaient sucré grâce au peu d’autonomie qu’ils avaient [...] et obligeait tout le monde à faire les fameux EPI. C’était une énorme contradiction. Donc moi, je reviens à de la cohérence. Je garde la notion d’autonomie, mais en revanche je dis aux collèges : 'Vous avez le choix : si vous avez fait des EPI qui vous plaisent, gardez-les - bien entendu vous aurez la possibilité de faire les classes de latin qui ont été stupidement supprimées'.

Sauf que c’est exagéré. La réforme du collège prévoyait certes la disparition des options latin et grec au profit d’un EPI "langues et culture de l’Antiquité". Mais les élèves avaient toujours la possibilité de suivre un "enseignement de complément" pour les volontaires (1 heure hebdomadaire en 5e, 2 heures en 4e et 3e, contre 2 heures puis deux fois 3 heures pour l’option, comme l'expliquait Le Monde). 

On peut présumer que la réaction de Najat Vallaud-Belkacem à cette exagération se situera entre la moue (à l’annonce du nom de son successeur) et la dénonciation d’une fake news (face à Vanessa Burggraf).

Du rab sur le Lab

PlusPlus