Luc Carvounas compare le parcours politique de son ami Manuel Valls à celui d’Éric Besson

Publié à 11h02, le 25 mai 2017 , Modifié à 11h02, le 25 mai 2017

Luc Carvounas compare le parcours politique de son ami Manuel Valls à celui d’Éric Besson
© Montage Le Lab via franceinfo

Il fut un temps où, malgré les désaccords politiques qu’il avait pu avoir avec Manuel Valls, Luc Carvounas y allait très prudemment pour critiquer les choix de son ami, préférant s’en tenir aux reproches privés. Mais ça, c’était avant que l’ancien Premier ministre annonce qu’il se présente aux législatives sous l’étiquette "majorité présidentielle". Depuis cette rupture politique (mais pas amicale, assure-t-il), le sénateur-maire d’Alfortville prend très clairement ses distances avec celui qui a rejoint Emmanuel Macron. Lequel est d’ailleurs "de centre-droit", affirme Luc Carvounas ce jeudi 25 mai sur franceinfo. Du coup, Manuel Valls soutient-il "une politique de droite" ? Il répond :

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Bah… force est de constater que c’est le cas !

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Luc Carvounas feint ensuite l’indifférence avant de dresser une comparaison pas forcément flatteuse dans la bouche d’un socialiste. Pour lui, le "chemin" fait par Manuel Valls entre le PS et Emmanuel Macron est "le même" que celui parcouru par Éric Besson et Jean-Marie Bockel, membres de la campagne de Ségolène Royal en 2007 qui avaient rejoint Nicolas Sarkozy (a priori *un peu plus* à droite que le "centre-droit" Emmanuel Macron). Il déclare :

 

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Mais il a le droit, c’est pas grave, hein, vous savez. Dans le passé, il y a eu Éric Besson et Jean-Marie Bockel qui ont eu le même chemin entre le Parti socialiste et la droite. C’est le même parcours politique. [...] J’ai un désaccord politique profond avec Manuel Valls tout en ayant du respect et de l’amitié pour lui. J’ai un désaccord politique profond quand l’ancien Premier ministre de François Hollande soutient le président de la République mais surtout Édouard Philippe, chef de la majorité [qui] pendant cinq ans a voté contre toutes les lois du quinquennat de François Hollande et contre toutes les lois présentées par Manuel Valls. Il y a juste un problème de cohérence.

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Une comparaison #PlutôtSympa, mais à noter qu'à la différence des deux hommes cités par Luc Carvounas, Manuel Valls n'est pas devenu ministre d'Emmanuel Macron.

La commission des conflits du Parti socialiste doit-elle être saisie ? La question n’intéresse même plus Luc Carvounas, qui considère que Manuel Valls, mais aussi Jean-Yves Le Drian et "bon nombre de [s]es amis" sont "partis" :

 

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Ce sujet, il est terminé. Pourquoi on va perdre du temps à réunir une commission nationale des conflits ? Il est parti ! Je considère qu’il est parti. Je considère que Jean-Yves Le Drian est parti. Je considère que bon nombre de mes amis sont partis.

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[BONUS TRACK]

C’est le "premier couac" du quinquennat Macron, constate Luc Carvounas : Richard Ferrand, fidèle de la première heure et devenu ministre de la Cohésion des territoires, est dans la tourmente depuis que Le Canard Enchaîné a révélé une affaire immobilière ainsi que l’embauche de son fils comme assistant parlementaire "durant quelques mois" en 2014 pour une somme totale de 8.704 euros brut. Le sénateur socialiste lui reproche d’avoir traité ces révélations "avec beaucoup de légèreté" :

 

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Je trouve que monsieur Ferrand a traité ça avec beaucoup de légèreté, en tout cas vis-à-vis de vous, la presse, quand il est arrivé un peu cynique en disant : 'C’est mon premier cadeau'. Bah non, c’est pas un cadeau parce qu’on nous regarde et qu’il y a de la défiance dans la vie politique en général. Certains ont pu en profiter.

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Luc Carvounas demande au garde des Sceaux François Bayrou, qui prépare présentement une loi sur la moralisation de la vie publique de réagir :

 

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Le président de la République a fait de son quinquennat l’alpha et l’oméga de la moralisation de la vie publique et politique, donc chacun prend ses responsabilités. [...] Que pense le garde des Sceaux ? Que pense, au moment où nous nous parlons, François Bayrou, qui est en train de plancher, d’écrire une loi ? Quelle est son appréciation sur l’échelle des valeurs à un moment où on va nous demander, à nous tous les parlementaires, d'entrer dans ce processus de tout réformer sur la moralisation de la vie publique ? Je n’entends rien.

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L’affaire Ferrand est "forcément en contradiction" avec la loi portée par François Bayrou, estime Luc Carvounas qui refuse de demander la démission de Richard Ferrand pour ne pas s’"aligner sur madame Le Pen".

Du rab sur le Lab

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