Lui candidat, François Hollande aurait refusé les débats télévisés avec Marine Le Pen

Publié à 06h57, le 26 avril 2017 , Modifié à 06h58, le 26 avril 2017

Lui candidat, François Hollande aurait refusé les débats télévisés avec Marine Le Pen
François Hollande. © AFP
Image Sébastien Tronche


En 2002, quand Jean-Marie Le Pen s’était hissé au second tour de l’élection présidentielle, Jacques Chirac avait refusé le débat d’entre-deux-tours avec le candidat du Front national. Quinze ans plus tard, en 2017, après une importante entreprise de dédiabolisation de la part du FN et avec la banalisation des bons résultats électoraux du parti frontiste, Marine Le Pen a pu participer aux débats d’avant premier-tour et ferraillera bien avec Emmanuel Macron lors du débat d’entre-deux-tours, le 3 mai, quatre jours seulement avant le second tour.

François Hollande, lui, n’aurait pas accepté cette banalisation de la candidate d’extrême droite, explique-t-il à Libération, le 25 avril. Ainsi n’aurait-il pas participé aux deux débats auxquels a été conviée la présidente en congé du FN. Ni à celui entre les deux tours. Le chef de l’Etat qui a été contraint de renoncer à sa propre candidature constate ainsi que si Marine Le Pen est au second tour, c’est à cause de la banalisation du FN :

Elle a été associée à tous les débats cette année, elle a été banalisée en tout. Comment dès lors s’étonner qu’elle soit au deuxième tour ? C’est le prix à payer de toutes ces acceptations.

Néanmoins, et puisqu’Emmanuel Macron a accepté le duel avec Marine Le Pen, François Hollande a quelques conseils à distiller à son ancien ministre. Et notamment d’attaquer la candidate d’extrême droite sur l’économie. "Il faut lui répondre sur ses faiblesses économiques. Le retour de la retraite à 60 ans pour tout le monde, comment le finance-t-elle ? Elle ne le sait pas, elle ne le peut pas. La crédibilité économique, ça doit être cela l’arme de Macron, il ne faut pas que cela soit un élément de vulnérabilité", analyse celui qui avait remporté la présidentielle de 2012 notamment grâce à son anaphore "moi Président" face à Nicolas Sarkozy lors du débat d’entre-deux-tours.

En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen, dont le programme est très proche de celui de sa fille aujourd’hui. Il l’avait ainsi justifié, trois jours après le 21 avril, comme le rappelle Le Parisien de ce mercredi 26 avril :



Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible.

Mais si le programme du FN n'a pas beaucoup évolué, les temps ont bien changé.

Du rab sur le Lab

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