Macron n’a pas dit que l’audiovisuel public était "une honte pour la République", il a dit pire

Publié à 07h18, le 06 décembre 2017 , Modifié à 07h18, le 06 décembre 2017

Macron n’a pas dit que l’audiovisuel public était "une honte pour la République", il a dit pire
Emmanuel Macron. © AFP
Image Sébastien Tronche


Aurore Bergé, porte-parole des députés LREM, a démenti. Puis l’Elysée aussi a réfuté qu’Emmanuel Macron aurait déclaré que l’audiovisuel public était "une honte pour la République". Car, oui, il semble que le chef de l’Etat n’ait pas dit "pour la République", comme l’a rapporté L’Express. Mais il a bien parlé de "honte".

Comme l’a relayé Télérama le mardi 5 décembre dans un article sur "ce qu’a vraiment dit Emmanuel Macron", le Président "a dit bien plus, et ses propos sont explosifs".

Lundi soir, lors d’un apéro à l’Elysée avec les députés de la commission des affaires culturelles, Emmanuel Macron s’est donc lâché sur l’audiovisuel public. Ça, c’est une certitude. Selon Télérama, le chef de l’Etat a alors usé de l’anaphore "C’est une honte" pour détailler tous les griefs qu’il reproche à l’audiovisuel public : 

L’audiovisuel public, c’est une honte pour nos concitoyens, c’est une honte en termes de gouvernance, c’est une honte en ce que j’ai pu voir ces dernières semaines de l’attitude des dirigeants.

Pour Emmanuel Macron, ce secteur est "très cher" pour ce que c’est : une résistance à la réforme et "une production de contenus de qualité variable". Cela rappelle un peu Nicolas Sarkozy qui avait réformé France Télévisions (et supprimé la pub après 20 heures) et s’était autoproclamé directeur des programmes, comme l’analysait Télérama en 2010. Un Nicolas Sarkozy qui, en 2016, estimait que la France a besoin de "médias orientés un peu comme Valeurs actuelles et un peu moins comme France Télévisions".

Mais il n’y a pas que France Télés qui prend cher dans la bouche et dans l’esprit d’Emmanuel Macron. Le CSA aussi est dans son champ de tir. Il lui est reproché par le résident de l’Elysée de nommer les patrons des chaînes publiques et d’avoir "un modèle caduc". "Il faut complètement le réadapter", ajoute-t-il, cinglant.

Ce réquisitoire contre l’audiovisuel public intervient peu de temps après qu’un document de travail du ministère de la Culture a fuité, prévoyant des réductions drastiques de budget et d’effectifs.

Priée par le gouvernement de faire 50 millions d'euros d'économies en 2018 par rapport à 2017, la présidente Delphine Ernotte présentera le 21 décembre au conseil d'administration du groupe un vaste plan de réduction des dépenses, passant notamment par la suppression de 180 postes à la faveur de départs à la retraite.

Ce plan suscite l'inquiétude chez les salariés et Delphine Ernotte est sous la menace d'une motion de défiance des journalistes. Fin novembre, les journalistes de France Télévisions étaient montés au créneau pour protester contre la perspective d'une réduction de la fréquence de diffusion des magazines d'information "Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" sur France 2. Le mot-dièse #TouchePasAMonInfo a fleuri sur les réseaux sociaux en soutien aux journalistes enquêteurs. Malgré la décision de la direction de maintenir cette diffusion inchangée, les journalistes continuent d'envisager un vote sur une motion de défiance courant décembre.

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