Macron-Poutine à Versailles : Yannick Jadot y voit "Louis XIV" recevant "l’empereur"

Publié à 11h46, le 29 mai 2017 , Modifié à 11h54, le 29 mai 2017

Macron-Poutine à Versailles : Yannick Jadot y voit "Louis XIV" recevant "l’empereur"
Yannick Jadot. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Camille Mordelet pour

À en croire Yannick Jadot, le mandat présidentiel d’Emmanuel Macron a été un sans-faute durant… 15 jours. La rencontre entre Vladimir Poutine et le président français au château de Versailles, qui doit se dérouler ce lundi 29 mai à 13h45, déplaît fortement à l’eurodéputé écologiste. Invité ce lundi de Public Sénat/Sud Radio, Yannick Jadot parle de cette rencontre comme d’une "faute politique lourde" et regrette qu’elle se déroule sous le couvert d’une exposition consacrée à Pierre le Grand, un tsar russe sacré empereur en 1721 :



Je crois qu’il [Emmanuel Macron, ndlr] fait son premier faux pas politique. C’est une faute politique lourde. Vous savez que ce week-end, Vladimir Poutine n’était pas au G8, qui est redevenu G7 du fait de ses crimes en Syrie, du fait qu’il entretient la guerre aux frontières de l’Europe, en Ukraine. Et lui donner une telle tribune, une telle image, un tel symbole autour de Versailles pour fêter Pierre le Grand… C’est d’ailleurs autour de Pierre le Grand que Vladimir Poutine justifie l’annexion de la Crimée, puisque Pierre le Grand, déjà, était dans l’expansionnisme russe, qu’il s’était déclaré empereur de toute la Russie. Je trouve que c’est une faute politique lourde, à la fois de lui donner un tel outil de propagande vis-à-vis des Russes, et puis surtout, de ne pas recevoir Vladimir Poutine dans un cadre beaucoup plus neutre. Et pour le coup, puisqu’il se dit pro-européen, avec Angela Merkel, pour justement imposer l’Europe comme interlocuteur de la Russie.

Cette visite du président russe est tout un symbole. La France et la Russie célèbrent cette année le 300ème anniversaire de leurs relations diplomatiques, justement instaurées par Pierre le Grand. L’occasion pour les deux chefs d’État de relancer un dialogue au point mort depuis deux ans, envenimé par des dossiers comme le conflit syrien ou la Crimée. Mais aussi de normaliser une relation qui n’a pas débuté sous les meilleurs auspices. Emmanuel Macron n’a clairement pas été le candidat soutenu par le Kremlin durant la campagne présidentielle et Vladimir Poutine a lui-même parlé de "méfiance mutuelle".

Qu’importe pour Yannick Jadot. Pour lui, ce qui ressort du cadre offert par Versailles est tout simplement une rencontre entre deux monarques :



Lui donner, lui offrir une telle image, celle du roi Soleil Louis XIV qui reçoit l’empereur de toutes les Russies, le tsar de toutes les Russie,  Pierre le Grand, je trouve ça très franchement un très mauvais premier pas diplomatique.

L’extrait est à revoir dans la vidéo ci-dessous, isolée par LCP :





Si Yannick Jadot se montre critique envers cette rencontre, ce n’est pas le cas de tout le monde. Ainsi, Marine Le Pen s’est félicitée ce lundi sur RTL de la venue de Vladimir Poutine en France :



 





[BONUS TRACK]  

Yannick Jadot a également parlé législatives sur le plateau de Public Sénat/Sud Radio ce lundi 29 mai. Pour lui, EELV risque de ne pas obtenir de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale :



Mon objectif a toujours été d’avoir un groupe parlementaire. Ça va être difficile. Reconnaissons que cela va être difficile. Mais ce que je dis partout où je me déplace, c’est qu’il n’y a pas d’écologie sans écologistes. Il y a des discours sur l’environnement, il y a des discours sur l’écologie, il y a des promesses. Mais on a vu durant ce quinquennat que les seuls qui défendaient vraiment l’écologie, c’étaient les députés écologistes. Donc il faut des députés écologistes pour que ce quinquennat ne soit pas perdu pour l’écologie, et y compris pour défendre Nicolas Hulot.

La veille, invité de l’émission Questions Politiques (franceinfo: , France Inter, Le Monde) Yannick Jadot avait déjà *légèrement* enterré son propre parti :



Europe Écologie Les Verts a la force de la cohérence politique, mais reconnaissons-le, a perdu un peu dans la qualité de son image et ne peut pas être le grand parti social, écolo, européen, démocrate de demain.

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