Manuel Valls explique que François Hollande "souhaite sa victoire" à la primaire

Publié à 09h10, le 04 janvier 2017 , Modifié à 09h29, le 04 janvier 2017

Manuel Valls explique que François Hollande "souhaite sa victoire" à la primaire
© RAYMOND ROIG / AFP
Image Etienne Baldit


FAIRE PARLER LES SILENCES - François Hollande l'a fait savoir via son entourage : il ne prendra pas publiquement position pour un quelconque candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Le chef de l'État, qui a renoncé à se représenter, restera en surplomb de cette élection et n'apportera donc son soutien à personne, pas même à son ancien Premier ministre Manuel Valls. Cela est assez clair.

Mais Manuel Valls, lui, croit savoir que ce silence ne dit pas tout et que, en réalité, le Président le soutient. Sur RTL mercredi 4 janvier, il explique ainsi :

François Hollande a décidé de ne pas être candidat à la présidence de la République et de ne pas passer par la primaire, c'est pas pour se remettre dans le débat sur la primaire. Mais ne pensez pas un seul instant que François Hollande ne suit pas cette élection primaire avec intérêt et qu'il ne souhaite pas la victoire de celui qui peut représenter celui qui a assumé les responsabilités du pouvoir, qui assume le bilan et qui ouvre d'autres choix.

Une description qui est celle de sa propre candidature, évidemment. Le 8 décembre déjà, il utilisait cette formulation pour assurer que le Président souhaite sa victoire : "Ne pensez pas qu’il n’ait pas envie que je gagne", disait-il, cité par Le Monde"Personne ne peut douter des liens affectueux, des liens entre François Hollande et [moi]", a-t-il encore expliqué ce mercredi sur RTL. Mais cela n'empêche pas l'ex-chef de gouvernement de demander à tout un chacun de respecter le non-choix de François Hollande, juste après avoir ainsi *un tout petit peu* parlé à sa place :



Mais laissez au président de la République le soin de s'exprimer, il le fera après la primaire, sa parole comptera.

¯\_(ツ)_/¯

Manuel Valls a aussi démenti les informations du Canard Enchaîné selon lesquelles lui et François Hollande ne se parleraient plus. Il a assuré :



C'est une plaisanterie évidemment, nous nous sommes parlés il y a quelques jours, uniquement pour nous souhaiter la bonne année et je lui ai dit combien j'avais apprécié la dignité de son intervention devant les Français le 31 décembre [pour ses derniers vœux présidentiels, ndlr].

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[BONUS TRACK] Fillon, agent électoral du FN

Alors qu'un auditeur de RTL lui reprochait le mot "purge" qu'il emploie pour qualifier le programme de François Fillon, Manuel Valls a maintenu cet angle d'attaque, en y ajoutant un autre : avec ses mesures auto-proclamées "radicales", le candidat LR servirait en fait de marche-pied au Front national et à Marine Le Pen. Car effrayés, les électeurs pourraient chercher une protection à l'extrême droite, explique-t-il :



Ce que je reproche à François Fillon, c'est que son programme, pour les fonctionnaires comme pour la protection sociale, ouvre les vannes pour l'extrême droite. Au fond, les catégories populaires, les fonctionnaires des catégories C et D, les personnes âgées qui auraient le sentiment qu'ils ne seraient plus soignés demain vont se demander : 'Qui va nous protéger de ce programme particulièrement dur ?' Et moi je veux que ce soit la gauche, je veux les protéger.

Et de marteler : "Son programme est une purge, un démantèlement de notre modèle social."



Du rab sur le Lab

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