Manuel Valls se moque des consignes de François Hollande et reparle du devoir d'exemplarité de Karim Benzema

Publié à 19h04, le 27 mars 2016 , Modifié à 19h10, le 27 mars 2016

Manuel Valls se moque des consignes de François Hollande et reparle du devoir d'exemplarité de Karim Benzema
Manuel Valls © Capture d'écran France 2
Image Sylvain Chazot


#FOOTPOLITIQUE - Parfois, les consignes de François Hollande ont du mal à arriver jusqu'à Matignon. Le président de la République, selon Le Canard Enchaîné, avait intimé l'ordre à ses ministres "d'arrêter leurs conneries" au sujet de Karim Benzema. Eh bien le chef du gouvernement a décidé de se moquer royalement de cette demande présidentielle et de parler, à nouveau, du joueur français.

Interrogé par Stade 2 ce dimanche 27 mars, le Premier ministre a, volontairement, évoqué l'attaquant du Real Madrid. Et il a expliqué qu'il avait bien le droit d'avoir un avis sur la sélection du joueur pour l'Euro de football. Et notamment sur l'exemplarité qui doit être celle du buteur madrilène :

Pourquoi un fan de foot comme moi, Premier ministre par ailleurs, ne pourrait pas rappeler uniquement – je suis aussi élu de banlieue – comme quoi un sportif, quel qu'il soit, doit être exemplaire ?

Et le Premier ministre de répondre indirectement à Karim Benzema et à son avocat. "On nous demande à nous d'être exemplaires ?  Chacun doit être exemplaire. Chacun dans la société joue son rôle et un sportif aujourd'hui beaucoup plus qu'il y a quelques années" dit-il, comme en réponse aux piques lancées au chef du gouvernement par l'attaquant et son avocat Éric Dupont-Morretti. "Je rappelle que, dans son équipe gouvernementale, il y a deux condamnés, Jean-Marc Ayrault et Harlem Désir. Je ne pense pas que Didier Deschamps serait intervenu pour lui demander de remanier son équipe ou de les exclure", avait commenté le conseil dans les colonnes du Monde jeudi 24 mars.

Manuel Valls essaye quand même de calmer le jeu. C'est sans doute mieux à quelques semaines de l'Euro en France. "Je ne veux absolument pas polémiquer avec Benzema. C'est par ailleurs un formidable footballeur. À eux [au staff de l'équipe de France, ndlr] de faire le choix", lance-t-il.

Le problème est que Manuel Valls semble moins regardant sur l'exemplarité d'un sportif quand il a joué au Barça que quand il évolue au Real. Prenons l'exemple de Johan Cruyff, magnifique joueur néerlandais, star du FC Barcelone, décédé jeudi dernier. Tout talentueux qu'il fut, "Le Hollandais volant", comme il était surnommé, n'était pas à proprement parler un joueur-modèle : fumeur invétéré, forte tête, suspendu un an par sa fédération pour avoir reçu un carton rouge en sélection, etc.

Mais le Premier ministre est plutôt indulgent avec lui. Est-ce que parce que, comme il le raconte à Stade 2, Johan Cruyff est arrivé au Barça le jour du 11e anniversaire de Manuel Valls, le 13 août 1973 ? Pas seulement. Il explique :

C'était les années 70. C'était après mai 68. C'était un Néerlandais, un Hollandais, un pays aussi de liberté. Il était synonyme de toute une époque.

Si on schématise, si Manuel Valls est aussi dur avec Karim Benzema, c'est parce qu'il est mis en examen dans l’affaire de la sextape de Mathieu Valbuena. Mais c'est aussi un peu parce qu'il est Français et vit dans les années 2010… 

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