Manuel Valls voit dans le port du voile islamique "une revendication politique"

Publié à 10h07, le 25 août 2016 , Modifié à 10h11, le 25 août 2016

Manuel Valls voit dans le port du voile islamique "une revendication politique"
Manuel Valls © Capture d'écran BFTMV

Cela débute par une explication toute simple mais qu'il fallait sans doute donner en ce jeudi 25 août, sur BFMTV. "Un foulard est un foulard, un burkini est un burkini, une burqa est une burqa", lance Manuel Valls avec une certitude qui force l'admiration. Invité de Jean-Jacques Bourdin, le chef du gouvernement parle bien sûr du chômage un peu avant – cela tombait bien, les chiffres du mois de juillet donnés mercredi étaient bons – mais Manuel Valls, interrogé sur le sujet, évoque donc LE dossier phare de cette fin d'été, à savoir le port du burkini par quelques femmes sur des plages françaises.

Le Premier ministre redit son opposition au burkini, symbole selon lui de "l'asservissement de la femme", "comme si la femme dans l'espace public était impudique et qu'il fallait la couvrir". Et quant à ceux qui expliquent que les femmes peuvent aussi avoir envie de s'habiller comme elles l'entendent, Manuel Valls rétorque qu'en cette période de troubles, il faut "lutter avec la plus grande détermination contre l'islamisme radical, contre ces symboles qui visent à occuper l'espace public"

Le chef du gouvernement estime donc que le port du voile islamique - et pas seulement le burkini ou la burqa - est un acte politique. Il dit :

 

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Il y a quelques années, personne ne portait le voile, encore moins bien sûr la burqa ou le burkini. Ce sont des signes de revendication, bien sûr, d'un islamisme politique, d'une revendication qui vise à faire en sorte que dans l'espace public, on fasse reculer la République.

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Pour Manuel Valls, le voile est donc une revendication politique assumée. Le Premier ministre apporte une nuance car il n'oublie pas que des femmes sont forcées de porter un foulard sur la tête. Mais pour les autres en revanche… "Quand les femmes ne sont pas victimes et qu'elles le revendiquent, oui c'est une revendication politique, bien évidemment", lance le chef du gouvernement. Il poursuit :

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Cette attitude et cette volonté politique visent à enfermer l'ensemble des musulmans. Parce qu'au fond Daech, l'État islamique, le salafisme, souhaitent quoi ? La guerre civile larvée. La confrontation.

 

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La pensée de Manuel Valls n'est pas si éloignée, sur ce sujet, de celle de Nicolas Sarkozy. Elle est même franchement proche. Pour l'ancien président de la République, "porter un burkini est un acte politique, militant, une provocation", dit-il dans Le Figaro Magazine en kiosque vendredi. 

Manuel Valls n'en est cependant pas à vouloir interdire le port du voile dans les entreprises et à l'université. Mais il veut agir. Et si jamais on lui dit, comme l'a expliqué le journaliste de RFI spécialiste du djihadisme David Thomson, que Daech va utiliser les images de verbalisation de femmes voilées sur des pages de Nice et Cannes pour sa propagande, le Premier ministre s'emporte. "Alors du coup, abandonnons tout, laissons les femmes voilées, abandonnons la laïcité, ne soyons pas la France. À ce moment-là, peut-être que nous ne subirons pas les attaques de Daech. Ça, ce n'est pas ma conception des choses", lâche-t-il. 

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