Marine Le Pen blacklistée par l'Ukraine pour avoir soutenu l'annexion de la Crimée

Publié à 16h20, le 04 janvier 2017 , Modifié à 16h31, le 04 janvier 2017

Marine Le Pen blacklistée par l'Ukraine pour avoir soutenu l'annexion de la Crimée
© AFP
Image Etienne Baldit


PERSONA NON GRATA - Depuis le début, Marine Le Pen soutient l'annexion de la Crimée par la Russie de Vladimir Poutine. Mais ses plus récents propos à ce sujet vont lui valoir une interdiction de séjour en Ukraine, comme l'a annoncé le ministère ukrainien des Affaires étrangères, mercredi 4 janvier.

Sur BFMTV mardi, la présidente du FN et candidate à l'élection présidentielle a considéré que la Crimée faisait bien partie intégrante de la Russie et ajouté :

Je ne crois absolument pas qu'il y a eu une annexion illégale. Il y a eu un référendum, les habitants de Crimée souhaitaient rejoindre la Russie. Je ne vois pas ce qui justifie de remettre en cause ce référendum.

Ce référendum, organisé en mars 2014 après une intervention militaire russe, est considéré comme illégal par Kiev et les Occidentaux, notamment les Nations Unies. Aucun observateur international n'avait pu être déployé sur place et le scrutin s'était déroulé alors que les troupes russes occupaient le terrain. Des soupçons de fraude avaient par ailleurs émaillé la consultation, en raison d'un taux de participation très élevé.

La réaction ukrainienne à cette sortie de Marine Le Pen est donc immédiate. Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères annonce ainsi :

En tenant des propos qui relayent la propagande du Kremlin, la responsable politique française a manqué de respect à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, et a totalement ignoré les principes fondamentaux du droit international.

À ce propos, nous rappelons que les déclarations et les actes de ce type auront nécessairement des conséquences [...].

Après le référendum de rattachement à la Fédération de Russie, l'Union européenne et les États-Unis avait lancé une vague de sanctions économiques contre Moscou, toujours en vigueur.

Les déclarations de Marine Le Pen témoignent donc d'une volonté de changement majeur de politique étrangère vis-à-vis de Moscou. Elles font aussi écho à l'idée selon laquelle des banques russes pourraient accorder au FN un (nouveau) prêt de plusieurs millions d'euros pour financer ses campagnes présidentielle et législatives, en échange d'une reconnaissance officielle de sa part de l'appartenance de la Crimée à la Russie.





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