Marine Le Pen estime que les migrants syriens ne sont pas persécutés (et que la France ne doit pas les accueillir)

Publié à 09h11, le 31 août 2015 , Modifié à 09h17, le 31 août 2015

Marine Le Pen estime que les migrants syriens ne sont pas persécutés (et que la France ne doit pas les accueillir)
Marine Le Pen sur iTÉLÉ © Capture d'écran iTÉLÉ

Dimanche 30 août, à La Rochelle, Manuel Valls a tenu à faire une distinction entre migrants, estimant que ceux qui "fuient les guerres, les persécutions, la torture, les dictatures, doivent être accueillis". Eh bien figurez-vous que Marine Le Pen n'est pas d'accord. Mais alors pas du tout.

Invitée d'iTÉLÉ ce lundi matin, la présidente du Front national s'est totalement opposée au discours du Premier ministre expliquant en premier lieu que le droit d'asile est trop "souple" et est donc, d'après elle, "devenu une nouvelle filière d'immigration clandestine". La cheffe frontiste a même indiqué que seulement 1% des déboutés du droit d'asile étaient renvoyés dans leurs pays.

Surtout, Marine Le Pen a refusé de dire que les migrants, en particulier les migrants syriens, fuyant le régime de Bachar el-Assad, étaient persécutés. Elle a dit :

"

Si l'on s'en tient aux critères de l'asile, il faut être persécuté par le gouvernement en place. Ceux qui sont combattus par le gouvernement en place, ce sont les fondamentalistes islamistes. Alors vous voyez qu'avec ce genre de critères, on se prépare peut-être à des lendemains qui déchantent.

 

"

Dans l'esprit de Marine Le Pen, les seules personnes persécutées par Bachar al-Assad sont donc des djihadistes. Effectivement, de ce point de vue, l'accueil des réfugiés peut être effrayant. Mais notons quand même que selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, plus de 215.000 personnes sont mortes depuis le début de la révolution syrienne, en mars 2011, dont plus de 10.000 enfants.  

Marine Le Pen précise qu'elle n'en veut pas à ces immigrés, qu'ils viennent de Syrie ou d'ailleurs. "J'en veux à ceux qui les font venir, j'en veux à nos dirigeants politiques car je conçois tout à fait que l'on cherche une vie meilleure", a-t-elle répété avant d'ajouter que "la majorité de ces gens qui arrivent ne sont pas des réfugiés politiques. Il faut arrêter de dire des bêtises aux Français".

En août, Christian Estrosi, tête de liste LR pour les régionales en PACA avait expliqué que des "terroristes de Daech s'infiltrent parmi les migrants". Sur Twitter, un journaliste spécialiste du djihad avait fact-checké le maire de Nice, expliquant que les fait avancés n'étaient pas avérés - ce qui avait beaucoup amusé Marion Maréchal-Le Pen

 

 

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