Marine Le Pen pense que, "par provocation", son père est "devenu la caricature qu’on a faite de lui"

Publié à 18h03, le 25 mars 2017 , Modifié à 18h15, le 25 mars 2017

Marine Le Pen pense que, "par provocation", son père est "devenu la caricature qu’on a faite de lui"
© BORIS HORVAT / AFP
Image Amandine Réaux


Dans la relation qui unit Marine Le Pen et son père, Jean-Marie Le Pen, il y a ce qui transparaît de l’extérieur. Les querelles politiques, de la dédiabolisation à l'aide Florian Philippot depuis l’accession de l’eurodéputée à la présidence du Front national, en 2011, jusqu’à l’apogée, à l’été 2015, avec l’exclusion du père du parti qu’il avait cofondé. Malgré cela, le Menhir tend la main de temps à autre, ici en donnant son parrainage d’élu à sa fille, là en lui accordant un prêt pour sa campagne présidentielle. Marine Le Pen, de son côté, se dit encore affectée de cette querelle politique. "Une blessure très profonde", confie-t-elle à Gaël Tchakaloff dans Divine comédie (éd. Flammarion, à paraître le 29 mars). Auprès de la journaliste et romancière, la candidate FN revient sur les multiples provocations de son père, qu’elle explique par "la violence des attaques" :



[Jean-Marie] Le Pen était beaucoup moins caricatural que l’image qu’il véhiculait. Je pense qu’il a été tellement blessé de la caricature qu’on a faite de lui et tellement découragé que, par provocation, il est devenu cette caricature. Il en a souffert, beaucoup, parce qu’il était vraiment différent de ce reflet. L’homme que j’ai connu ne correspondait pas du tout à ce qu’on donnait à voir de lui. Les homosexuels, tout cela, il n’en avait rien à faire. Il était libertaire. La violence des attaques, la brutalité des attaques, l’injustice des attaques étaient telles qu’en fait, le seul moyen de répondre était de dire, 'Vous voulez que je sois cela ? Eh bien je vais l’être, je vous emmerde et vous ne me ferez pas plier'... Du coup, on avait un amour craintif à son égard. Quand il allait sur un plateau, on se disait 'pourvu que ça passe'...

Mais après s’être parfois retenu de dire tout ce qu’il pense "pour ne pas gêner la présidente", comme il l’appelle, Jean-Marie Le Pen avait répété, en avril 2015, que les chambres à gaz étaient "un point de détail" de la Seconde Guerre mondiale. Un plateau qui n’était précisément pas "passé" puisque le bureau exécutif du Front national y avait vu une raison pour l’exclure de son propre parti. Il a toutefois conservé son statut de président d’honneur.

Aujourd’hui, Marine Le Pen n’en attend pas moins une certaine forme d’approbation de son père dans la campagne, elle qui dit l’avoir "toujours défendu". Au passage, elle glisse que sa nièce Marion Maréchal-Le Pen est beaucoup moins conciliante avec elle qu’elle l’a été avec son père. Elle confie, toujours à Gaël Tchakaloff :

J’aime mes deux parents. Les deux. Je trouve que ce sont des êtres exceptionnels, même s’ils sont originaux tous les deux… Je pense qu’au fond de lui, [Jean-Marie] Le Pen se dit peut-être 'Marine a fait un truc de fou'... Mais je n’en tire aucune fierté. Cela reste une blessure très profonde. Je me suis toujours battue pour lui, je l’ai toujours défendu, y compris sur l’indéfendable, sans réserve. Je n’ai jamais été avec [Jean-Marie] Le Pen comme Marion [Maréchal-Le Pen] est avec moi.

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