Marine Le Pen veut une proportionnelle intégrale, pas une "aumône à la démocratie"

Publié à 10h02, le 04 juillet 2017 , Modifié à 14h26, le 26 décembre 2017

Marine Le Pen veut une proportionnelle intégrale, pas une "aumône à la démocratie"
Marine Le Pen. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Image Loïc Le Clerc


Devant le Congrès, Emmanuel Macron a confirmé son intention d'instaurer une dose de proportionnelle lors des élections législatives, de pair avec une "réduction d'un tiers" du nombre de parlementaires.

Une mesure que Marine Le Pen, députée FN non inscrite et invitée de franceinfo ce mardi 4 juillet, ne s'est pas privée de commenter, elle qui se voyait déjà à la tête d'un groupe à l'Assemblée. Elle assure :



Je suis heureuse de la baisse des parlementaires. Je ne peux que me réjouir, c'était dans mon projet de campagne. Je pense que les parlementaires sont trop nombreux. Un tiers, c'est une bonne mesure.

Et, en même temps, la présidente frontiste demande plus qu'une simple "dose" de proportionnelle. Emmanuel Macron souhaiterait la fixer à 10% des sièges, le reste étant distribué *normalement*. Mais le débat reste ouvert. La ministre auprès du ministre de l'Intérieur Jacqueline Gourault estime ce mardi que l'introduction d'un "minimum de 20 à 25%" de dose de proportionnelle pour l'élection des parlementaires "serait quelque chose de raisonnable". Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, évoque, lui, une fourchette de 20 à 25%. Marine Le Pen poursuit :



La dose de proportionnelle ! Nonobstant le fait que ça fait 30 ans qu'on en entend parler, depuis qu'on a arrêté de mettre en oeuvre la proportionnelle, c'est-à-dire depuis 88. Quelle dose ? Parce que ça change tout. La dose qui me conviendrait, c'est 100%. On peut parfaitement assortir cette proportionnelle intégrale d'une prime à la liste arrivée en tête pour réduire les inquiétudes en matière de stabilité. Mais il me semble que tous les Français doivent pouvoir aller aux urnes en se disant que leur voix va compter et qu'ils vont avoir des représentants, quelque soit le courant d'idées qu'ils choisissent.

Pour rappel, à l'occasion des législatives de 1986, François Mitterrand met en place cette fameuse proportionnelle intégrale, officieusement pour sauver le PS d'une débâcle certaine. Une mesure qui n'empêchera pas la cohabitation, faisant entrer au passage 35 élus d'extrême droite. Alors, bien sûr, avec une proportionnelle intégrale, le FN, pour ne citer que lui, passerait aujourd'hui de neuf élus au palais Bourbon à près de 80. Et la présidente du FN de continuer :



10%, c'est une aumône à la démocratie, elle ne peut pas se contenter de miettes. Ceci n'a rien à voir avec une exigence de pluralisme. C'est une mesure démagogique qui n'aura aucune conséquence sur le pluralisme au sein de l'Assemblée.

Du rab sur le Lab

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