Marlène Schiappa s’indigne de la "promo" faite à "l'assassin" Bertrand Cantat en une des Inrocks

Publié à 09h57, le 11 octobre 2017 , Modifié à 12h54, le 11 octobre 2017

Marlène Schiappa s’indigne de la "promo" faite à "l'assassin" Bertrand Cantat en une des Inrocks
© Bertrand GUAY / AFP
Image Amandine Réaux


Bertrand Cantat, ex-chanteur de Noir Désir, fait la une du nouveau numéro des Inrockuptibles, en kiosques ce mercredi 11 octobre. "Rencontre exclusive en studio avec Bertrand Cantat, de retour en 2018 et pour la première fois en solo", promet le magazine.

Or, cette mise à l’honneur d’un chanteur condamné pour l’homicide involontaire de sa compagne Marie Trintignant a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. Une "promo" inadmissible pour Marlène Schiappa. Sur Twitter ce mercredi, la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes se demande "au nom de quoi nous devons supporter la promo de celui qui a assassiné Marie Trintignant à coups de poings" et préconise de "ne rien laisser passer".





On soulignera que Marlène Schiappa présente Bertrand Cantat, qu'elle ne nomme pas, comme "l'assassin" de Marie Trintignant.

Dans un billet, la blogueuse féministe "Crêpe Georgette" explique pourquoi il est impossible de distinguer l’artiste de l’homme :



Les Inrocks en mettant cet homme à la une, nous envoient un message clair. On peut en France tuer une femme et faire la une d'un journal comme si de rien n'était, comme si tout cela était de vieilles histoires sur lesquelles on peut bien tirer un trait. Une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint. Les chiffres ne baissent pas. Cette couverture envoie le signal clair qu'on peut commettre un féminicide et continuer sa vie tranquillement. Cela envoie comme souvent en ce qui concerne les auteurs de violences faites aux femmes, le signal d'une impunité totale.

De même, la journaliste Nadia Daam, qui officie notamment sur Europe 1, estime dans un thread Twitter "qu’on ne prête pas une oreille compatissante à l’auteur d’un féminicide", dénonçant un deux poids, deux mesures à l’égard des victimes de violences conjugales.





Contactée, la rédaction en chef des Inrocks n'a pas encore répondu à nos sollicitations.

En février dernier, Laurence Rossignol, prédécesseure de Marlène Schiappa, avait jugé "choquant" le choix du réalisateur franco-polonais Roman Polanski pour présider la cérémonie des César, s’indignant que "l'histoire d'un viol dans la vie d'un homme ne pèse pas".

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