Michel Sapin étrille l’organisation de Bercy, auparavant séparé entre Economie et Finances

Publié à 10h24, le 31 août 2016 , Modifié à 11h11, le 31 août 2016

Michel Sapin étrille l’organisation de Bercy, auparavant séparé entre Economie et Finances
Michel Sapin et Emmanuel Macron lors de leur passation de pouvoirs. © PHILIPPE LOPEZ / AFP

Comme en 1992, Michel Sapin devient, avec la démission d’Emmanuel Macron, le grand Manitou de Bercy, en cumulant les portefeuilles de l’Economie ET des Finances. Un retour à la normale après deux ans de séparation entre ces deux piliers de Bercy qu’apprécie beaucoup le principal bénéficiaire de ce petit remaniement.

Ce mercredi 31 août, lors de la passation de pouvoirs entre Michel Sapin et Emmanuel Macron, l’ami de trente ans de François Hollande a dit tout le mal qu’il pensait de l’organisation de Bercy jusque-là.

"Tout le monde commente toujours, dès lors qu’il y a deux personnalités un peu fortes dans cette maison, je ne sais trop quel débat, rivalité", a commencé par lancer le tout *nouveau* ministre de l’Economie et des Finances avant d’étriller le choix de François Hollande de séparer ces deux domaines. Il se lance alors dans une tirade au vitriol, se félicitant que Bercy retrouve "un commandement unique", qui plus est le sien. Il explique donc que cette organisation n’était "pas optimum" :

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Je le ferai à la tête d’un ministère, je ne sais pas s’il faut dire réunifié parce qu’au fond ce ministère ne sait pas se diviser. Mais en tout cas un ministère qui verra la cohérence d’un commandement unique. Sachez que depuis le début, nous partageons l’idée selon laquelle ça n’est pas forcément l’optimum pour diriger une maison comme celle-ci. Depuis le début nous le savons. Nous avons essayé de faire en sorte que les inconvénients puissent être surmontés par notre propre volonté et notre propre action. Cette maison retrouve son unité.

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Mais avec qui partage-t-il cette idée que l’organigramme de Bercy n’était pas "optimum" ? Pas avec François Hollande, semble-t-il.

Cette unité retrouvée, annoncée mardi par l’Elysée, ne doit donc pas ravir François Hollande. Car, selon les confidences du chef de l’Etat dans le livre Conversations privées avec le président d’Antonin André et Karim Rissouli (Albin Michel), le cumul ministre de l’Economie-ministre des Finances n’est pas souhaitable. C’est pourquoi il avait, lors du départ de Pierre Moscovici en 2014, séparé ces deux attributions entre Michel Sapin et Arnaud Montebourg. Avant de conserver cette séparation avec l’arrivée tonitruante d’Emmanuel Macron. Et jusqu’à sa démission.

Comme le soulignait Francetvinfo en 2014, en séparant strictement Economie et Finances, Bercy se calait alors sur le modèle allemand et reproduisait un schéma seulement utilisé en France entre 1993 et 1995 (après que Michel Sapin ait occupé ces deux postes entre 1992 et 1993) avec Edmond Alphandéry ministre de l'Economie et Nicolas Sarkozy ministre du Budget (et non des Finances).

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