Michel Sapin vivement critiqué pour ses propos sur la "naïveté" de la Belgique vis-à-vis du "communautarisme"

Publié à 08h06, le 23 mars 2016 , Modifié à 09h49, le 23 mars 2016

Michel Sapin vivement critiqué pour ses propos sur la "naïveté" de la Belgique vis-à-vis du "communautarisme"
Image Etienne Baldit


SHAME ON YOU - Bruno Le Roux n'est pas le seul socialiste à avoir suscité une polémique dans le contexte des attentats de Bruxelles. Il y a aussi Michel Sapin. Mardi 22 mars, alors que la Belgique venait d'être frappée par l'État islamique, le ministre des Finances a estimé que "certains responsables politiques" du "plat pays" avaient fait preuve d'une "forme de naïveté" face au développement du "communautarisme" dans certaines parties de son territoire, comme à Molenbeek. 

Et y compris au PS, certains sont choqués par ces propos, tenus quelques heures après les attaques terroristes à Bruxelles. L'ancien ministre délégué à la Ville François Lamy, député PS et proche de Martine Aubry, les a ainsi jugés "honteux" sur Twitter, appelant plutôt Michel Sapin à balayer devant sa porte :





Une autre députée PS, Chantal Guittet, a critiqué Michel Sapin mais aussi Bruno Le Roux, leur demandant de "réfléchir avant de parler" :





Mardi, le ministre des Finances a déclaré sur LCI :

Je ne sais pas s’il faut dire la Belgique en tant que telle, mais je pense qu’il y a eu une volonté ou une absence de volonté de la part de certains responsables politiques, peut-être par envie de bien faire, peut-être par sentiment que, pour permettre une meilleure intégration, il faut laisser des communautés se développer, peut-être aussi une forme de naïveté.

En Belgique aussi, évidemment, la sortie de Michel Sapin gêne aux entournures. Sur France 2 mardi soir, le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a concédé que le débat sur le communautarisme existait en Belgique, avant d’inviter ses homologues français à "regarder en face, ensemble" les problèmes qui se posent, y compris "dans les banlieues françaises." Il a également regretté que cette remarque ait été prononcée dans un moment où "l’unité" s’impose.

Laurette Onkelinx a, elle aussi, dénoncé les propos du ministre français. Invitée de France Info ce mecredi 23 mars, la numéro 2 du Parti socialiste belge, ancienne vice-Première ministre et ancienne ministre de la Justice, a défouraillé :

On a besoin de solidarité et non pas de donneurs de leçons. Quand la France a été touchée, l'ensemble des Belges étaient solidaires. On en demande autant.

Plus tard dans la matinée, Manuel Valls lui-même s'est en quelque sorte désolidarisé des propos de son ministre, sans toutefois le nommer. "Je ne veux pas donner des leçons à nos amis belges, a expliqué le Premier ministre. Nous aussi en France nous avons des quartiers qui sont sous l’emprise des trafiquants de drogue et des réseaux islamistes et salafistes."





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