Michèle Alliot-Marie dresse un bilan sévère de l’intervention française en Libye

Publié à 20h21, le 15 mai 2015 , Modifié à 13h10, le 16 mai 2015

Michèle Alliot-Marie dresse un bilan sévère de l’intervention française en Libye
Michèle Alliot-Marie © BERTRAND GUAY / AFP

Invitée de BFMTV ce vendredi 15 mai, Michèle Alliot-Marie a livré un jugement sans concessions sur l’intervention française en Libye de 2011. Interrogée sur le fait de savoir si Nicolas Sarkozy avait fait une "erreur" en engageant l’armée française dans cette opération, au regard du chaos dans lequel est plongé aujourd’hui le pays maghrébin, la députée européenne UMP a répondu ceci :

Moi je pense que chaque fois que l’on ne regarde pas ce qu’on va faire après une intervention, on risque de se planter. C’était la même chose pour le Mali (…). On ne fait pas une intervention militaire pour faire une intervention militaire. On la fait pour avoir un résultat derrière et il faut anticiper sur ce résultat. Et effectivement aujourd’hui, ça pose un gros problème.

Et l’ex-ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy de conclure son réquisitoire, qu’elle assure avoir fait partager à l’ancien chef de l’Etat :

Chaque pays a une situation particulière, la rivalité interethnique en Libye est connue depuis plus de cent ans et il est évident qu’on ne pouvait pas intervenir sans savoir et sans être à même de mettre en place par la suite quelque chose de solide.

Pas de quoi convaincre pour autant Nicolas Sarkozy. Interpellé ce même vendredi par des internautes sur d’éventuels "regrets" vis-à-vis de la Libye, le patron de l’UMP leur a opposé le souvenir de Mouammar Kadhafi, "l’un des dictateurs les plus sanguinaires qui ait existé" et qui "voulait faire couler des rivières de sang à Benghazi".

Validée par l’ONU pour prévenir un éventuel carnage contre les habitants et les rebelles de Benghazi, l’intervention de la coalition menée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avait finalement aboutie à la mort de Mouammar Kadhafi et à la chute de son régime.

Pour Nicolas Sarkozy, ce n’est pourtant pas la guerre mais l’absence de soutien international dans l’après-guerre qui aurait mené à la situation actuelle :


L’exposé de Michèle Alliot-Marie sonne en tout cas comme un pied de nez à ses mésaventures de l’époque.

Selon nombre d’observateurs, l’intervention française en Libye a été en grande partie déclenchée pour compenser la passivité de la diplomatie française au début des "Printemps arabes". Une diplomatie incarnée par "MAM", jusqu’à son débarquement du quai d’Orsay (et son remplacement par Alain Juppé) suite à son soutien maladroit au régime tunisien contesté et à ses vacances controversées dans le même pays.

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