Moins d'un an après le congrès de Poitiers, Jean-Christophe Cambadélis n'a plus de majorité assurée au PS

Publié à 14h35, le 29 février 2016 , Modifié à 15h22, le 29 février 2016

Moins d'un an après le congrès de Poitiers, Jean-Christophe Cambadélis n'a plus de majorité assurée au PS
© AFP Xavier Leoty

#SOLFERINOLOGIE - La majorité de Jean-Christophe Cambadélis n'est plus du tout assurée rue de Solférino. Avec le départ annoncé "des aubrystes de la majorité", ce sont des discussions plutôt houleuses qui s'annoncent. Et tout cela moins d'un an après le congrès de Poitiers et le sacre de Jean-Christophe Cambadélis.

Première conséquence de ce départ des aubrystes de la majorité : des cartons à remplir. Les aubrystes vont quitter leurs postes au sein du  Secrétariat national (le gouvernement du parti composé de membres de la motion majoritaire). Quatre personnalités vont ainsi laisser leurs postes : François Lamy (en charge des relations extérieures), Jean-Marc Germain (chef du pôle "mondialisation, régulation, coopération"), Gilles Pargneaux ou encore Christian Assaf, adjoint auprès de Christophe Borgel pour les élections. Il va donc falloir les remplacer mais ce n'est pas le plus ennuyeux pour la direction. Un aubryste explique auprès du Lab

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On n'avait pas pris beaucoup de postes au SN, on avait axé sur notre représentation au BN : 30 % de la majorité.  

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Le BN ou Bureau national réunit chaque semaine le parlement du parti. 72 socialistes qui représentent toutes les tendances du parti proportionnellement à leurs scores au congrès. C'est là que tout devient plus compliqué pour le Premier secrétaire. Les aubrystes quittent la majorité mais ils restent au BN et donc privent Jean-Christophe Cambadélis de l'assurance de disposer de 50 % des voix. 

Les membres du Bureau national sont au nombre de 72. La majorité est donc de 37. Actuellement, la motion A (Cambadélis) compte 43 membres. La motion B, 23 (la motion portée par Christian Paul et l'aile gauche du parti) et la motion D, 6 (motion Berger / Galut).

La motion A perd donc 10 aubrystes. S'ils rejoignent sur certains votes les contestataires, ils peuvent se retrouver majoritaires avec 39 voix. S'ils sont tous là, au même moment et d'accord, ce qui fait de nombreuses conditions à réunir, ils peuvent mettre en minorité le Premier secrétaire sur un vote.

La menace est réelle mais pas forcément imminente. D'abord car c'est ce dernier qui fixe l'ordre du jour des réunions et convoque les votes. De plus, chacun jure aujourd'hui que se créeront des "majorités d'idée" et en aucun cas de "l'opposition systématique". Yann Galut, membre de la motion D, très remonté contre la loi El Khomri, explique que depuis le congrès, sa motion a indiqué qu'elle voterait "au cas par cas" et "sur le fond". Même son de cloche du côté des aubrystes : 

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On actera notre position à chaque fois en fonction du texte proposé. Cela ne sera pas une opposition systématique. 

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Un membre de l'opposition à Cambadélis (motion B) explique pour sa part  :   

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Aujourd'hui , c'est 60 % du Bn qui, de près ou de loin, ne se retrouve pas dans les choix gouvernementaux. Ce qui valide ce que nous avions dit au congrès : la majorité de Poitiers est fictive. Ce qui est important, ce sont les signes politiques : trop c’est trop. 

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Et la première épreuve qui attend Jean-Christophe Cambadélis, c'est la loi El Khomri. Un membre de l'aile gauche du PS explique :

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 Nous demanderons à ce que le BN se prononce sur la loi El Khomri.

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Reste que ce Bn nouvelle version ne sera pas entériné ce 29 février. Contacté par Le Lab, François Lamy explique qu'ils doivent rencontrer Jean-Christophe Cambadélis cette semaine pour formaliser ce départ le 7 ou 8 mars et trouver "comment on organise notre fonctionnement dans le parti."

Même si le Premier secrétaire est assez fort en synthèse, la situation va être sans doute *un peu* compliquée à gérer.   

Du rab sur le Lab

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