Morale à l’école : Peillon fait du Chatel dans le texte

Publié à 10h09, le 03 septembre 2012 , Modifié à 10h09, le 03 septembre 2012

Morale à l’école : Peillon fait du Chatel dans le texte
Vincent Peillon à la Rochelle le 24 août 2012. (Reuters)

COPIER-COLLER – En voulant réinstaurer la "morale à l’école", le ministre de l’Education se positionne dans la lignée de son prédécesseur Luc Chatel.

"Effarante interview de PEILLON dans le JDD: "redressement intellectuel et moral", mot pour mot l'appel du maréchal PETAIN le 25 juin 1940", écrit sur Twitter Luc Chatel, ce lundi matin.

Pourtant, en proposant le retour de la "morale à l’école", Vincent Peillon fait du Chatel dans le texte.

 

  1. "Un sauvageon bouffi de morgue et de suffisance"

    Au lendemain de son interview fortement commentée dans le Journal du Dimanche, et invité de la matinale de France Inter, lundi 3 septembre, Vincent Peillon a confirmé son intention de voir revenir des cours de morale à l’école. 

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    Une démocratie doit enseigner ses valeurs. (…) Une révolution matérielle ne suffit pas, il faut aussi une révolution dans les consciences, une révolution morale.

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    Une sortie qui a fait bondir son prédécesseur, Luc Chatel, membre de la "team Copé", accusant le ministre de l’Education de faire du Pétain

    Pourtant, à la rentrée 2011, Luc Chatel s’était drapé des mêmes intentions :

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    "Oui, je fais revenir la morale à l'école. La circulaire qui paraît ce jeudi est destinée à toutes les classes du primaire. Pas forcément tous les matins, mais le plus régulièrement possible, le maître va maintenant consacrer quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur la morale. Le vrai/le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l'intimité… Ne fixons pas de carcans", déclarait-il, le 31 août 2011, dans le Parisien.

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    Et d’ajouter :

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    L'école, c'est le lieu de la tolérance, du respect. A l'école, on n'apprend pas que des contenus de programme, mais aussi un comportement, et cela doit nous servir tout au long de la vie.

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    Peu ou proue ce que préconise aujourd’hui Vincent Peillon, qui affirme, d’ailleurs, au micro de France Inter, avoir approuvé cette démarche, regrettant juste que la circulaire de Luc Chatel n’ait jamais été appliquée.

    A l’époque dans l’opposition, le Parti socialiste et Vincent Peillon avaient pourtant fortement critiqué cette initiative.

    Pour Martine Aubry, Luc Chatel tentait de "faire diversion" pour éviter que l'on parle d'une "rentrée épouvantable". "Après que le président de la République a déclaré un jour que, pour lui, aucun enseignant ne remplacerait jamais le prêtre, je pense que ce n'est pas vers la morale qu'il faut se tourner, c'est vers la citoyenneté", avait complété le président PS de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy.

    Quelques semaines plus tard, Vincent Peillon, alors chargé des questions d’éducation dans l’équipe de campagne de François Hollande, se fendait d’un communiqué virulent titré "Le bonnet d’âne" :

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    "Un sauvageon bouffi de morgue et de suffisance : tel apparaît celui qui prétend au titre de Ministre de l’Education nationale", écrivait-il en novembre 2011 à propos de Luc Chatel. 

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