Moralisation de la vie publique : Najat Vallaud-Belkacem propose que tous les candidats aux législatives publient leur déclaration de patrimoine

Publié à 15h59, le 29 mai 2017 , Modifié à 16h07, le 29 mai 2017

Moralisation de la vie publique : Najat Vallaud-Belkacem propose que tous les candidats aux législatives publient leur déclaration de patrimoine
Najat Vallaud-Belkacem est candidate aux élections législatives dans la 6e circonscription du Rhône, à Villeurbanne. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Image Victor Dhollande-Monnier


Emmanuel Macron l’a promis pendant la campagne présidentielle, la loi de moralisation de la vie publique sera l’un des premiers chantiers de son mandat. Le ministre de la Justice François Bayrou a même assuré que le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres avant les élections législatives. Mais pour l’ancienne ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, "il faut aller plus loin".

Selon le programme du candidat Macron, le projet de loi de moralisation de la vie publique doit interdire à tout élu ou ministre d'embaucher un membre de sa famille. Pour prévenir les conflits d'intérêts, sera également prohibé aux parlementaires l'exercice d'activités de conseil parallèlement à leur mandat. Autre disposition-clé : l'interdiction de plus de trois mandats identiques successifs. Enfin, le nouveau chef de l’Etat veut imposer un casier judiciaire vierge aux candidats aux élections. Najat Vallaud-Belkacem, candidate aux élections législatives à Villeurbanne, veut apporter sa contribution à cette loi. Dans une tribune intitulée "Le suffrage universel ne peut pas être une machine à blanchir", publiée dans Libération, lundi 29 mai, "NVB" propose que, "pour n’importe quel scrutin, la déclaration de patrimoine et d’intérêts intervienne lors du dépôt de candidature et non pas après l’élection". Elle écrit : 

Je propose aujourd’hui que, pour n’importe quel scrutin, la déclaration de patrimoine et d’intérêts intervienne lors du dépôt de candidature et non pas après l’élection. Il est important : d’une part, que les informations soient disponibles et communiquées aux électeurs en toute transparence et en toute équité entre les candidats ; d’autre part, que tout risque de conflits d’intérêts, découlant d’activités de conseils et de lobbying, soit écartée dès le premier jour de la campagne officielle.

"Les législatives 2017 se caractérisent par la présence de nombreux candidats issus de la société civile", précise ensuite Najat Vallaud-Belkacem avant de se montrer méfiante :

C’est formidable pour la démocratie. Cela participe au renouvellement que demandent les Français et je m’en réjouis. Mais cela appelle aussi clarification et vigilance quant au patrimoine et aux réseaux d’influence de chacun. Car que se passe-t-il dans les faits aujourd’hui ? Les candidats déjà élus ont procédé à leur double déclaration de patrimoine et d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Les autres ne sont tenus à rien. Leur candidature consiste en un simple enregistrement administratif. Cette procédure insuffisante tend qui plus est à faire de la nouveauté en politique un contrat de probité, ce qui est pour le moins hasardeux.

Najat Vallaud-Belkacem prône donc la tolérance zéro. Tout candidat devra montrer patte blanche avant de se présenter aux électeurs. Reste maintenant à savoir si cette proposition sera retenue par le nouveau garde des Sceaux. 

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