Mort de Fidel Castro : les réactions antagonistes de la classe politique française

Publié à 11h53, le 26 novembre 2016 , Modifié à 14h40, le 26 novembre 2016

Mort de Fidel Castro : les réactions antagonistes de la classe politique française
Fidel Castro à son arrivée au pouvoir à Cuba © TOMMY WEBER / AFP

Le leader cubain Fidel Castro, père de la révolution, est mort à l’âge de 90 ans vendredi 25 novembre. En France, les réactions politiques à la mort de ce personnage central du XXe siècle se multiplient ce samedi et, sans surprise, s'opposent violemment. Alors qu'une partie de la gauche verse plutôt dans l'hommage au révolutionnaire marxiste, le PS regrette l'absence de démocratie à Cuba ; la droite et l'extrême droite rappellent surtout les exactions du régime castriste devenu dictatorial. 

Le patron du PCF Pierre Laurent a ainsi "salué la mémoire" de l'homme qui "toute sa vie a combattu l'impérialisme américain pour la dignité de son peuple" et de "l'un des dirigeants du mouvement d'émancipation humaine" quand l'ancien leader du NPA Olivier Besancenot a évoqué "la révolution cubaine, ses combats héroïques" mais aussi "ses déboires" :

"Condoléances au peuple Cubain", a aussi tweeté la sénatrice communiste Éliane Assassi, estimant qu'"une grande page d'histoire de lutte contre l'impérialisme se tourne". Le député ex-socialiste Pascal Cherki a pour sa part salué un Castro qui "rejoint [ses] camarades de lutte, Che Guevara et Mandela", accompagnant son message d'un "Hasta la victoria siempre".

Hommage plus ambigu de la part du candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. "Mais qu'est-ce qui s'est passé avec Fidel ? Demain était une promesse", écrit notamment la tête d'affiche de "la France insoumise", annonçant un rassemblement avec "fleurs et bougies" à Paris, devant la statue de Simon Bolivar, le "Libérateur" des colonies espagnoles sud-américaines. 

François Hollande, qui avait rencontré le "Lider Maximo" à Cuba en mai 2015, et reçu son frère et successeur Raul à l'Élysée en février suivant, a quant à lui souligné "les espoirs" autant que "les désillusions" de la révolution cubaine.

Dans un communiqué, le Parti socialiste rappelle que "le développement de Cuba doit beaucoup à l'énergie de cette figure du tiers-monde qui a joué un rôle aussi dans la fin de la guerre civile en Angola plus tard", mais regrette aussi : "Fidel Castro aurait été un héros mondial si son socialisme tropical avait été un modèle démocratique. Car les zones d'ombre ont toujours pris le pas sur la légende." Un message également délivré par Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS :

Peu de responsables de Les Républicains se sont manifestés dans la matinée de samedi. Le député Dominique Dord a dénoncé "l'hommage sans nuance rendu par la bien-pensance à Fidel Catsro", qu'il qualifierait plutôt, pour sa part "d'ogre" :

Rarement dans la nuance lui-même, le député Lionnel Luca a fustigé "toute l'intelligentsia complice de la tyrannie" et de la "dictature implacable" :

"Pensées pour toutes les victimes de Fidel Castro et de sa dictature communiste", a enfin tweeté Guillaume Larrivé, député de l'Yonne.

Le ton est encore plus dénonciateur à l'extrême droite. "Un assassin de moins !", se réjouit le député RBM Gilbert Collard, quand Robert Ménard (maire de Béziers élu avec le soutien du FN), adresse "une pensée pour toutes les victimes du dictateur communiste". Wallerand de Saint Just, trésorier du Front national, a regretté à l'avance que Fidèle Castro, "dictateur communiste et particulièrement sanglant", soit "encensé" :

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