Mort de Nicole Bricq : le post de blog très douteux de sa remplaçante au Sénat

Publié à 13h41, le 07 août 2017 , Modifié à 11h42, le 08 août 2017

Mort de Nicole Bricq : le post de blog très douteux de sa remplaçante au Sénat
© Capture d'écran du blog d'Hélène Lipietz
Image Etienne Baldit


Nicole Bricq est décédée dimanche 6 août à l'âge de 70 ans, des suites d'une chute accidentelle dans un escalier samedi soir. La mémoire de l'ancienne ministre de François Hollande et sénatrice (PS puis En marche) a été unanimement saluée par la classe politique. Mais ce concert d'hommages républicains est troublé par la réaction de sa remplaçante au Sénat, comme l'a repéré Marianne.

Quatrième sur la liste PS-PC-EELV aux sénatoriales de 2011 en Seine-et-Marne, Hélène Lipietz avait siégé au palais du Luxembourg à la place de Nicole Bricq durant la période où cette dernière était au gouvernement (ministre de l'Écologie de mai à juin 2012 puis du Commerce extérieur jusqu'en mars 2014). Avocate et membre d'EELV, elle est a priori appelée à la remplacer de nouveau aujourd'hui. "Le pire des scénario [sic], et pour elle et pour moi…", écrit-elle très étrangement dans un billet de blog publié dimanche soir sous un titre qui laisse pantois :

Nicole est morte, me revoilà peut-être sénatrice... pour 6 semaines.

La suite oscille entre jeux de mot sur la mort "d’une chute d’une marche" de cette "sénatrice d’En marche", pensée pour le compagnon de Nicole Bricq et hommage sincère à "une grande sénatrice" ("la première femme à occuper le poste de rapporteure générale du budget") et ministre "virée pour avoir dit la vérité" autour de permis d’exploration en vue de forages en Guyane... avant de régler semble-t-il quelques comptes. Elle siffle ainsi :

À la fin de mon mandat de remplaçante, elle m’a appelée et ce fut notre dernière conversation : elle voulait rester au Sénat pour être un bon petit soldat du socialisme…

Hélène Lipietz s'interroge aussi sur son avenir immédiat de sénatrice remplaçante, n'étant pas assurée de pouvoir siéger puisque "la session ordinaire commence le 2 octobre, [après] le renouvellement du Sénat" - le mandat occupé par Nicole Bricq fait partie de ceux remis en jeu au cours des sénatoriales de septembre. Elle conclut son billet de la sorte :

Mais pendant 6 semaines j’aurai le plaisir de reprendre le clavier pour répondre aux citoyens-citoyennes comme je l’ai fait pendant 22 mois, laissant de côté ma nouvelle profession, que je n’ai même pas eu le temps de vous présenter :cuistote-bouquiniste :-) [voir ici, ndlr]

À des internautes qui lui reprochent en commentaires le ton employé, Hélène Lipietz précise encore qu'elle n'a "pas de larmes" du fait du décès de Nicole Bricq, pas même "des larmes de crocodile", "sauf pour Jean-Paul", son compagnon. "Je trouve que la vie me fait une sacrée farce", appuie-t-elle enfin au sujet de l'incertitude de sa situation personnelle.

[EDIT 08/08]

Auprès de RTL lundi soir, Hélène Lipietz s'est défendue, assurant tout d'abord : "Je n'ai pas manqué de respect [à Nicole Bricq] parce que premièrement, je pense qu'elle-même avait de l'humour. Et puis, je n'étais pas la première à faire le rapport entre le fait qu'elle soit En Marche et qu'elle soit tombée dans un escalier - que tout le monde aurait fait d'ailleurs. Simplement, moi, je n'ai pas les doigts dans mes poches et donc je tape sur le clavier ce que je pense, hein." Elle ajoute :

Je ne vais pas pleurer sur Nicole. Si j'ai à pleurer pour le moment , je pleurerai pour tous ceux qui sont en train de mourir sous les bombes en Syrie. Je ne peux rien faire pour la pauvre Nicole. Mais les larmes c'est trop précieux, faut les garder [rire].

Du rab sur le Lab

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