Najat Vallaud-Belkacem : "Il faut que François Hollande et Manuel Valls se parlent"

Publié à 12h48, le 27 novembre 2016 , Modifié à 14h38, le 27 novembre 2016

Najat Vallaud-Belkacem : "Il faut que François Hollande et Manuel Valls se parlent"
Najat Vallaud-Belkacem © Montage Le Lab via LCI
Image Etienne Baldit


STOP - On essayera d'éviter le poncif sur la ministre de l'Éducation nationale qui siffle la fin de la récré. On est pourtant tout à fait dans ce registre. Najat Vallaud-Belkacem aimerait bien que cesse immédiatement la guerre, désormais ouverte, entre François Hollande et Manuel Valls. Et que les deux hommes "se parlent" pour trouver une sortie de crise.

Dans une interview au JDD dimanche 27 novembre, le Premier ministre ne dit pas non à une éventuelle candidature face au chef de l'État à la primaire de la gauche, et développe surtout les raisons pour lesquelles ce dernier devrait renoncer à se représenter. Invitée du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI à la mi-journée, "NVB" commence par regretter "les bavardages des entourages des uns et des autres [qui] ont beaucoup contribué à alimenter ce climat crépusculaire". Elle ajoute que les deux hommes doivent régler le problème de vive voix :

Il faut que cela cesse. Il faut que l'un et l'autre, François Hollande et Manuel Valls, se parlent. Je sais qu'il le font d'ailleurs déjà. [...] Nous sommes dans une situation qui appelle une réponse. 

Un propos qui n'est pas sans rappeler celui de Stéphane Le Foll, cette semaine. Le porte-parole du gouvernement et proche de François Hollande estimait, dans un bel euphémisme, qu'il "faut que ça aille mieux" entre les deux têtes de l'exécutif. Nous sommes depuis passé à un autre stade (puisque la communication est semble-t-il légèrement rompue) et la ministre de l'Éducation nationale répète son appel à une discussion entre le Président et le chef du gouvernement visant à "trouver ensemble la solution qui leur convienne, à tous les deux". Elle souhaite encore "que l'on cesse ces conversations interposées par voie de presse" (elle-même faisant ces déclarations dans les médias mais passons). Et de poursuivre :

En tant que militante socialiste, je préférerais bien sûr que chacun ait en ce moment précis un sens des responsabilités qui nous évite les petites phrases et le buzz médiatique que l'on connaît depuis des semaines. Ce buzz médiatique, il est aussi lié à un régime de crise permanente qui est alimenté par un certain nombre de médias.

Dans le même temps, "NVB" affirme que la relation entre Hollande et Valls "est bien meilleure que ce que l'on veut bien en dire, ils se parlent bien plus souvent que ce que l'on veut bien en dire". C'est pourquoi elle "les incite à aller jusqu'au bout de leur discussion et à trouver la solution qui leur convienne à tous les deux". Et veut croire qu'"ils ne se présenteront pas l'un contre l'autre".

Puis, ré-enfilant soudain ses habits de championne de France de langue de bois, Najat Vallaud-Belkacem affirme avoir lu dans l'interview de Manuel Valls "un appel au rassemblement de la gauche toute entière" et pas du tout une série d'arguments visant à pousser François Hollande à se désister. "Non, non, non pas du tout", assure-t-elle à ce sujet. Pour vous faire une idée, voici ce que le chef du gouvernement déclare (entre autres) :

La parution du livre de confidences [voir ici, ndlr] a créé un profond désarroi à gauche. Comme chef de la majorité, ma responsabilité est donc de tenir compte de ce climat. Face au désarroi, au doute, à la déception, à l'idée que la gauche n'a aucune chance, je veux casser cette mécanique qui nous conduirait à la défaite. Je n'oublie pas que le Président a été élu par les Français en 2012. Mais toute candidature doit intégrer le rapport avec les Français, avec la gauche, avec notre famille politique. Toute décision qui ferait fi de ces trois dimensions apparaîtrait comme bancale ou fragile. Me concernant, j'intègre en permanence ces trois éléments.

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