Nathalie Kosciusko-Morizet ne se présenterait pas à la primaire si elle était mise en examen

Publié à 09h11, le 30 mars 2016 , Modifié à 09h52, le 30 mars 2016

Nathalie Kosciusko-Morizet ne se présenterait pas à la primaire si elle était mise en examen
© AFP

Candidate déclarée à la primaire de la droite, Nathalie Kosciukso-Morizet ne tarit pas d'éloges sur ce qui fait sa singularité : seule candidate à avoir refusé le ni-ni, seule à avoir rejeté la déchéance de nationalité. Mais sur BFMTV ce 30 mars, elle a adressé une attaque directe contre certains de ses concurrents : son absence d'ennuis judiciaires. Alors que son intervieweur, Jean-Jacques Bourdin, insiste lourdement, l'élue LR de Paris  précise qu'à titre personnel, elle ne le ferait pas mais trouve en même temps qu'une procédure judiciaire ne devrait pas empêcher un candidat. Voici l'échange :

- Est-ce que la mise en examen de Nicolas Sarkozy peut l'empêcher de se présenter à la primaire ?



- Moi, je trouve pas qu'une mesure judiciaire devrait empêcher un candidat mais je trouve que c'est aux électeurs de trancher. Pas plus que je trouve qu'une mesure administrative devrait empêcher un candidat ou une candidate.



- On veut vous tenir à l'écart ?



- Oui, par des mesures administratives, bien sûr. Et prétendre qu'une mesure judiciaire ne doit pas empêcher, c'est paradoxal.



-Si vous étiez mise en examen, est-ce que vous vous présenteriez ?



- Je suis cohérente. Je ne trouve pas qu'une mesure judiciaire doit empêcher un candidat.

Jean-François Copé en avait aussi fait un argument de campagne. Le 16 mars, il avait déclaré sur RFI : "Si j'avais été mis en examen, je n'aurais pas été candidat". Ce n'est la première fois qu'un candidat à la primaire de la droite se prend à commenter les soucis judiciaires de ses camarades, même sans avoir l'air d'y toucher, à l'instar de Bruno Le Maire. Après avoir refusé de commenter la validation des écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy par la Cour de cassation, il avait précisé : "Je n'ai jamais été confronté à la justice de mon pays". 

Parmi les désormais dix candidats déclarés ou putatifs, seul Nicolas Sarkozy est actuellement mis en examen dans l’affaire des écoutes. Il l’est également pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Il avait cependant estimé le 18 février que "l'horizon s'éclaircit" pour lui car il n'était plus mis en examen à l'époque que dans l'affaire Azibert (pour trafic d'influence). Mais l’ancien chef de l’Etat n’est pas le seul à avoir "été confronté à la justice". Jean-François Copé avait été entendu comme témoin assisté dans l’affaire Bygmalion. Enfin, Alain Juppé avait été condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Pour Guillaume Peltier, porte-parole de LR, estimait le 25 mars que pour le peuple de droite, "être mis en examen est une preuve de combativité et de courage". 

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